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Côte d'Ivoire : au moins cinq morts dans des affrontements

Des soldats de l'ONU dans les rues d'Abidjan, lundi 10 janvier.

 

 

Des heurts entre des partisans d'Alassane Ouattara et les forces loyales au président sortant, Laurent Gbagbo, ont fait au moins cinq morts mardi à Abidjan. Un journaliste de Reuters a vu les corps de deux manifestants et de trois policiers, atteints par balle, dans les rues après des affrontements dans le quartier d'Abobo, considéré comme un bastion des partisans d'Alassane Ouattara.

Des centaines de policiers appuyés par des véhicules blindés patrouillent dans le secteur, où retentissent des fusillades sporadiques. Selon des habitants, les forces de l'ordre avaient investi tôt mardi ce quartier.

Sur le plan politique, le camp de Laurent Gbagbo a rejeté, mardi 11 janvier, l'idée d'un gouvernement d'union avec son rival Alassane Ouattara comme président ivoirien. "C'est de la diversion", a déclaré Pascal Affi N'Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI), parti de M. Gbagbo. "Ce qui est non négociable, c'est la victoire de Laurent Gbagbo, officiellement élu et proclamé, qui gouverne le pays" à l'issue de la présidentielle contestée du 28 novembre, a lancé M. Affi.

Dans un entretien lundi à la radio britannique BBCYoussoufou Bamba, ambassadeur ivoirien aux Nations unies, avait affirmé qu'Alassane Ouattara, reconnu président de la Côte d'Ivoire par la communauté internationale, proposait de former un "large gouvernement d'union" avec les partisans de M. Gbagbo si ce dernier acceptait de se retirer.

"Laurent Gbagbo a des partisans, il a des gens compétents dans son partiCes gens-là, nous sommes prêts à travailler avec eux dans le cadre d'un cabinet élargi", a-t-il déclaré, mais à condition que le président sortant accepte sa défaite et se retire. "Ce que je dis, c'est que M. Ouattara doit être reconnu comme président légitime par M. Gbagbo", a souligné le représentant ivoirien à l'ONU.

UN TON PLUS MESURÉ POUR OUATTARA ?

Jeudi 6 janvier, Alassane Ouattara avait prôné une action commando "non violente"de l'Afrique de l'Ouest pour chasser Laurent Gbagbo du pouvoir et "l'emmener ailleurs". Deux jours avant, mardi, après une nouvelle médiation infructueuse, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) avait brandi de nouveau la menace d'une opération militaire pour obtenir le départ du président sortant et résoudre la grave crise née du scrutin du 28 novembre.

Retranché dans son QG alors que son adversaire est installé au palais présidentiel et contrôle l'armée et l'administration, M. Ouattara a multiplié la semaine dernière les prises de parole, souvent agressives, après avoir été longtemps quasi muet durant la crise.

 

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