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Publié par lepays

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En politique, tout comme dans la vie des hommes, se trouvent plusieurs catégories d’humains : les bons gagnants, les mauvais gagnants, les bons perdants et les mauvais perdants. Sidya Touré, candidat malheureux au premier tour de la présidentielle guinéenne, multiplie les indices qu’il appartiendrait à cette dernière catégorie de personnes. Au point de déconcerter les plus optimistes et les plus tenaces, qui pensaient cependant qu’avec la tenue de ce scrutin tant attendu, la Guinée verrait venir le commencement de la fin de ses tourments.

Arrivé troisième du premier tour avec 15,6% des voix, le candidat malheureux n’a pas trouvé mieux à faire que de faire scander à ses partisans que « Sidya a été triché au profit d’autres ». Mais l’homme ne s’arrête pas en si bon chemin. Et les accusations fusent de toutes parts. Alpha Condé, arrivé en deuxième position avec 20,67% des voix, aurait "bourré les urnes" dans ses fiefs. Cellou Dalein Diallo, arrivé en tête du suffrage avec 40% des voix, aurait lui, bénéficié de fraudes massives. Et, cerise sur le gâteau, Touré ira jusqu’à accuser le président de la CENI ainsi que le président de la transition, le Général Sékouba Konaté, d’avoir "pris la décision" de faire passer Alpha Condé devant lui. A quelles fins ? L’homme se retient de le dire.

Mais voilà, l’insinuation est suffisante pour que le Général Sékouba ressente le coup. Et à vrai dire, on le serait à moins. Les propos du secrétaire général de la présidence le traduisent clairement, qui relèvent en substance que si le doute, la suspicion et les accusations continuent quant à sa neutralité vis-à-vis de cette élection présidentielle et ses acteurs, il (Sékouba Konaté) n’hésitera pas à demander aux Guinéens de choisir un autre que lui pour conduire le reste du processus. Pour mesurés que soient les propos, ils n’en témoignent pas moins que la menace de démission est réelle. Sékouba, au vu des qualités d’intégrité et d’honneur qu’on lui connaît, est bel et bien en mesure de claquer la porte de la transition.

On a bien fini par le croire, à l’épreuve des faits, lui n’est pas venu pour s’incruster. Mais on s’attend et on espère qu’il saura réduire à sa vraie valeur l’accusation presque assassine de Sidya Touré. Car le candidat malheureux n’attend à vrai dire, rien d’autre que pareille aubaine. Le Général a le devoir de tenir bon et de "souquer" ferme. Il lui faudra déceler dans l’attitude du candidat malheureux une volonté manifeste affichée par un jusqu’auboutiste à souhait, qui tient à s’accaparer du pouvoir, peu importe quel prix « on » devra payer pour son obtention. Qu’il ait jeté ses partisans dans la rue, et ce, en dépit de l’interdiction légale signifiée, n’en est peut-être que la plus patente des preuves à cet effet. Aurait-il oublié ce que produisit dans cette même ville de Conakry, une manifestation similaire, un certain 28 septembre 2009 ? Il ne peut pas l’avoir oublié. Il faut plutôt penser qu’il cherche à remettre ça. Sidya cherche à ressusciter le chaos. A défaut d’avoir obtenu ce qu’il cherchait, il peut se résoudre à en faire une perte pour tous. Certes, mais cette attitude, à tout le moins, manque de civisme, de sagesse et de patriotisme.

Et puis, à vrai dire, l’homme a tout faux, en choisissant de persévérer dans une telle intransigeance. La Guinée se trouve en Afrique ; et nulle part sur ce continent, on n’aura enregistré d’élections vierges de toute irrégularité. Pour la présidentielle de son pays, des candidats autres que lui, ont eux aussi dénoncé des fraudes et des bourrages d’urnes. Un membre de la CENI a même choisi de démissionner de ladite structure. Il faut le reconnaître, le scrutin guinéen, dans ce domaine, n’aura pas vraiment dérogé à la règle qui prévaut sur le continent noir. Mais là où l’attitude de Sidya Touré détonne, c’est lorsqu’il fait preuve d’un singulier acharnement à vouloir opérer un passage en force, faisant de tout, ses armes : la légalité tout comme l’illégalité. Et pourtant, d’autres que lui, auraient de biens sérieux motifs de se plaindre des irrégularités de ce scrutin. Alpha Condé, par exemple, sait qu’il joue ici, sa dernière carte.

Lui, Sidya, à 58 ans, a le temps de voir venir les choses. Alpha a, toute sa vie politique, "roulé sa bosse" dans l’opposition. Des coups, il en a pris. Lui, Sidya, a tout de même été premier ministre de Lansana Conté. Et, quelque part, on peut le tenir pour comptable, lui aussi, de ce chaos que l’histoire infligea à la Guinée. Mais cela, il choisit de l’ignorer et fera feu de tous bois pour éviter que le fauteuil présidentiel lui échappe.

Il faut souhaiter que les amis de ce pays acceptent y mettre du leur pour éviter le pire. A commencer par le médiateur, qui pourrait calmer les ardeurs malsaines des uns et des autres. La CEDEAO aussi et pourquoi pas l’Union africaine. Chacun peut et doit trouver un mot à dire, dans le sens de l’apaisement. Ne serait-ce que pour ces deux raisons. Primo, Sékouba Konaté, au regard de ce qu’il a été et fait pour ce pays, ne mérite pas d’être "décagnoté" d’une manière si cavalière.

Secundo, la Guinée a l’obligation de se couper définitivement de ses affres du passé qui avaient fini par embuer son regard qui ne voyait plus qu’à travers pleurs et cris, haine, peurs et désirs de vengeance. On a dit démission ? Il faut en dissuader le "soldat" Konaté. Il lui reste un chantier à terminer. Et cette fois-ci, il s’agit d’un vrai, d’un bon.

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