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La Guinée nouvelle

Attaques tous azimuts, faut-il indexer l'armée guinéenne ?

Attaques tous azimuts, faut-il indexer l'armée guinéenne ?

 

 

 

 Les vols à main armée, crimes et assassinats de toutes sortes commis par des malfrats de tout poil deviennent de plus en plus nombreux et fréquents partout, tant sur terre que sur mer.

 

Après les attaques armées au domicile du chef de l'Etat le 19 juillet, des attaques chez les commerçants et boutiquiers de Madina, le grand marché de Conakry, il y a deux semaines, ce sont plusieurs boutiques de la préfecture de Dubreka, situé à une quarantaine de kilomètres au nord de la capitale, qui ont fait les frais des malfrats la semaine dernière.

Dans chacun des cas, les casseurs ont exécuté leur besogne au nez et à la barbe des forces de sécurité sans grands moyens de déplacement et peu armées, sauf chez le chef de l'Etat.

A QUI LA FAUTE ?

La situation politique du pays qui exigeait la prudence a favorisé ces attaques du fait que les armes sont, en grande majorité, ramassées par crainte d'une mutinerie ou que les gendarmeries et commissariats ne soient vandalisés et les armes dérobées comme le 28 septembre 2009. Certaines des armes dérobées en 2009 sont toujours en circulation.

Pour une autre raison, les armes ont été ramassées pour empêcher certains hommes indélicats en uniforme de s'en servir pour des vols. Combien de militaires de l'armée régulière, de la police et d'autres corps ont été des complices et fournisseurs des malfrats arrêtés ?

Et si on y ajoute les armes qui circulent librement aux frontières de la Côte d'Ivoire après la guerre et qui sont encore entre les mains de nombreux partisans de Laurent Gbagbo et celles qui n'ont jamais été récupérées au Liberia et en Sierra Leone, le compte est gros.

Quant aux uniformes de l'armée, il n'y a aucun problème. On sait que certaines tenues militaires étaient cousues et vendues comme "vêtements de mode" pour la frime à Conakry, et cela se passe de commentaire.

Dans la banlieue sombre et obscure de Conakry, des crimes crapuleux et rituels sont aussi enregistrés, et pour dissimuler ou masquer ces crimes, les cadavres sont parfois traînés et placés en travers des rails pour simuler des accidents ferroviaires. Les autorités de ces chemins de fer ne savent plus à quel Saint se vouer et malgré les efforts énormes déployés dans la surveillance, le nombre de "tués par train" ne baisse pas.

DÉGUERPIR L'EMPRISE DES RAILS ?

Les morts retrouvés le long des rails jettent l'opprobre sur les populations riveraines.

Selon les autorités de la Société des bauxites de Kindia (SBK), du km 36 au port de Conakry, il y a 80 "maquis" (restaurants) et débits de boissons (plus ou moins clandestins mais qui paient taxes et autres redevances). La présence de ces "maquis" et des habitations dans l'emprise des rails n'est pas du goût de ces autorités qui demandent leur déguerpissement car un étourdi trouverait les rails comme un lieu idéal pour se reposer....

Les rails sont aussi pris d'assaut par des piétons audacieux et du bétail. Dans ce méli-mélo, il est très difficile de faire la différence entre un accident de train et un homicide ou un assassinat ou un sacrifice rituel.

La médecine légale guinéenne se détermine très rarement sur ce genre de choses et les enquêtes de la police scientifique sur les causes de la mort et sur leurs auteurs sont le plus souvent vite classées, faute d'expertise et de moyens.

UN MANQUE DE MOYENS PREJUDICIABLE

Ce manque de moyen dans tous les domaines fait son chemin jusqu'en haute-mer.

Dans les années passées, les plaintes des pêcheurs artisanaux contre les attaques des grands chalutiers qui piratent dans les eaux territoriales guinéennes ont été entendues mais les dispositions n'ont pas été suffisantes.

Le port de Conakry devenu trop petit fait attendre des dizaines de bateaux en rade de façon disséminée, ce qui provoque des tentations chez les grands bandits de mer habillés en militaires guinéens.

Si les attaques se font dans les eaux territoriales guinéennes par des hommes en uniforme de l'armée guinéenne, une enquête et une surveillance doivent être montées, comme l'opération "Atalante" au large de la Somalie , pour déterminer qui sont les véritables flibustiers.

L'ambassadeur d'Ukraine à Conakry, lui, croit savoir que l'attaque d'un de ses navires dans les eaux territoriales guinéennes a été faite par des militaires guinéens mais n'est pas commanditée par les autorités militaires guinéennes. Ça ressemble à "du pareil au même" mais le diplomate ukrainien s'est laissé une marge juridique : Toutes les attaques étant faites par des hommes en uniforme de l'armée guinéenne, il n'a pas mâché les mots pour pousser les autorités gouvernementales guinéennes à un sursaut d'orgueil et à mener des enquêtes afin de déterminer les véritables auteurs de ces attaques. Mais là où le bât blesse, c'est encore le manque de moyen.

UNE RESTRUCTURATION INDISPENSABLE

L'armée guinéenne a marché en rangs dispersés comme en pays conquis pendant 26 ans. Les dérives et les contradictions internes l'ont également décimée jusqu'à la corde.

Ainsi, cette armée était allée à la dérive où des jeunes " bombardés" officiers supérieurs paradaient devant des vieux sous- officiers qui refusaient d'aller à la retraite, provoquant des frustrations de manière palpable.

Pour réparer cette dérive, une restructuration est indispensable et on a préconisé de recycler cette armée d'officiers sans niveau. Mais faute de moyen, elle reste dans l'attente.

L'attaque du domicile du chef de l'Etat le 19 juillet ne serait pas une des raisons d'une anarchie et d'un malaise qui couvent au sein de la grande muette ?

L'ambassadeur d'Ukraine ne pouvait pointer le doigt sur autre chose que sur les hommes en uniforme et en arme. C'est à l'armée et aux forces de l'ordre et de sécurité guinéennes de faire le ménage. Mais en ont-elles les moyens, encore ?

Comme on le voit, il est difficile de trouver la quadrature de ce cercle vicieux, et cela est un autre défi que le gouvernement devra relever.

UNE DEFENSE COMMUNE ?

Les pays du golfe de Guinée et la "Communauté internationale" doivent composer une défense commune car ce nouveau phénomène risque de s'étendre et ils n'auront pas les moyens demain de faire face aux demandes de rançons. Et si les terroristes s'en emparent, ce sera le bouquet.

Une législation internationale contraignante contre ces flibustiers des temps modernes doit être vite élaborée, et cela en urgence. Il appartient aussi à l'armée guinéenne de balayer devant ses casernes.

 aux demandes de rançons. Et si les terroristes s'en emparent, ce sera le bouquet.

Une législation internationale contraignante contre ces flibustiers des temps modernes doit être vite élaborée, et cela en urgence. Il appartient aussi à l'armée guinéenne de balayer devant ses casernes

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