GUINEEWEB.ORG

La Guinée nouvelle

Cellou Dalein Diallo, candidat de l’Ufdg à la présidentielle en Guinée: Il bat campagne sur le thème de l’unité nationale

http://www.france24.com/fr/files_fr/imagecache/france24_ct_player_thumbnail/1020-entretien-diallo-FR.jpg

 

L’ancien Premier ministre, Cellou Dalein Diallo, est considéré comme l’un des favoris à l’élection présidentielle du 27 juin prochain. Le candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée (Ufdg) fait de l’unité nationale et de la lutte contre l’ethnocentrisme les thèmes favoris de sa campagne.

Né en 1952 à Dalein, dans le Fouta-Djalon, nord du pays, Cellou Dalein Diallo, fait partie des favoris à l’élection présidentielle du 27 juin 2010. Economiste de formation, l’ancien Premier ministre (2004 - 2006) du général Lansana Conté se présente pour la première fois à un scrutin présidentiel. Limogé en catimini, en 2006, de ses fonctions de chef de gouvernement par le feu général Conté et contraint momentanément à l’exil, Cellou Dalein Diallo revient au-devant de la scène politique nationale en 2008. Il rejoint l’Union des forces démocratiques de Guinée (Ufdg) qui le désigne candidat à l’élection présidentielle.
A 58 ans, Cellou Dalein Diallo, père de trois enfants, se lance à la conquête du pouvoir en dénonçant l’ethnocentrisme qui menace l’unité et la cohésion nationales. Mais, sa popularité dérange la junte militaire qui venait tout juste de prendre le pouvoir à Conakry et les tenants de l’ethnocentrisme qui sont allergiques à la démocratie. Il devient alors la cible d’attaques tous azimuts. La junte militaire brandit l’épouvantail des audits sur sa gestion antérieure en tant qu’ancien ministre, d’autres lui collent injustement des étiquettes ethnocentristes pour ternir son image.

Martyrisé par l’ancien chef de la junte militaire, le capitaine Moussa Dadis Camara, il a failli perdre sa vie pendant la sanglante répression du 28 septembre 2009. Il s’en sort avec plusieurs côtes brisées par les militaires qui avaient reçu l’ordre de l’éliminer physiquement avec d’autres responsables des partis politiques regroupés au sein du Forum des Forces vives. Le candidat de l’Ufdg sera sauvé de justesse par l’intervention du président Wade qui affréta un avion pour assurer son évacuation à Dakar.

Cellou Dalein Diallo et son parti ont payé un lourd tribut pour le départ de la junte militaire du pouvoir. Plus de 90 % des victimes de la sanglante répression du 28 septembre sont des militants de l’Ufdg. Ce combat pour la démocratisation du pays a davantage contribué à sa popularité. ‘J’ai partagé les joies et les malheurs de ce pays et de ce peuple. Depuis 1958, je suis là et il n’y a jamais eu de rupture entre ce peuple et moi. Si certains sont surpris de l’adhésion massive des Guinéens à l’Ufdg, c’est qu’ils ignorent que cette relation ne date pas d’aujourd’hui, elle a été une relation suivie faite de considération et de respect mutuel. Je me suis toujours porté comme avocat inconditionnel de l’unité de cette nation et de l’équité dans le partage des richesses de ce pays’, a-t-il déclaré récemment lors d'une réunion des responsables de son parti à Conakry.

Cellou Dalein Diallo jouit d’une grande popularité en Moyenne Guinée, son fief. Il dispose d’un important réservoir électoral dans les régions administratives de Labé (Nord du pays), Mamou (Centre), Boké (Ouest) et à Conakry. Outre l’électorat traditionnel de l’Ufdg, il recrute aussi dans les rangs du Parti de l’unité et du progrès (Pup) de l’ancien président Lansana Conté et de l’Union pour le progrès et le renouveau (Upr) de Siradiou Diallo, ancien journaliste à l’hebdomadaire Jeune Afrique, décédé il y a trois ans. Il est aussi en train de faire une percée remarquable dans les autres régions du pays, si l’on tient compte de la forte mobilisation suscitée par son parti depuis le début de la campagne électorale, le 17 mai dernier. C’est le cas notamment dans le Mandé (pays Malinké) comme Siguiri, Kankan ainsi qu’en Guinée forestière dont Kissidougou et Nzérékoré.

Malgré le mauvais traitement dont il fit l’objet durant le bref règne de la junte militaire, il n’a jamais prêché la haine ethnique et la vengeance contre ses bourreaux. Cellou Dalein Diallo est le seul candidat à ce jour à avoir osé tenir un meeting à Koulé, village natal de Moussa Dadis Camara où il a, une nouvelle fois, appelé les Guinéens à l’unité et à la réconciliation pour que, dit-il, ‘tous les fils et filles de la Guinée se sentent libres et heureux chez eux’.

CANDIDAT RASSEMBLEUR ET TOLÉRANT : Cellou Dalein Diallo a banni l’ethnocentrisme dans son parti

Des personnalités issues des différentes ethnies du pays figurent aujourd’hui en bonne place dans ce parti où l’ethnocentrisme est banni, si l’on croit l’ancien Premier ministre. L’Ufdg est aujourd’hui un parti ouvert à tous les fils et filles de la Guinée. Cela est dû à l’ouverture d’esprit et au sens de la démocratie du candidat qui s’est entouré des personnalités issues des différents groupes ethniques du pays. On peut citer, entre autres, le docteur Fodé Oussou Fofana et l’honorable Yaya Keïta, tous deux Malinké et respectivement directeur de campagne de Cellou Dalein Diallo et vice-président du parti.

Ses Atouts
: Contrairement à ce que déclarent les tenants de l’ethnocentrisme qui cherchent à ternir son image, Cellou Dalein Diallo a beaucoup d’atouts à faire valoir. Il est le candidat qui connaît le mieux les différents rouages de l’administration guinéenne pour avoir travaillé pendant plus de 30 ans dans la fonction publique.

Il a occupé plusieurs postes ministériels (onze ans durant) dont celui de l’Equipement. Ce qui lui permit de réaliser un certain nombre d‘édifices publics et d’infrastructures routières à travers le pays. On peut citer, entre autres, le Pont de Djelibakoro et celui sur le fleuve Tinkisso ainsi que la route qui relie la ville de Kankan à Kourémali via Siguiri en haute Guinée. Lors de son bref passage à la Primature, il s’était aussi illustré par son engagement dans la lutte contre la corruption, les détournements des deniers publics et le laxisme dans la fonction publique. Ses sources de financement proviennent essentiellement des diamantaires Malinké ainsi que des grands hommes d’affaires et autres commerçants Peul.

Ses faiblesses : Ses adversaires l’attaquent sur son bilan. Sa longévité dans le gouvernement du général Lansana Conté, la versatilité de l’électorat Peul et les soupçons de non neutralité de l’administration et de certains membres du gouvernement de transition qui pourraient fausser le jeu démocratique sont autant d’éléments qui ne militent pas en sa faveur. Il pourrait aussi être victime du vote ethnique en cas de second tour.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article