GUINEEWEB.ORG

La Guinée nouvelle

Affaire DSK: "Si le procureur arrête les poursuites, c'est qu'il aura été payé"

L'avocat de Dominique Strauss-Khan Benjamin Brafman (AFP)

Les avocats de DSK affirment qu'ils refuseront toute négociation. L'avocat de la plaignante s'en prend au procureur et un frère de Nafissatou Diallo réagit.

 

"M. Strauss-Kahn ne plaidera coupable de rien" : William Taylor, avocat de DSK, a été formel, jeudi 7 juillet, dans ses propos au New York Times : si le procureur de Manhattan lui propose un accord dans le but de clore de dossier, DSK refusera de plaider coupable du moindre chef d'accusation.

Une rencontre "constructive"

Doit-on interpréter ces propos comme la réponse officielle à une proposition faite à huis-clos mercredi aux avocats de DSK par Cyrus Vance ? Probable, selon certains, mais rien n'est sûr. Tout ce qui est ressorti de cette réunion entre procureur et avocats de la défense mercredi tient en effet en ces quelques mots : la rencontre a été "constructive." Le procureur, quant à lui, a affirmé que l'enquête se poursuivait. (Comme le rapporte aussi le New York Times, Cyrus Vance a reçu ces derniers jours le soutien du maire de New York Michael Bloomberg.)

L'avocat de la plaignante ne lâche rien : il attaque le procureur

Kenneth Thompson, avocat de Nafissatou Diallo, s'est montré plus loquace, et offensif. Dans une lettre adressée au procureur, il a été jusqu'à lui demander de se dessaisir du dossier, accusant son bureau de "fuites répétées et préjudiciables dans les médias la semaine dernière" visant "à discréditer la réputation de la victime, voire, et c'est peut-être le plus grave, à ébranler les charges qui pèsent contre M. Strauss-Kahn."

Thompson s'inquiète d'un conflit d'intérêts

L'avocat rappelle aussi l'éventuel conflit d'intérêts entre DSK et l'accusation via le mariage d'un membre du bureau du procureur avec un des collaborateurs des avocats de DSK.

Thompson conteste la transcription de la conversation entre sa cliente et un détenu

Concernant la conversation entre sa cliente et un détenu, l'avocat de la plaignante a confié auNew York Times mercredi que les procureurs lui avaient dit avoir basé leurs conclusions sur un "résumé de la conversation" et non sur la conversation complète. Mais une source judiciaire citée par le quotidien américain précise que cette conversation n'est qu'une des trois appels minimum lors desquels elle parle de sa rencontre avec DSK et de ses conséquences.

N. Diallo conteste avoir dit "ce type a beaucoup d'argent. Je sais ce que je fais"

S'il ne les cite pas précisément, Kenneth Thompson indique au quotidien américain que sa cliente dément avoir prononcé les mots rapportés par le procureur. "Elle dit que c'est faux, qu'elle n'a pas dit ça" dit-il : "elle n'est pas d'accord avec la façon dont l'enregistrement est rapporté." Toujours selon le New York Times et Kenneth Thompson, lors d'un rendez-vous avec les services du procureur, la jeune femme s'est plaint de la mauvaise retranscription de cette conversation. "Il ne traduit pas correctement, il n'est pas de ma tribu" aurait-elle dit à son avocat, lequel ajoute que le dialecte de sa cliente est très spécifique.

"Si le procureur arrête les poursuites, c'est qu'il aura été payé"

Dans un article publié jeudi 7 juillet, un envoyé spécial du Monde qui s'est rendu à Conakry (Guinée) rapporte les propos recueillis la veille auprès de Mamadou Dian Diallo, 49 ans, frère aîné de Nafissatou Diallo : "Si le procureur arrête les poursuites, c'est qu'il aura été payé pour le faire" déclare celui qui croit sa jeune sœur victime d'un homme puissant. "C'est un riche qui a tous les moyens pour salir notre famille qui est digne et noble. Il peut faire perdre à ma sœur son travail, peut-être même sa vie." Interrogé par le journaliste du Monde sur l'éventualité d'un coup monté, il s'étonne, dit qu'elle n'a jamais été à l'école et "ne sait pas tout ça."

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article