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La Guinée nouvelle

ELECTIONS EN GUINEE: Aider la junte à tenir sa promesse

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On peut tout reprocher au général Sékouba Konaté, président intérimaire de la Guinée sauf sa volonté de remettre son pays sur les rails de la démocratie. De Sékou Touré à Lansana Conté en passant par la parenthèse du tristement célèbre, Dadis Camara, la République de Guinée n’a jamais autant vécu cette ferveur démocratique, que des peuples comme ceux du Mali et du Bénin ont connue depuis les années 90. Pliant sous le joug de pseudo-démocrates, le peuple des électeurs attend fiévreusement que les promesses du nouveau chef de la junte se réalisent pour qu’il puisse enfin exprimer pleinement sa souveraineté dans un Etat de droit.

La transition est en marche depuis la fameuse rencontre de Ouagadougou où le capitaine Dadis Camara a passé la main à son successeur, Sékouba Konaté. Ce dernier a mis en place le Conseil national de transition, nommé un Premier ministre devant tous travailler pour que l’échéance du 27 juin soit tenue. Sékouba a promis, à l’issue de sa récente visite en France, qu’il ne ménagerait aucun effort pour que le délai soit tenu, mais il a assorti son engagement d’une condition : "Je ferai tout pour que l’élection présidentielle se tienne le 27 juin mais aidez-moi à sortir la Guinée de son isolement." Il s’adresse ainsi aux partenaires de la Guinée. Cet isolement est politique et a certainement des conséquences financières. Le rapprochement avec Paris est en cela un bon indicateur, car son soutien est nécessaire pour faire la cour à l’Union européenne. Après tant de remous sociopolitiques, on peut comprendre que personne ne veuille mettre son argent dans un processus qui, jusqu’ à l’avènement de Sékouba Konaté, était mal maîtrisé et inquiétait plus d’un quant à un probable retour à l’ordre démocratique. Pourtant, le pays tient là une chance unique d’y parvenir.

L’argent, le nerf de la guerre ne devrait pas être un obstacle à la matérialisation d’un tel espoir et certains pays amis ont déjà craché dans le bassinet, même si le compte n’est pas encore bon. Ce n’est pas encore une course contre la montre, mais il est très important que ce scrutin se tienne à bonne date afin d’éviter le syndrome ivoirien des inombrables reports. Toute chose qui peut donner le temps, aux adversaires du processus actuel, c’est-à-dire aux nostalgiques de Dadis Camara, de fourbir leurs armes. D’ailleurs, un groupe de mutins réputés proches de l’ancien président a été neutralisé cette semaine. Sékouba Konaté avance certes, mais il n’est pas à l’abri d’un coup fourré.

Pour l’instant, il tient l’armée à l’oeil et tente de la réformer dans le sens de la rendre plus républicaine, laissant le Premier ministère gérer la mise en œuvre pratique de la transition. Mais en réalité, tout l’échafaudage tient à sa seule détermination à rendre le pouvoir aux civils. Et tant qu’il ne l’aura pas fait, il reste une cible pour les pro-Dadis et les nostalgiques d’un ordre ancien dans lequel l’armée est au cœur du pouvoir.

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