GUINEEWEB.ORG

La Guinée nouvelle

Alliance Dadis-Compaoré-Forces nouvelles?

nullC’est le grand retour de Dadis Camara. Le dirigeant de la junte guinéenne, dont l’état de santé faisait l’objet de nombreuses spéculations, est arrivé mardi soir au Burkina Faso. Il a été accueilli discrètement à l’aéroport militaire de la capitale burkinabée, en provenance du Maroc, où il était hospitalisé après avoir été blessé le 3 décembre lors d’une tentative d’assassinat de son aide de camp. Il est « lucide et il parle », a indiqué hier Radio France International, précisant qu’il avait pu « marcher à pas lents » avec « deux personnes le tenant aux bras pour l’aider ». « Moussa Dadis Camara est arrivé à Ouagadougou pour y poursuivre sa convalescence », a expliqué le communiqué diffusé hier par le ministère burkinabé des Affaires étrangères.

Dans le collimateur des nations unies

Reste à savoir ce que va faire Dadis Camara, dans le collimateur de la justice internationale depuis qu’une commission d’enquête de l’ONU l’a accusé d’être le principal responsable des « crimes contre l’humanité » commis le 28 septembre à Conakry contre des civils réunis à l’appel de l’opposition. Selon plusieurs sources, il a exprimé son mécontentement d’être envoyé au Burkina, au lieu de la Guinée où il pensait atterrir. « Le président Dadis rentrera quand il l’aura décidé », a de son côté déclaré à l’AFP Moussa Keita, ministre secrétaire permanent de la junte. L’hypothèse de son retour en Guinée rencontre néanmoins une large opposition. En son absence, l’intérim a été assuré par le général Sekouba Konaté, qui a appelé l’ensemble des composantes de la vie politique guinéenne au dialogue dans un discours daté du 6 janvier. Cette ouverture a été saluée par de nombreux dirigeants dans le monde, qui misent sur Konaté pour sortir la Guinée de la crise. Cette position est aussi soutenue avec prudence par l’opposition et la société civile, réunies au sein des Forces vives guinéennes. La question essentielle sera l’attitude d’une armée fractionnelle et qui compte toujours des partisans de Dadis dans ses rangs.

Blaise Compaoré en position d’arbitre

Selon Aziz Diop, secrétaire général de la principale organisation de la société civile, Konaté aurait réussi à devenir « le chef militaire qui fait l’unanimité dans l’armée »  ; entreprenant cependant mardi une tournée des casernes, pour convaincre les troupes qu’elles avaient tout à gagner de l’instauration d’une démocratie. Autre inconnue  : l’attitude du président burkinabé, Blaise Compaoré, médiateur dans la crise guinéenne, qui s’était mis à dos l’opposition en proposant à la mi-novembre le maintien au pouvoir de Dadis pendant une période de transition. Soumis à de fortes pressions occidentales, Compaoré semblait mécontent et surpris de l’arrivée de Dadis dans son pays. Mais il a encore avec certains éléments de la junte, proches des Forces nouvelles de Côte d’Ivoire, des intérêts et des solidarités de frères d’armes qui pourraient également peser.

Camille Bauer

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article