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La Guinée nouvelle

Cellou Dalein menace d’appeler ses militants à se défendre

 

Le 17 novembre, le candidat de l’UFDG, M. Mamadou Cellou Dalein Diallo, a invité les journalistes à son QG du quartier Hamdallaye CBG, banlieue de Conakry, pour exprimer son «indignation et sa révolte», suite aux violences militaires ayant entraîné des morts et beaucoup d’interpellation, du côté de ses militants. Il accuse le Premier ministre Jean-Marie Doré, d’être derrière ce qu’il a appelé «la folie meurtrière qui s’empare des forces de l’ordre» contre ses militants. Il tape du doigt sur la table pour demander l’arrêt de ces violences sur des citoyens sans défense, au risque d’appeler ses militants «à se défendre». En voici l’essentiel de cette intervention, de Cellou Dalein Diallo, candidat malheureux du second tour de la présidentielle guinéenne, du 7 novembre dernier.

«Je constate ce matin que malgré les démarches que j’ai effectuées hier (16 novembre Ndlr), auprès du Groupe international de contact sur la Guinée et du Général Sékouba Konaté, malgré les appels au calme que j’ai lancé à mes partisans, la répression est plus forte qu’hier. Il y a des assassinats, des violences qui s’exercent sur l’ensemble du pays, notamment dans mes fiefs à Ratoma (Commune de Conakry), Mamou, Dalaba, Pita et à Labé, où on a procédé à beaucoup d’arrestations et assassiné beaucoup de mes partisans. Ces violations flagrantes des droits de l’homme, ces comportements irresponsables organisés à partir de la Primature, par le Premier ministre Jean-Marie Doré, sont exécutés avec la complicité du Général Toto contre les citoyens de ce pays, qui, malheureusement, sont sans défense, mais sont tués, blessés, emprisonnés, doivent cesser.

Les autorités doivent prendre leur responsabilité, sinon, nous serons obligés d’appeler les gens à se défendre. Le Gouvernement a l’obligation de garantir la sécurité des citoyens. Vous vous souviendrez qu’il y a deux semaines, à Siguiri, (un des fiefs d’Alpha Condé du RPG Ndlr), un mouvement comme celui-ci avait eu lieu. Une folie meurtrière s’était emparée des extrémistes du RPG qui ont organisé une véritable chasse à l’homme contre les ressortissants de la Communauté peuhle. Ils ont été chassés de là, leurs biens ont été détruits, un déplacement massif des populations a été enregistré. Mais aucune mesure, aucune sanction, n’ont été envisagées. Aucune interpellation n’a eu lieu, aucune enquête n’a été ouverte, aucune sanction administrative n’a été prononcée contre le Préfet et les autres responsables de l’Etat dans cette circonscription.

Aujourd’hui, il a fallu qu’à Pita, que les jeunes manifestent un peu contre la fraude dont leur leader a fait l’objet pendant les élections, pour que le préfet soit relevé, pour qu’une force importante soit déployée dans le pays, avec l’ordre d’appliquer une répression sauvage et brutale, contre les citoyens de ce pays. Ceci est inacceptable. Il faut que la Communauté internationale se lève, que les autorités de ce pays prennent leurs responsabilités et débarquent le Premier ministre qui est à l’origine de cela, et qui est en train de préparer un génocide contre l’ethnie peuhle…

À Dalaba, avant hier (15 novembre Ndlr), on a tué par balles, deux jeunes. A Labé, on m’a dit aussi qu’il y a deux jeunes qui ont été tués. Je n’ai pas le bilan complet de Pita, mais ici, à Conakry, il y a eu deux jeunes qu’on a tués avant hier (15 novembre Ndlr), deux autres hier (16 novembre Ndlr). Aujourd’hui, on me parle de 13 et 18 morts, dans les quartiers Kiroty et Wanidara, où le nombre de tués par balles aurait dépassé la dizaine.

Si aucune mesure n’est prise, pour arrêter cette folie meurtrière qui s’empare des Forces de l’ordre, on ne pourra que demander aux citoyens de se défendre. On ne peut pas accepter que des gens sensés d’assurer et de garantir la sécurité des citoyens, se mettent contre eux, même si on dit qu’il y a des infiltrations d’anciens rebelles de l’ULIMO (rébellion armée qui a sévi en Sierra Leone dans les années « 90 » Ndlr), qui ont pris des tenues de la Fossepel (Force spéciale de sécurisation du processus électoral) pour aider nos adversaires à organiser cette chasse à l’homme contre les partisans de Cellou Dalein que je suis. »

Revenant sur sa rencontre hier mardi avec le Général Sékouba Konaté, président de la Transition, le Président de l’UFDG a dit : «Le Président Sékouba m’a bien accueilli. Il semblait très ému de ce que je lui ai donné comme information. Il a donné devant moi des instructions en appelant le Gouverneur de Mamou, (Chef de bataillon Issa Camara) et lui demander de libérer tous les responsables politiques. Il en a fait de même pour tous les détenus au niveau de Conakry. Malheureusement, toutes ses instructions ne sont pas exécutées, jusqu’à l’heure où je vous parle. Dans la mesure où les responsables politiques de l’UFDG à Dalaba (Moyenne Guinée,) dont Mme Barry, la vice maire qui a été arrêtée à 4h du matin, dans sa chambre, jetée dans un véhicule militaire à destination du camp de Mamou, ne sont pas encore libres, malgré les instructions que le Général Sékouba a données devant moi, par téléphone, à Monsieur le Gouverneur. »

Il est à signaler que M. Diallo persiste et signe que le Premier ministre, Jean-Marie Doré n’est pas «étranger» à toutes ces violations de droits humains.

S’agissant de sa contestation des résultats provisoires du scrutin du présidentiel du 7 novembre dernier, annoncés par la Céni, et qui ont donné Alpha Condé vainqueur de cette élection avec 52,52 % de suffrages exprimés, contre 47,48% qu’il a récoltés, Cellou Dalein Diallo indique qu’il est en train de «constituer ses dossiers pour la Communauté internationale, la presse, la Cour Suprême», afin que les gens comprennent, dit-il, que s’il continue à contester les résultats provisoires du second tour, «ce n’est pas une attitude d’un perdant qui cherche à se justifier» mais, c’est celle d’un candidat qui veut montrer qu’il y a «des éléments concrets, objectifs, qui fondent ses réclamations»

L'État d'urgence est décrété sur toute l'étendue du territoire national, à compter de ce 17 novembre jusqu'à la proclamation des résultats définitifs du second tour par la Cour suprême.
Le Premier ministre, Jean-Marie Doré et le Général Nouhou Thiam, chef d'état major général des armées et toutes les autres autorités militaires et civiles sont appelées à faire respecter cet Etat d'urgence, dont on ne peut dire à quand il prendra fin, d'autant qu'il n'y a pas eu de date, fixant le délai maximum pour la Cour Suprême, afin de proclamer ces résultats. 

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