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Publié par sud quotidien

 

Alpha Condé, le président guinéen, nouvellement élu en visite de travail et d’amitié au Sénégal s’est désolé d’avoir hérité seulement d’un pays et non d’un Etat. Selon lui, « tout est à faire et à construire en Guinée ». S’adressant hier, dimanche 20 février à la presse à quelques heures de son départ pour Conakry, le chef de l’Etat guinéen a confié que jamais la planche à billets n’a été aussi utilisée dans son pays que pendant la période de la transition militaire pilotée par le Conseil national pour la démocratie et le développement (Cndd). « On a usé plus de la planche à billet pendant cette année de transition que de 1958 à cette date, toutes les années réunies », a révélé en substance le président Condé. 

Le tout nouveau président démocratiquement élu de la Guinée Conakry, le Pr Alpha Condé a assurément du pain sur la planche pour inscrire son pays dans le concert des nations, organisées, civilisées et émancipées si on en croit ses propres révélations. S’il a hérité en effet, d’un pays avec des frontières reconnues, un sous-sol pourvu en richesses minières incontestables. Un sol propice à l’agriculture, de l’eau à profusion, un climat écologique favorable, un peuple disponible et travailleur, il lui revient de construire un Etat et des institutions solides, une administration forte, une économie et un environnement social et démocratiques où il fera bon vivre pour tous les Guinéens et les hôtes qui vivaient parmi eux. Les anciens pouvoirs qui sont succédés depuis 1958 savaient certainement consolider leur « trône » et user de la terreur pour le raffermir, mais, on ne saurait dire qu’ils ont aidé à la construction d’un Etat avec des institutions démocratiques, une administration professionnalisée qui est au service des Guinéens, une économie résolument engagée vers l’émergence et le développement. En visite de travail et d’amitié au Sénégal depuis le vendredi 18 février, Alpha Condé entend changer cela, a-t-il confié hier, dimanche 20 février à Dakar à quelques heures de son retour dans son pays. « J’ai certes hérité d’un pays, mais pas d’un Etat », a-t-il souligné pour montrer l’ampleur des tâches en Guinée.
 
Travaux d’Hercule assurément si on sait que rien que pendant la période de transition pilotée par le Conseil militaire national pour la démocratie et le développement (Cndd), « on a usé plus de la planche à billets que de 1958 à cette date, toutes les années réunies », a-t-il révélé. De sources proches de son entourage, on apprenait même que les « braves soldats démocrates » ayant assuré la transition laissent une dette de plus 1114 milliards de francs guinéens à solder par l’Etat aux caisses vides et vidées. Et cela s’ajoute une économie extravertie, des contrats miniers léonins qui ne profitent nullement à la Guinée, une production et distribution d’électricité pire qu’au Sénégal actuellement.  « Il n’existe que 6 centrales en Guinée, les 4 sont complètement en panne, une seule fonctionne en définitive, occasionnant un déficit extraordinaire d’électricité dans mon pays », a déclaré dans sa lancée le président guinéen qui n’a pas peur des mots, ni n’a, pour l’heure, la langue de bois. Selon lui, tout est à faire chez-lui. 
Tout est à construire, à bâtir…   

N’empêche, il veut au moins pendant ces 100 premiers jours de son magistère nouvellement étrenné, poser les fondements d’une République, démocratique, résolument tournée vers l’émergence et le développement. Le président Condé entend ainsi s’attaquer à des réformes de sorte à asseoir des institutions républicaines et démocratiques solides, à épurer l’administration publique en la professionnalisant d’avantage, à réorganiser l’armée nationale et les forces de sécurité et de défense, à réformer le secteur de la santé et de l’éducation, renégocier après l’élaboration d’un code minier plus approprié, les contrats avec les investisseurs du secteur. Bref créer un Etat. 

« Il faut former les journalistes guinéens »

Au plaidoyer du président du Conseil des éditeurs et diffuseurs de presse du Sénégal (Cedps), Madiambal Diagne pour la défense de la corporation, de l’entreprise de presse et la liberté d’expression en Guinée Conakry, Alpha Condé a assuré de son ferme engagement à « défendre la liberté d’expression et d’opinion à laquelle, je tiens comme à la prunelle de mes yeux» dans son pays. Seulement si en Guinée, « il existe plusieurs journaux et organes, il y a peu de journalistes sorties des écoles de formation. C’est la raison pour laquelle, c’est là un chantier aussi, nous nous attellerons à la mise en place d’école de formation et nous allons aider la presse à se développer et surtout à consolider son indépendance. Car je suis pour une presse d’investigation qui permet à l’opinion de se faire une religion correcte des situations, des faits et des événements et non à une presse alimentaire, le plus souvent manipulée. J’en appelle donc à la responsabilité des journalistes. Avec la coopération surtout avec le Sénégal, on s’attellera à donner une bonne formation à nos journalistes », a déclaré le président guinéen. Auparavant, il s’est félicité du soutien du peuple sénégalais, de la classe politique toute obédience confondue et de la presse sénégalaise qui ne lui a pas fait défaut pendant les années d’opposition aux régimes successifs guinéens.  

Répondant à une question sur les élections législatives prochaines dans son pays, le président guinéen s’est engagé à une organisation transparente, démocratique et régulière de celles-ci. Au préalable, il voudrait cependant à la lumière de la présidentielle passée, questionner avec sa classe politique, la société civile, les partenaires au développement qui soutiennent la transition dans son pays et toutes les bonnes volontés, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). « Nous devons à la lumière de nos propres expériences et des expériences ici et là en Afrique, voire quel type de structure à installer pour l’organisation démocratique, transparente et régulière des élections dans notre pays. Je ne  veux pas d’une Ceni ou tout autre structure inféodée au régime. Ma préférence va à une structure qui permette une saine et démocratique confrontation entre la classe politique de sorte à avoir des consultations populaires sans contestation aucune». 

Le Pr. Alpha Condé qui a assisté vendredi à un dîner offert à son honneur dans le cadre d’une cérémonie de remise de  Prix aux 50 femmes leaders « d’exception organisée par le groupe Intelligences Magazine » a quitté hier Dakar pour son pays. Il a été visité hier, au Méridien Président, par son hôte sénégalais, le président Abdoulaye Wade qui l’a raccompagné. Une déférence qui, au-delà de magnifier un compagnonnage de vieux opposants qu’ils étaient, renseigne également de l’intérêt porté par le Sénégal à la Guinée Conakry. 
 

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bah 22/02/2011 14:11



bonjour,


M.le pr Alpha Condé n'est-il pas temps de penser aux victimes du 28 septembre ?


de toute les façons on pouvait pas s'attendre à autre chose que de nommer 43 ou 46 ministres pour un si petit pays . c'est dommage.