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Aide au développement: qui fait quoi?

 

Le nouveau portail AidData recense l'aide au développement de gouvernements et d'organisations internationales. Projets humanitaires, subventions et autres prêts bilatéraux de donneurs y sont répertoriés.

 



Quel est l'objectif principal d'AidData?



Le portail AidData, créé par des chercheurs de l'université "William and Mary" (en Virginie, aux Etats-Unis) recense près d'un million de projets financés entre 1945 et 1990, ce que propose à l'origine...l'Organisation de coopération et développement économiques (OCDE). Pourtant, assure Michael Tierney, directeur de l'initiative AidData et directeur des Relations internationales de la faculté de Virginie, son but n'est pas de "concurrencer un fournisseur de données", comme l'OCDE. "Nous voulons rendre l'aide internationale plus transparente", poursuit-il. Comment s'y prendre? En "additionnant les informations déjà existantes et en allant plus loin", c'est-à-dire détailler les projets et répertorier davantage de donneurs, qu'ils soient Etats, organisations internationales ou ONG. AidData, au contraire de l'OCDE, dispose de données concernant les prêts. Et possède désormais des informations de "donneurs moins connus", comme l'Afrique du Sud et l'Arabie Saoudite.
Comment les Etats ont-ils accueilli la démarche d'AidData?

 



AidData "sollicite les Etats afin qu'ils partagent leurs données" concernant l'aide au développement. "Monaco, Lichtenstein, la Pologne, la Slovaquie et la Banque mondiale ont déjà accepté de coopérer avec nous et envoient leurs programmes d'aides", assure Michael Tierney. Pourquoi ont-ils dit oui? "Certains veulent montrer leur générosité", avance le directeur d'AidData, "d'autres y voient quelques avantages car cela peut améliorer l'efficacité de l'aide." Michael Tierney reconnaît toutefois que quelques-uns n'envoient guère d'informations ou alors "seulement une petite partie". Michael Tierney prend l'exemple de la Chine: "Le ministère chinois du commerce nous a envoyé une quantité limité de projets financés entre 1990 et 2005". Confiant, il poursuit: "C'est un début, j'espère qu'ils se décideront à nous fournir l'ensemble de leurs activités d'aide au développement".

 



Face aux plus réticents, comme la Russie, l'Iran et le Venezuela, les chercheurs ne désespèrent pas: "Nous allons continuer à chercher des archives, demander aux Etats, voire à des agences internationales de développement de nous faire parvenir d'autres informations le plus rapidement possible", explique Michael Tierney.

 



Qui sont les donneurs (Etats ou organisations internationales) les "plus généreux"?

AidData ne "classe pas les donneurs", mais "se contente de publier les données recueillies" souligne Michael Tierney. Ces statistiques pourront toutefois être utilisées par des chercheurs souhaitant "évaluer les donneurs". Homi Kharas (Brookings Institute) et Steve Knack (Banque Mondiale) ont déjà commencéce travail. En revanche, "il est encore trop tôt pour tirer des conclusions de leurs enquêtes", glisse Michael Tierney.

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