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Publié par guineelive

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Dans une de nos publications, nous avions évoqué le nom de l’ancien ministre d’Etat chargé de la construction, de l’aménagement du territoire et du patrimoine bâti public, Boubacar Barry dans le procès des présumés narcotrafiquants. Notre reporter avait, à cette occasion, rapporté les propos du présumé narcotrafiquant  Mamady Kallo.

Dans un souci d’équilibre de l’information, votre site Guineelive a rencontré l’ex-Ministre pour avoir sa version des faits. M. Barry a tout d’abord parlé de sa nouvelle vie d’après le gouvernement. La politique, ses relations avec le capitaine Moussa Dadis Camara, son  implication ou non dans le trafic de drogue et de cocaïne.  Lisez plutôt.



Guineelive : Présentez-vous à nos lecteurs ?


Boubacar Barry (B.B.) : Je m’appelle Barry Boubacar, je suis architecte de profession, ancien ministre d’Etat chargé de la construction, de l’aménagement du territoire et du patrimoine bâti public de la république de Guinée.

 

Depuis votre départ du gouvernement, vous vous êtes lancé dans la politique. Est-ce dire que vous serez candidat à la présidentielle du 27 juin ? Si oui, qu’est-ce qui a motivé cette décision ?


BB : Ecoutez, je ne vais pas vous répondre de façon directe si je suis candidat ou pas candidat. Je suis membre fondateur d’un parti politique qui s’appelle le PNR (ndlr : parti national pour le renouveau) qui est régi par des statuts et un règlement intérieur. Ces statuts  stipulent qu’il faut organiser d’abord des primaires à l’interne pour pouvoir désigner les candidats éventuels du parti. Des appels à candidature ont été faits à l’interne au niveau du parti. Et par rapport à cette procédure,  j’ai déposé naturellement une demande de candidature agréée par le PNR. Mais je ne peux pas vous dire si je suis candidat ou pas à partir du moment où la commission ad hoc à l’interne au niveau du PNR ainsi que le bureau politique national n’ont pas encore pris de décision conformément aux statuts. J’attends donc, que suivant les critères qui sont établis au niveau de notre parti,  le choix soit fait, le statut soit respecté pour savoir si le parti portera son choix sur ma modeste personne ou sur un autre camarade.

 

M. le ministre, une ordonnance du président de la transition, général Sékouba Konaté rendu public, il y a trois jours, demande aux potentiels candidats de se manifester 40 jours avant la date du scrutin. Ne seriez-vous pas en retard ?


BB : Je crois que 40 jours avant le scrutin ça doit correspondre à peu près  au 17 de ce mois, c'est-à-dire le lundi et aujourd’hui nous sommes mardi. J’estime que nous avons une semaine encore. Et d’ici là, les procédures internes au niveau du parti seront totalement épuisées et à la date indiquée, le parti s’il va aux élections présidentielles désignera son candidat.

 

M. Barry, les anciens ministres ou commis de l’état si vous voulez,  ne font pas bonne presse dans le pays. On dira toujours « Paul a fait ceci, Pierre a fait cela », bref on trouve en eux des bandits à col blanc. Ceci étant, votre passage au gouvernement plaide-t-il en votre faveur à la présidentielle du 27 juin ?


BB : Plaider en ma faveur ou pas, je crois que c’est aux populations, aux  citoyens guinéens d’apprécier. Je suis guinéen, je n’ai pas fait de choix particulier par rapport à mon destin. A un moment donné de mon existence, le Seigneur a bien voulu, à travers certains hommes,  me choisir pour assurer  un  certains  nombre de responsabilité avec des objectifs précis. Je pense avoir fait plus ou moins ce qu’on m’a demandé et  il appartient aux populations, à mes compatriotes d’apprécier ce que j’ai fait si c’est  positif ou négatif.

 

Quelles réalisations mettez-vous à votre actif ?  


Principalement, ce sont les grands travaux d’infrastructure et d’aménagement sur Conakry et l’intérieur du pays. Des travaux  de désenclavement, d’aménagement de voiries urbaines, de remise à niveau, des travaux de désenclavement des quartiers urbains.

 Au niveau de l’habitat, ce sont des travaux de remise à niveau et des textes réglementaires par rapport à l’exercice de la profession, la réglementation dans le secteur de la  construction, initiation d’un programme de construction de 120 logements avec des promoteurs privés. Au niveau du patrimoine bâti public,  il a fallu faire  le recensement complet du patrimoine de l’Etat,  informatiser le système de gestion du patrimoine de l’Etat afin de générer le maximum de ressources dans le but de fonder ou mettre en place un fonds  d’entretien du patrimoine de l’Etat. A Conakry, Boké,  Labé, Mamou, Kankan, N’zérékoré et ailleurs.

Ce sont là quelques grands axes de notre passage à la tête du département chargé de la construction, de l’aménagement du territoire et du patrimoine bâti public.

 

Que répondez-vous aux gens qui soutiennent que vous roulez pour le président du conseil national pour la démocratie et le développement, le  capitaine Moussa Dadis Camara ?


BB : Ecoutez, c’est une question  récurrente. Il est important de savoir quelles sont  mes relations avec le Capitaine Dadis. J’ai dit tout à l’heure que c’est le destin qui a voulu que  je me suis retrouvé dans une certaine position, un certain moment.

Le président du CNDD et moi, nous nous connaissons depuis plus de 30 ans. On a passé des moments extrêmement forts ensemble. C’est un ami, je ne peux pas le nier. Avant qu’il ne soit président de la république, il était mon ami. Pendant qu’il est président, il est mon ami. Après qu’il ne sera plus président, il restera mon ami. C’est fondé sur des relations humaines, sur un certain nombre de vertus et de valeurs et je ne sais  pas pourquoi partout on voit que je roule pour le capitaine ou que je roule pour tel ou tel.

 Je roule pour un idéal que je défends et dans lequel je me sens bien avec un ensemble de jeunes cadre qui estiment que nous avons un grand  rôle à jouer dans ce pays en tant que  intellectuels, en tant que jeunes et nous nous battons pour cet idéal-là.

 

Dans le procès des présumés  narcotrafiquants, l’ancien ministre que vous êtes  a été cité à la barre par un des comparants en l’occurrence,  Mamady Kallo. Nous ne savons pas si vous en êtes au  courant. Si oui, qu’en est-il exactement ?


BB : J’ai écouté aussi à la télévision  les propos de  Kallo comme vous. Mais je pense qu’il est important de rétablir les choses dans leur contexte. Il est vrai que j’ai été architecte de la société GPG-I qui est une société de promotion immobilière où je crois savoir que Kallo était  actionnaire majoritaire et j’ai été architecte de cette société immobilière de façon tout à fait fortuite.

Vous savez, quand le gouvernement Kouyaté  (ndlr : Lansana Kouyaté, ex-premier ministre du général Lansana Conté et actuel président du parti de l’espoir pour le développement national, PEDN) a été mis en place, un programme pilote a été initié  dans le secteur de l’habitat et du logement pour la construction de 200 logements à travers le ministère des travaux publics, de  l’urbanisme et de l’habitat.

 Et  pour l’élaboration de ce programme, le gouvernement avait lancé un avis d’appel d’offres national,  un concours national d’architecture et  mon cabinet qui s’appelle BAAD, Bureau d’architecture, d’aménagement et de construction a soumissionné. Et  fort heureusement, nous avons été retenus avec trois autres sociétés sur cet appel d’offres.

 Mon cabinet BAAD a été lauréat sur le site de Matam. Le cabinet Baec, sur le site de Nongo. Le cabinet Carig, sur le site de Kobayah et le cabinet archi 3 D, sur le site de Sandervalia, dans la Commune de Kaloum.

De quoi s’agissait-il ? Il s’agissait de faire  un programme pilote de  logements de moyen standing et de standing ainsi que de logements collectifs  avec des  équipements  d’accompagnement pour permettre aussi au département (ministère) de pouvoir initier d’autres programmes de cette envergure.

Moi, j’étais donc, sur le site de Matam avec comme promoteur Nana Kourouma.

Lors de l’élaboration de ce programme avec le ministère de l’habitat, le ministère a cherché à mettre en place  une structure coopérative, c’est-à-dire,  une organisation qui regroupe des opérateurs économiques ayant un certain nombre de moyens et qui sont intéressés à la promotion  immobilière. Ces opérateurs économiques se sont organisés en structure dirigée par M. Boubacar Kéita qui est  à la banque islamique. A leur niveau, ils se sont répartis en fonction de leurs moyens et des ambitions qu’ils ont par rapport au programme sur les  différents sites.

Par la suite, puisqu’il y a une coordination de 200 logements qui a été créée au département des travaux publics et de l’aménagement du territoire, présidée par l’ancien  Secrétaire d’Etat aux travaux publics, l’architecte  Mamady Kallo qui était en même temps le président de l’ordre national des architectes de Guinée, a aussi décidé de procéder à un aménagement du site du centre émetteur de  Kipé. Sur le site du centre émetteur de Kipé,  une partie a été octroyée à la société Laïco pour la construction d’un hôtel de grand standing, une partie à une société sénégalaise avec un système de troc pour un investissement sur 10 villas revenant à la Guinée et un hôtel de trois à quatre  étoiles, si mes souvenirs sont bons et  la  troisième partie a été morcelée et aménagée au profit des ces mêmes promoteurs immobiliers.

Donc, la coordination du projet, dans l’analyse de ce qui doit être fait, a choisi les plans lauréats de notre cabinet et nous ont demandé à ce que nous puissions travailler avec une société immobilière qu’ils ont choisie sur le site pour exécuter ces programmes. C’est ainsi qu’on m’a mis en contact avec la société GPG-I  à travers son directeur général M. Chérif avec lequel nous avons revu les plans pour les adapter au contexte ou aux contraintes financières qu’il avait de pouvoir les faire. Voilà un peu comment la relation s’est créée avec Kallo par rapport au programme. Et  lorsque la coordination a mis ses relations de travail avec nous, nous avons eu deux ou trois séances de travail avec Mamady Kallo. Je suis venu,  je crois  deux ou trois fois au siège de GPG-I  au marché Niger. Et c’est là que j’ai rencontré M. Kallo que je ne connaissais pas, avant. Et c’est à partir de là que nous avons tissé des relations dans le cadre de ce  programme. Nous avons conçu les plans que nous leur avons transmis et ils ont commencé leur programme par trois villas témoins qui sont encore sur le site de Kipé. Voilà les relations qui nous ont liés.

Le fait que j’étais architecte, l’architecte Mamady Kéita qui est aussi l’ancien président des architectes de Guinée, ils ont demandé à ce que nous travaillions avec une société qui évolue sur le terrain. C’est ainsi qu’ils nous ont mis en contact avec le directeur général de la société. Nous avons demandé qu’on nous mette en relation avec la société GPG-I et on ma mis en contact avec le directeur de cette société M. Chérif. C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Mamady Kallo qui, comme je l’ai dit plus haut, était  actionnaire majoritaire.

 

Au delà du cadre de travail, concrètement est-ce que vous avez des relations particulières avec M. Kallo ?


BB : Je ne sais pas pourquoi il m’a cité dans le procès des présumés narcotrafiquants. Mais en réalité, je ne pense pas qu’on parle de logements même s’il y a des saisies des biens immobiliers. Je ne connaissais pas Kallo avant le programme des 200 logements. Je n’ai  pas eu de contact particulier ou de relations particulières avec lui ou de relations de quelque nature que ce soit par le passé avec Kallo. Je n’ai rien d’autre construit ou surveillé pour lui. Je ne suis intervenu dans l’environnement de Kallo que par rapport au projet officiel des 200 logements.

Quand j’entends dire quelque part,  que j’ai dû peut être contribué à l’identification de ses biens de quelque nature que ce soit,  je m’inscris en faux. Je n’ai participé à aucune commission, en tant que ministre en charge du secteur. Je n’ai été saisi  par  aucune lettre me demandant de participer à quelque inventaire ou à une identification des biens de  Kallo. Je n’ai commis personne. Aucun de mes cadres n’a participé à ce niveau. Et  j’ai suivi, comme tout un chacun, tout ce qui se passait au niveau du ministère d’Etat chargé des services spéciaux, de la lutte anti drogue et du grand banditisme. Donc, ni de près, ni de loin, je n’ai contribué ou participé à une enquête. Je n’ai pas non plus fait d’inventaire. Je ne connais pas les biens de Kallo.  Je dis et je  répète que j’ai travaillé avec une société de promotion immobilière, la société GPG-I qui est régulièrement installée en Guinée et dans le cade officiel tendant à  promouvoir le logement en Guinée.

 

Est-ce que vous avez été saisi par une convocation de  la justice puisque le procès suit son cours?


BB : Non, non, je n’ai pas été saisi par la justice. J’ai écouté comme tout le monde les déclarations de Kallo et maintenant si on a besoin que je donne des explications  par rapport à ça, je suis disponible, il n y a pas de problème.

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