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Guerre ethnique à N’Zérékoré : La dangereuse passivité du Général Sékouba Konaté

Comme on le sait, depuis le vendredi 05 Février 2010 , la ville de N’Zérékoré située à  1000 kilomètres de Conakry est en ébullition.

De ce jour à aujourd'hui, des jeunes forestiers loubards, ethniquement manipulés et financièrement motivés par des cadres (ancien ministres sous les régimes de Sékou Touré et Lansana et actuels ministres)originaires de la région, continuent de semer la terreur dans cette ville. Sous l'influence notamment de Papa Koly Kourouma, Moussa Tiégboro Camara , Alexandre Cécé Loua et autres, ces jeunes drogués et alcoolisés ont érigé, le vendredi dernier des barricades dans les rues bordant la mosquée du quartier gonia pour, disent-ils, empêcher les musulmans d'obstruer le passage au moment de la prière.

La faible capacité intérieure des Mosquées à contenir les musulmans lors de la prière de 14 heures les vendredis, en effet obligent toujours les fidèles à occuper les rues pour accomplir leurs obligations religieuses. Après avoir, une semaine auparavant, lancé des menaces, ces jeunes forestiers à la solde des Papa Koly et autres ont érigé des barricades dans les rues de la Mosquée du quartier gonia pour empêcher les musulmans d'installer leurs tapis de prière.

La réaction ne s'est fait pas attendre, et la provocation a donné lieu à des affrontements et à des émeutes violents et meurtriers. Dans la soirée, le premier bilan faisait état de plusieurs blessés, d'un tué du nom de Joseph Balamou et deux portés disparus, probablement tués dans un trou. Ces portés disparus identifiés sont Sékou Konaté et Arafan Kéita.

L'intervention de l'armée et l'instauration du couvre feu ont aidé à obtenir l'accalmie dans la soirée. Mais, dès le lendemain, la violence est repartie de plus belle et un jeune autochtone qui se livrait à des actes de vandalisme dans le marché a été brûlé sur la place publique. Ce dimanche, un groupe de jeunes forestiers a attaqué le domicile d'un jeune de 40 ans du nom de Yakhouba Kéita dans le quartier boma qui a été calciné en présence de son épouse et de ses 4 enfants impuissants et meurtris.

Malgré le couvre feu, les habitants des quartiers peripheriques du centre ville continuent d'être de faire les frais de la violence aveugle des extrémistes des deux côtés. Les appels au calme des autorités locales tombent dans des oreilles sourdes d'autant que les jeunes forestiers continuent de recevoir des instructions à partir de Conakry  d'où des hauts cadres proches du capitaine Dadis Camara, les galvanisent à maintenir ce climat de terreur et à étendre au besoin dans les autres préfectures de la région.

Débordées par cette vague de violence ethnique, les autorités locales pointent un doigt accusateur sur des ministres qui voudraient, au prix de l'intimidation, se maintenir comme si le gouvernement étaient leur propriété exclusive. Pour eux Papa Koly Kourouma, Moussa Tiégboro Camara , Alexandre Cécé Loua, le capitaine Gono Sangaré, en fuite, sont à l'origine de cette rebellion forestière, veritable germe de la guerre civile qui ensanglante aujourd'hui N'Zérékoré.

Ces hauts cadres, dans l'ombre et pour mobiliser les forestiers à leur cause personnelle, vont jusqu'a  accuser le Général Sékouba Konaté d'avoir abandonné le capitaine Dadis, de s'être fait entourer par des cadres qui ont trompé et trahi Moussa Dadis après l'avoir encouragé à se faire élire en profitant largement et abusivement de son argent.

Les notabilités de la foret qui semblent partager ses prises de position ethniques exigent de leur côté le retour du capitaine Dadis, l'intégration dans l'armée des 1700 jeunes guerzés recrues pour former la milice ethnique du chef de la junte. Dans la perspective de sa candidature à la présidentielle, les 22 chefs de quartiers de N'Zérékoré avaient reçu chacun une 4X4 TOYOTA double cabine, et 450 motos distribuées à des chefs de secteurs. Voir désespérément partir tous ces investissements  en fumée, avec la mise à l'écart du capitaine Dadis, et la crainte de perdre des portefeuilles ministériels complaisamment distribués à certains cadres facilitent et renforcent la culture du sentiment ethnique à laquelle se livrent les personnalités citées.

Ce dimanche 7 février 2010  encore, malgré les coups de feu, le couvre feu et les patrouilles militaires, la violence n'a pas totalement cessé. Le capitaine Gono Sangaré en fuite entretiendrait une bande armée dans la zone forestière allant jusqu’à Man en Côte-d’Ivoire où les Forces nouvelles évoluent et l’on connaît les accointances de celles-ci avec le chef de la junte, Moussa Dadis Camara.

Le principal but visé est de saper la transition en cours, conduire le Général Konaté à l’échec. Ce dernier devrait alors sortir de sa grave passivité, prendre ses responsabilités et mettre hors d’état de nuire ses cadres qui animent la haine ethnique chez des pauvres populations qui ont été souvent pacifistes..


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Voyager Savoir 11/02/2020 19:52

Hi