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La Guinée nouvelle

Du danger d’une campagne officieuse

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Des militants de Cellou Dallein Diallo (ex-Premier ministre et probable candidat à la présidentielle) qui arborent des tee-shirts à l’effigie de leur champion ; Laonseny François Fall, Sidya Touré, anciens chefs de gouvernement aussi, qui font actuellement les globe-trotters pour convaincre certaines personnalités de jouer leur carte et de ratisser large dans la diaspora ; sans oublier leur aîné en âge Alpha Condé, qui vient de regagner le pays après une absence d’un mois et qui a été accueilli à Conakry par ses ouailles, lesquelles lui jetaient de l’argent en signe de soutien...

Ce sont autant de scènes qui montrent que, si officiellement la campagne pour la présidentielle, dont le premier tour est prévu pour le 27 juin, n’est encore officiellement ouverte, les candidats potentiels par militants interposés trépignent d’impatience d’en découdre.

S’il faut louer cette ferme volonté des protagonistes guinéens de respecter cet échéancier et surtout de délivrer leur pays du cycle infernal des régimes d’exception, il n’est pas saugrenu de se demander si, à 2 mois d’une échéance aussi capitale, le scrutin pourra vraiment se tenir et dans quelles conditions.

Cette campagne joyeuse qui ne dit pas son nom et qui déferle sur la Guinée à telle enseigne que le ministère de l’Administration a dû tirer les brettelles de certains leaders politiques pour qu’ils n’en fassent pas trop inquiète plus d’un à commencer par la communauté internationale :

en effet, on l’aura remarqué, le président intérimaire, le général de brigade Sékouba Konaté, soucieux de mettre de l’ordre au sein de la Grande Muette, semble ne pas s’intéresser à cette élection. Le processus électoral, ce n’est donc pas sa tasse de thé, d’autant plus que lui-même ne sera pas candidat.

Récapitulons : un chef d’Etat qui semble avoir hâte que le vote se tienne pour qu’il puisse s’en aller, des candidats non encore déclarés qui battent campagne officieusement, un Sékou Ben Sylla, président de la CENI, qui cherche ses marques tant cette présidentielle, la première vraiment ouverte, tout cela est source d’angoisse. A première vue, des signes qui augure la sortie de crise, mais attention aussi à l’autre versant de cette sorte de bordel ambiant, les nuages qui pourraient accoucher d’un orage.

Au demeurant, si cette élection se tient sans accroc, il y aura manifestement un renouvellement de la classe politique, à tout le moins l’émergence d’une nouvelle race de gouvernants issus des rangs de ceux qui ont déjà exercé des parcelles de pouvoir, lesquels auront une autre façon de diriger.

Certes, un Alpha Codé a du mérite, et Aboubacar Somparé, ex-cacique du Parti de l’unité et du progrès (PUP), la formation de feu Lansana Conté, pense encore qu’il a un avenir politique. Mais la réalité du terrain fait que tout se jouera entre Cellou Dallein Diallo et Sidya Touré.

En usant de dextérité manœuvrière, l’un d’eux, aidé de tous les autres, pourra décrocher la timbale politique : la Présidence. On entend leurs adversaires couiner qu’ils ont tous été premiers ministres, « qu’ils se sont enrichis » et sont donc disqualifiés pour gouverner.

Mais l’expérience de la gestion des affaires de l’Etat avec ses conditions psychosomatiques n’est-elle pas la meilleure école pour apprendre à gouverner ? Si tout se déroule selon les règles de l’art, le meilleur gagnera en Guinée, et les vaincus auront mérité de perdre.

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