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Publié par bouba

ARCHVIES. Dominique Strauss-Kahn et Nafissatou Diallo, la femme de chambre qui l'accusait d'agression sexuelle à New York, seraient parvenus à un accord financier, qui devrait mettre fin à 18 mois d'une formidable saga judiciaire aux Etats-Unis.

 

 

En tout juste sept mois, un record de vitesse, l’affaire du procès civil intenté par Nafissatou Diallo à Dominique Strauss-Kahn aura trouvé un épilogue provisoire par un projet d’arrangement entre les deux protagonistes.

 

L’ancien ministre avait pourtant juré qu’il ne paierait pas un centime à la femme de chambre, mais ses avocats ont proposé un compromis qui n’est pas encore un accord définitif. Loin de là. Les négociations sont toujours en. Et aucun camp ne souhaite commenter la fuite parue jeudi dans le quotidien « New York Times ».

 

La stratégie de DSK a toujours consisté à éviter d’être contraint d’évoquer ce qui a eu lieu le 14 mai 2011 dans la suite 2806 de l’hôtel Sofitel à New York. Ce qu’il aurait été obligé de faire si ce procès, même civil, était allé jusqu’au bout dans trois ans au mieux. Personne a priori ne saura donc ce qui s’est véritablement passé vers midi ce jour-là entre la femme de chambre et l’aspirant candidat à la présidentielle. Et aujourd’hui, qu’est-il exactement en train de se passer?

 

La recherche d’un compromis. Si la plainte au civil contre DSK date du 8 août 2011, le procès civil a véritablement commencé le 1er mai dernier lorsque le juge Douglas McKeon du tribunal du Bronx en charge de ce volet a refusé de classer la procédure de Nafissatou Diallo, comme le demandaient les avocats de DSK en invoquant « une immunité diplomatique ». Depuis, on est entré dans une phase dure. Un procès civil aux Etats-Unis est « une course d’escalier » où « chaque partie avance face à l’autre des arguments pour le faire plier » et « le contraindre à un accord financier », explique Matthew Galluzzo,  pénaliste à New York. Une partie de poker où tout est permis ou presque. L’action au civil intentée par la femme de chambre avait pour but de faire reconnaître selon ses avocats, Douglas Wigdor et Kenneth Thompson, le « préjudice moral et physique ».

Fin octobre, Kenneth Thompson ne cachait pas son intention dans un mail d'« interroger DSK le plus vite possible » comme la procédure le lui permet pour « lui demander ce qui s’est passé dans cette chambre d’hôtel ». Une façon de mettre la pression.

 

Les sommes en jeu. Elles varient de 4,5 M€ à 9 M€ selon les sources. Le journal « le Monde » avance une hypothèse basse à 4,5 M€. « Un montant raisonnable », selon l’avocat Matthew Galluzzo. Au début de l’été, les avocats de Diallo confiaient au « Parisien » - « Aujourd’hui en France » qu’ils ne transigeraient pas en dessous de 8,5 M€. Là aussi, chaque camp pousse le curseur dans le sens qui lui semble le plus favorable. Une certitude, les véritables montants de telles transactions conclues sous seing privé ne sont jamais dévoilés et sont couverts par une clause très restrictive de confidentialité, qui interdit au payeur comme au bénéficiaire d’en révéler le montant. La somme peut être réglée sous forme de rente selon des modalités prévues entre les parties. DSK n’a pas les moyens immédiats d’assumer une telle charge. Il devra sans doute emprunter une partie de l’argent.

 

Le calendrier. Une audience intermédiaire dans la procédure civile est prévue le 7 décembre. Celle-ci sera sans doute l’occasion d’entériner ou pas le projet de compromis sous contrôle du juge McKeon, comme la procédure le veut. Rien ne l’oblige à en dévoiler les termes. Selon nos informations, rien n’est acquis pour l’instant et tout peut être encore remis en cause. L’évocation d’un accord à l’amiable, divulguée dans la presse, peut être source de nouvelles surenchères ou de demandes de rabais.

 

Qui perd ? Qui gagne ? Personne. Nafissatou Diallo perd l’opportunité d’être reconnue officiellement comme victime devant un tribunal. Mais elle est susceptible de gagner une très confortable indemnité compensatoire. Si le scénario aboutit, DSK, lui, échappe à l’épreuve d’un procès public et à une éventuelle condamnation.

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