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La Guinée nouvelle

FORMATION DU GOUVERNEMENT GUINEEN: Doré calcule, Sékouba s’impatiente

Dans une lettre de mission adressée au Premier ministre de transition, Jean-Marie Doré, le président de la transition en Guinée, Sékouba Konaté, demande "l’organisation rapide d’élections libres, crédibles et transparentes". Le jeune général avait quelques jours auparavant formulé le même désir à Conakry, devant des émissaires de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Union africaine (UA) et de l’ONU venus soutenir le processus de transition.


Le moins que l’on puisse dire, c’est que Sékouba Konaté confirme, si besoin en était encore, sa détermination à honorer l’engagement contenu dans l’accord de sortie de crise, signé à Ouagadougou au Burkina, le 15 janvier dernier. Un engagement consistant, comme on le sait, à tenir l’élection présidentielle en Guinée dans les "six mois" suivants. Visiblement pressé de voir se tenir les élections à la période indiquée, Sékouba Konaté rassure par ses actes et ses paroles qui sont d’une cohérence à toute épreuve.


Car, jusque-là, le "Tigre" sera resté égal à lui-même. Il aura toujours su tenir un discours dans lequel transparaît invariablement son intention de ne nullement s’accrocher au pouvoir. De cet homme arrivé aux affaires comme par un coup du sort, qui pourrait douter de la sincérité, du moment qu’il donne véritablement l’impression d’être pressé de retourner à ses pénates et retrouver ses anciennes amours ? Sékouba Konaté ne rêve manifestement pas d’un destin national et les faits et gestes posés au quotidien parlent d’eux-mêmes. Quant au Premier ministre de transition, Jean-Marie Doré, on ne saurait en dire de même. Officiellement installé dans ses fonctions le 27 janvier dernier, il tarde à former son gouvernement d’union.


Il est vrai que la formation d’un gouvernement n’est pas toujours chose aisée. A fortiori dans le contexte actuel que vit la Guinée. Au demeurant, le leader de l’Union pour le progrès de la Guinée (UPG) serait courtisé par de nombreux prétendants aux postes de ministres dans ce futur gouvernement de transition. Toutes choses qui, effectivement, peuvent contribuer au retard. Reste que le retard commence à se faire trop pesant, ce qui n’est pas sans susciter quelques interrogations dont celle-ci : Jean- Marie Doré, pour de petits calculs politiciens, serait-il en train de ruser et d’user de manœuvre dilatoire ?


Une question qui en appelle une autre : a-t-il renoncé à être candidat pour la future présidentielle ou veut-il que l’Histoire garde de lui, le souvenir d’un Premier ministre qui aura offert à la Guinée, ses premières élections véritablement libres et pluralistes ? On sait qu’une des conditions fixées, lors des tractations, pour être Premier ministre, était d’accepter d’être inéligible à la présidence de la République.


Jean-Marie Doré l’entend-il de cette oreille ? En tout cas, il a toujours entretenu le flou sur son éventuelle candidature ou non à la future présidentielle, d’où la possibilité que la formation de ce gouvernement toujours attendu soit en réalité plombée par de possibles ambitions inavouées du vieil opposant guinéen. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas la confiance qui règne en ce moment au sein des Forces vives qui, comme à leur habitude, ne manquent jamais l’occasion d’étaler sur la place publique leur incapacité à s’entendre.


La syndicaliste devant l’Eternel, Rabiatou Sérah Diallo ainsi que bien d’autres membres des Forces vives doivent en ce moment se poser mille et une interrogations, eux qui semblent prêter à Jean-Marie Doré l’intention de vouloir "combiner" dans leur dos. Au total, il n’est pas exclu que le Premier ministre de transition ne se presse pas aussi lentement pour rien. Sans aucun doute Doré calcule et pendant ce temps, Sékouba veut au plus vite en finir avec cette transition.


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