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La Guinée nouvelle

Guinée: Alpha Condé veut gouverner seul

En repoussant sans cesse la date des législatives, le président guinéen pousse à bout son opposition qui veut partager le pouvoir.

 

L’opposition guinéenne joue gros.

En effet, les deux coalitions regroupant les principaux partis de l’opposition ont annoncé le 27 août 2012, le retrait de leurs membres du gouvernement mais aussi des institutions dont le Conseil national de la transition (CNT) et la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Démissionner ou pas?

Mais plus de trois jours se sont écoulés sans que les personnes concernées ne rendent le tablier, ni n’annoncent leur intention de le faire. L’on se demande donc si elles le feront ou pas.

Accepteront-elles d’abandonner les privilèges dus à leur rang? Rien n’est moins sûr.

D’ailleurs, de façon générale, l’on constate qu’il est souvent difficile pour l’opposition de réussir à faire démissionner ses militants d’un gouvernement ou des institutions étatiques.

En la matière, les exemples sont légion. Les cas du Togo, de la République démocratique du Congo (RDC) et duBurkina avec les membres de l’opposition à la CENI, pour ne citer que ces seuls cas, sont évocateurs.

Certes, en Haute-Guinée, de hauts responsables ont déjà démissionné de leurs postes à l’image de l’ancien ministre de l’Information et de la Culture, Justin Morel Junior, et bien d’autres.

 

Les opposants, dos au mur

Mais peut-on, sur la base de ces seuls cas, conclure que les membres actuels se soumettront à la décision de leur base?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’attitude des membres de l’opposition à qui l’on a demandé d’abandonner une vie de luxe, prouve que certains n’adhèrent pas à un parti par conviction ou pour ses idéaux mais pour des intérêts personnels.

Malgré tout, il convient de savoir que dans ce tumulte, il y a une part de responsabilité qu’il serait vain de méconnaître. Si l’opposition en est arrivée là, c’est que le président Alpha Condé l’y a forcée.

En tout cas, l’action de l’opposition n’est ni plus ni moins que l’expression d’un ras-le bol.

A force de jouer au plus rusé, le professeur Condé est en train de pousser son pays vers le gouffre.

Et pourtant, il aurait pu devenir un libérateur pour le peuple guinéen au regard de son parcours politique. Mais il a préféré s’ériger en disciple de Machiavel, pour rendre la vie dure à sesopposants.

Condé joue contre la montre

Plus de 18 mois sont passés sans que le président Condé ne réussisse à satisfaire les revendications de son opposition dont certaines datent de Mathusalem. Quel est donc le dessein inavoué d’un tel comportement si ce n’est de renvoyer aux calendes guinéennes l’organisation des élections législatives qu’il n’est pas sûr de remporter?

Jouer la montre pour une entreprise aussi importante que les législatives qui vont permettre de doter la nation guinéenne d’un pouvoir législatif pour contrôler l’exécutif, est une grave erreur voire un crime contre la démocratie.

Il ne fait pas de doute, Alpha Condé veut gérer le pouvoir seul. Et c’est pourquoi d’ailleurs il se préoccupe peu des revendications de son opposition.

Cela est d’autant plus vrai qu’en dépit des voix qui s’élèvent contre son mode de gouvernance, l’horizon continue de s’assombrir pour les Guinéens. Les chiens aboient, la caravane passe, dit-on.

Et, c’est ce à quoi l’on assiste malheureusement en Guinée avec le président Condé, qui est en passe de devenir, si ce n’est déjà fait, un autre boulanger de la sous-région, après l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo.

Dabadi Zoumbara (Le Pays)

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