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La Guinée nouvelle

Guinée : Alerte : Un génocide peulh est en cours Guinée

 

 

J’interpelle le groupe de contact pour la Guinée, le Médiateur de la crise guinéenne, l’Union Africaine, la CEDEAO, l’Union Européenne, l’ONU, la France, les Etats- Unis, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et tous les organismes de défense des droits de l’Homme et des citoyens sur le risque de génocide peulh en République de Guinée.

Il me semble que la communauté internationale constituée par ces organisations et Etats ont oublié les prémisses des guerres civiles au Rwanda, au Congo, ex- Zaïre, au Liberia, en Sierra- Leone et en Côte- d’Ivoire.

En effet, depuis le 15 novembre 2010, date de la proclamation des résultats provisoires du second tour de l’élection présidentielle, le gouvernement guinéen a entrepris une guerre contre les militants et sympathisants de l’Alliance Cellou Dalein Président. Notamment, contre les populations peulhs.

Plus qu’une guerre, c’est un vrai génocide qui semble être programmé par les autorités de la transition guinéenne. En tout cas, c’est dans l’indifférence totale et avec une prise de position à peine voilée que Jean- Marie- Doré laisse les agents de sécurité se livrer à une sauvagerie sans limite contre l’ethnie peulh. S’il n’est pas commanditaire, tout indique qu’il est complice.

Il en est de même du Général Sékouba Konaté qui n’a pris aucune décision dénonçant ou punissant les violences dont les populations peulh de la Haute- Guinée ont été victimes. Actuellement, ces réfugiés dans leur propre pays, sont parqués dans des lieux publics en Moyenne- Guinée sans assistance aucune de l’Etat guinéen et de la communauté internationale.

Les brimades et autres violences commises contre les peulhs au compte de l’Alliance Arc- en- Ciel d’Alpha Condé ont tout l’air d’une stratégie montée par le gouvernement Doré et la présidence intérimaire. L’Arc- en- Ciel ne serait qu’un bras armé du complot anti- peulh du système ethnocentrique guinéen

Je rappelle que le début de ce qui risque d’être un génocide peulh remonte au mois d’octobre 2010 quand les ressortissants du Fouta vivant en Haute- Guinée ont été violentés, leurs biens pillés avant d’être chassés de Siguiri, Kouroussa, Kankan, Kérouané. Mais, aussi à Kissidougou et N’Zérékoré (en Guinée Forestière). Un certain nombre de ces citoyens ont été tués.

Alpha Condé a incité, pour des raisons électoralistes, les populations malinkés, ethnie à laquelle il revendique son appartenance, à attaquer les Peulhs. Son but avéré, c’est d’avoir le terrain libre dans ces régions qu’il réclame comme étant son fief. Le résultat fut la fraude massive en l’absence de tout représentant de l’Alliance Cellou Dalein Président et de militants et sympathisants de ladite alliance.

La proclamation des résultats provisoires a servi de nouveau détonateur à la guerre contre les peulhs. Jugez- en par les faits.

Le 15 novembre 2010, jour de la proclamation des résultats, il ya 2 morts, des dizaines de blessés et des viols commises dans les quartiers de la haute banlieue de Conakry. Ces zones accusées d’être des fiefs de l’Alliance Cellou Dalein Président sont majoritairement peulhs et subissent, à ce titre, les violences inouïes.

Depuis ce jour, les villes de la Moyenne- Guinée ou Fouta- Djallon réputées être des fiefs de l’UFDG sont livrées aux exactions des milices rebelles de l’ULIMO, de l’armée et de la gendarmerie guinéenne.

A Labé, ville natale de Cellou Dalein Diallo, les populations sont agressées et violentées dans leur propre domicile. Le nombre de morts est encore inconnu tant l’opacité et entretenu par l’Etat qui est à la fois juge et parti.

A Pita, une autre ville du Fouta, il ya eu un mort dont l’auteur a été identifié. Mais aucune action de justice n’est entamée contre lui pour la simple raison qu’il est membre d’un parti politique allié de l’Arc en Ciel et apparenté au Président de l’UPR.

Pire, Jean- Marie Doré qui n’a rien fait quand les peulhs ont été agressés en Haute- Guinée a arbitrairement révoqué le préfet de Pita qui est peulh. Dans le but d’opposer les ethnies peulh et soussou, il a choisi le commandant de la gendarmerie d’ethnie soussou pour remplacer le préfet.

A Dalaba, encore une autre ville du Fouta, le nombre de morts ne se compte plus. Jean- Marie Doré et Sékouba Konaté y auraient envoyé plus de 400 hommes en tenue. Mercenaires, militaires ou gendarmes, ils sont les seuls à le savoir. Au lieu d’assurer la sécurité des citoyens, ces gens entrent dans les quartiers volent et tuent. Ils embarquent les femmes et les jeunes filles pour le camp militaire afin d’assouvir leur folie sexuelle.

Le représentant de l’Union des Forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Pita a été arrêté et emmené dans une destination inconnue. Beaucoup de personnes et de personnalités, de l’UFDG notamment, ont été arrêtées et seraient arbitrairement incarcérées à Mamou. Le Président de l’UFDG en personne a confirmé l’information cet après- midi lors d’un point de presse.

A Mamou, une autre ville du Fouta et ville carrefour de la Guinée, les actes de violence contre les populations sont identiques. Pillages, brimades, viols et meurtres sont en cours.

Bref, toutes les villes du Fouta sont livrées aux violences de l’armée et, dit- on, de rebelles de l’ULIMO qu’Alpha Condé avait voulu infiltrer en Guinée Forestière et à Forécariah (Basse- Guinée) en 1998 avant son arrestation à Piné. Une sous- préfecture frontalière de la Guinée et de la Côte- d’Ivoire.

Je rappelle que Cellou Dalein Diallo a rencontré le Général Sékouba Konaté hier à propos des violences et de l’injustice dont sont victimes les peulhs.

Mais, les violences risquent de s’étendre. Des villes de la Guinée- Forestière sont en effervescence et, là aussi, les tensions inter- ethniques sont réelles. C’est le cas de Kissidougou, Macenta, Guéckédou et N’Zérékoré. Ce sont les Peulhs qui sont, une fois de plus, visés par certains extrémistes Malinké de l’Arc- en Ciel. Heureusement, en octobre dernier les populations forestières avaient protégé les ressortissants du Fouta vivant dans leur région.

Pour serrer, encore plus, l’étau sur les populations de la Moyenne- Guinée, Jean- Marie Doré vient de leur imposer un couvre- feu de 17h à 6 du matin. Sont concernées, toutes les grandes villes comme Labé, Koubia, Dalaba, Mamou et Pita.

Comble de tout, le Général Sékouba Konaté vient d’imposer à son tour l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire. Y compris les villes citées plus haut. Un état d’urgence qui s’ajoute à un couvre- feu. Dans ces conditions, comment les populations du Fouta qui subissent déjà un couvre- feu du matin au soir et auxquelles on impose un état d’urgence vont- elles vivre ?

Pourrait- on nier que ces actes relèvent de l’ethnocentrisme viscéral du Premier Ministre et du gouvernement guinéen ?

En plus, les criminels qui ont tué les Peuls en Haute Guinée fêtent la victoire provisoire de l’élection d’Alpha Condé au moment même où les massacres des peulhs continue en plein Fouta, en Haute- Guinée et à Conakry. Peut- être, bientôt en Guinée- Forestière. Les préfets et sous- préfets complices de toutes ces violences sont récompensés en retour. Tous ont la promesse d’être maintenus à leur poste ou élevés en grade et en promotion.

Le paroxysme de ces violences se situe à Conakry. Les rebelles de l’ULIMo portant les tenues de la Force Spéciale de Sécurisation du Processus Electoral (FOSSEPEL) descendent de jour comme de nuit pour piller, tuer et violer dans les quartiers de la périphérie urbaine. Il s’agit de Bambéto, Taouya, Kipé, Hamdallaye, Dar- es- Salam, Koloma, Kosa, Wanindara, Démoudoula, Kissosso (commune de Ratoma), tous fiefs de l’UFDG et de son alliance. N’eut été la complicité de l’Etat, comment des tenues d’agents publics pourraient être portées par un tiers ?

En plein jour, les hommes en arme entrent dans les quartiers pour agresser des citoyens aux mains nues ou n’ayant que de pierres comme arme de défense. Rien qu’aujourd’hui, il y aurait eu plusieurs dizaines de morts dont 10 dans la seule commune de Ratoma.

Les représentants des organisations humanitaires et de la presse internationale attestent de tirs à bout portant et sur le dos des victimes. Cela signifie qu’on tire sur des gens en fuite. Les images d’incendies d’habitats sont innombrables et les médias étrangers en ont montré en direct.

Les assaillants, rebelles de l’ULIMO infiltrés dans l’armée et soldats emporteraient les gens dans des camionnettes, fourgonnettes, pick-up et autres véhicules militaires pour des destinations inconnues. Jusque- là, aucune personne arrêtée n’est revenue ou localisée. On parle d’exécutions sommaires dans la forêt et dans les camps militaires. Les jeunes filles et les femmes sont emportées et violées. Ces actes sont devenus une tradition dans l’armée guinéenne et, à ce jour, n’ont jamais été punis.

Il ya quelques heures, un imam aurait été tué à Kakimbo (banlieue) pour la simple raison qu’il appartiendrait à l’« Alliance Cellou Dalein Président »

Hier, 16 novembre, les communes et quartiers majoritairement Peulhs n’ont pas pu s’acquitter de leur devoir religieux et n’ont pas fêté l’Aïd El kébir. Au même moment, les militants de l’Arc- en- Ciel ont envahi les rues pour fêter une victoire qui n’est que provisoire et sont allés priés sous l’œil bienveillant des soldats. Les mêmes qui tuent à la moindre vue d’un Peulh. Dans ces conditions, où va la Guinée ?

Qui pourrait nier que les actes énumérés attestent d’une volonté délibérée d’exterminer des citoyens du simple fait de leur appartenance sociale, politique et ethnique ?

Espérons que la dénonciation des actes criminels et anti Peulhs par Cellou Dalein Diallo, Président de l’UFDG sera entendue et, surtout, qu’elle n’arrive pas trop tard.

L’acharnement contre les Peulhs qui a été orchestré dès les premières heures de l’indépendance doit cesser. Au cas contraire, les peulhs risquent, comme il fut donné dans le temps aux Juifs, d’avoir à choisir entre mourir lâchement ou vivre vaillamment en faisant prévaloir leur droit de vivre en paix et en toute égalité comme tous les autres hommes.

A chaque fois qu’Alpha Condé fait son apparition en Guinée, il ya conflit interethnique et tentative de déstabilisation. Les Guinéens et la communauté internationale devraient prendre garde car cet homme ne semble aimer de Peulhs que morts !

Il n’a pas foulé le sol du Fouta- Djallon durant toute la période électorale. Comment ce monsieur peut-il dire qu’il sera le président de tous les Guinéens ? Toutes ces promesses rejoindront toutes les autres dans la fosse des mensonges et des viols des accords comme « l’Accord de Ouaga » et autres appels au calme qu’il a signés.

Les discours d’Alpha Condé servent de témoignage de sa phobie de l’ethnie peulh. Pour lui, le peulh n’est rien d’autre qu’un voleur, un vendeur de drogue, un étranger et rien d’autre !

La Guinée va au devant d’un danger si toutefois Alpha Condé était confirmé comme président. Les premiers actes qu’il a posés montrent ce qui attend les autres ethnies. Le Capitaine Moussa Dadis Camara n’en savait que trop. En allant à la rencontre des populations de Kaloum, Matoto, Matam et Dixinn en exclusion de tout autre quartier et commune montre son ethnocentrisme et sa volonté d’opposer les Guinéens.

Alpha Condé a piégé la Guinée. Il a enfoncé Dadis par la complicité de Konaté. Il fait croire que les soussous sont ses amis en passant sous silence tout ce qu’il a dit à leur encontre au temps du Généra Lansana Conté. Aux forestiers, il tente de leur oublier que Dadis est un des leurs et qu’il l’a piégé. Il oppose les Malinkés radicaux et nostalgiques aux Peulhs alors qu’il aurait revendiqué une appartenance soussou si Lansana Conté ne l’était pas. Il n’a pas moins piégé l’armée en disant qu’il enverra les officiers et sous officiers à la retraite tout en gardant le Général Sékouba Konaté. Tout cela, par avidité du pouvoir.

Si les peulhs sont sa cible du moment, je dis que chaque ethnie aura son lot de malheur avec Alpha Condé. Ses alliés du moment seront, comme sous le PDG, ses premières victimes. En ce qui concerne les peulhs, qu’il sache une chose : il ne réussira pas là où Sékou Touré a échoué.

Qu’il soit supporté par une certaine presse internationale, notamment française, qui ne cesse de le présenter comme « opposant historique » tout simplement parce que la télévision en question est dirigée par ses amis ne change rien. Cette même presse qui présente l’élection guinéenne comme démocratique sera Co- responsable de ce qui va arriver. Cela, d’autant plus qu’elle a sciemment annoncé Alpha Condé à la tête de l’élection présidentielle au moment où les résultats plaçaient Cellou Dalein Diallo bien en avance.

La même télévision se contente des propos d’Alpha Condé pour présenter les peulhs « comme des commerçants qui, n’ayant jamais exercé le pouvoir, risquent de retourner le reste de la population contre eux. » Elle ne parle en aucun moment des fraudes et des revendications de l’Alliance Cellou Dalein Diallo. Elle tait, en dehors de toute déontologie, le caractère provisoire des résultats du second tour de la présidentielle.

Une certaine radio dite panafricaine dont le représentant en Guinée est un ethnocentrique viscéral se livre à la même désinformation. Rien d’étonnant en cela car elle a choisi un transfuge de tous les partis politiques guinéens et déjà débarqué par le RPG lui- même.

La communauté internationale est avisée. Si elle ne met pas la pression sur le gouvernement, sur Jean- Marie Doré et Sékouba Konaté et qu’elle se contente de dire que le processus électoral a été démocratiquement mené en Guinée, elle sera le comptable des conséquences qui arriveront au pays. Tout particulièrement aux Peulhs. En tout état de cause, elle sait bien qu’aucun peuple ou entité ethnique ne se laissera mourir sans se défendre.

Les peulhs ne risquent pas de faire l’exception !

Lamarana Petty Diallo 
lamaranapetty@yahoo.fr 

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