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La Guinée nouvelle

Guinée – Alpha Condé prône l'union nationale mais tacle encore

Alpha Condé s'est engagé à former une

 

Le nouveau président guinéen Alpha Condé a nuancé lundi la mise en place d'un gouvernement d'union nationale qui regroupe « toutes les composantes de la nation ». Il ne veut pas que ce soit  une « coalition de partis » et tacle encore aujourd'hui le camp de son rival Cellou Dalein Diallo.

Vendredi dernier, la Cour suprême a confirmé la victoire du Malinké Alpha Condé, opposant historique de 72 ans, face au Peul, Cellou Dalein Diallo, ancien Premier ministre. Si le nouveau président s'est engagé à construire un gouvernement d'union nationale, la tâche n'est pas facile, tant les divisions ethniques dans le pays sont fortes. Elles ont été particulièrement reprises entre Peuls et Malinkés durant cette dernière campagne présidentielle.

Dans ce pays, qui a vu de nombreux renversements de pouvoir ethniques depuis son indépendance en 1958 - que ce soit le putsch du forestier Dadis Camara (2008) ou le renversement par le soussou Lansana Conté (1984) du pouvoir au lendemain du décès de son prédécesseur, le président malinké Sékou Touré (1958-1984) – le nouveau président Alpha Condé a déclaré lundi que « toutes les composantes de la nation devraient se retrouver dans ce gouvernement ».

« La plupart de ces hommes d'affaires soutenaient le camp d'en face »

Cependant sa main tendue au camp de Cellou Dalein Diallo ne semble pas être l'une de ses priorités. Il a, en effet, insisté sur le fait qu'il ne parlait pas uniquement d'« une coalition de partis » mais d'une « union nationale » entre « les composantes régionales ou les forces vives, que ce soient les partis, les syndicats ou la société civile ».

Il n'a pas non plus oublier de revenir sur les différends entre Malinkés et Peuls qui avaient marqué cette dernière campagne présidentielle. Ils sont, d'après lui, le fait d'une « instrumentalisation  des populations » et « d'une amplification par les médias ».
Alpha Condé a tout de même enfoncé le clou sur le sujet de la division politique en Guinée, en s'en prenant à nouveau au camp de son adversaire Cellou Dalein Diallo : « une mobilisation s'est faite contre une ethnie, contre des gens qui détiennent le monopole économique et qui rendent la vie très chère », ajoutant que « malheureusement (...) la plupart de ces hommes d'affaires soutenaient le camp d'en face ». Il aurait également assimilé certains « hommes d'affaires » à des « trafiquants », rapporte le site de Jeune Afrique.

« Rendre sa dignité à l'armée »

Malgré tout, Alpha Condé ne s'est pas contenté uniquement de tacles politiques, il a aussi énoncé dans, l'un de ses premiers discours, ses nouveaux chantiers.

Celui qui a été victime de la répression du régime dictatorial d'Ahmed Sékou Touré (1958-1984) et des régimes militaires qui ont suivi s'est aussi dit prêt à « réformer l'armée », avec l'ambition de lui « rendre sa dignité » en améliorant les conditions de vie des militaires et en les formant au respect des personnes et des biens. Ces mots devraient rassurer la communauté internationale, notamment depuis le massacre du stade de Conakry en septembre 2009, organisé par la junte militaire sous le capitaine Dadis Camara et qui avait fait au moins 157 morts.

Alpha Condé a aussi répété lundi qu'il œuvrerait en faveur d'une « conférence vérité-réconciliation afin que les Guinéens se disent les vérités » sur les crimes depuis l'indépendance du pays.

Côté mesures populaires, Alpha Condé a également indiqué avoir immédiatement pris deux initiatives : la gratuité de l'hôpital pour « les femmes enceintes et les nourrices » et la suppression de l'impôt de capitation « qui pèse sur les paysans inutilement ».

Depuis décembre 2009, la Guinée vivait sous un gouvernement transitoire chargé de mener à terme la première élection présidentielle guinéenne indépendante depuis la mort de Sékou Touré en 1984.

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