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La Guinée nouvelle

Difficile transition en Guinée

Après de multiples reports, le second tour de l’élection présidentielle devra se tenir 
le 24 octobre, a annoncé mardi le chef de 
la junte militaire, Sekouba Konaté.

La Guinée va-t-elle enfin clore le mauvais feuilleton des reports successifs du second tour de l’élection présidentielle ? Mardi, c’est finalement le chef de la junte militaire et président de la transition, Sékouba Konaté, qui a annoncé la fixation du scrutin au 24 octobre.

Depuis plusieurs semaines, les deux camps des candidats arrivés en tête le 27 juin, l’ancien premier ministre Cellou Dalein Diallo (43,69 %) et l’opposant historique Alpha Condé (18,25 %) se déchirent, faisant craindre le déraillement d’un processus électoral censé consacrer le retour au pouvoir civil après plusieurs décennies de dictature militaire. Symptôme des tensions qui assombrissent, sur fond de crispations ethniques, cet entre-deux-tours, des violences avaient opposé, il y a quelques semaines, à Conakry, les militants de l’UFDG de Cellou Dalein Diallo à ceux du RPG d’Alpha Condé. Ces affrontements avaient fait 50 blessés et coûté la vie à un militant du RPG. Depuis, la discorde s’est cristallisée sur la direction de la Commission nationale électorale indépendante (Ceni), après que son président, Ben Sékou Sylla, eut succombé à la maladie, le 14 septembre. Alors que les divisions au sein de cette institution perturbent l’organisation du scrutin, les partisans de Cellou Dalein Diallo accusent le nouveau président de la Ceni, Lounceny Camara, de soutenir Alpha Condé. Ce dernier dénonce, quant à lui, la « fraude massive » du premier tour, qui aurait bénéficié selon lui à son rival.

« Pour nous, il est hors de question que Louceny Camara dirige le processus jusqu’à la fin », a prévenu le porte-parole de l’UFDG, Mamadou Bah Baddiko. Mise en garde qui irrite visiblement les autorités militaires. « Les candidats doivent prendre leurs responsabilités et aller aux élections. Il n’y aura pas de nouveau report », tranche Mohammed Kassé, porte-parole de la présidence. Entre le spectre de fractures ethniques, la menace d’une reprise en main par les militaires et le défi logistique posé par le scrutin, cette nouvelle date, quoi qu’il en soit, ne suffit pas à dissiper les inquiétudes.

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