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Publié par L’Observateur Paalga

 

Au pays de Sékou Touré, les jours se suivent et se ressemblent : accusations et suspicions d’un camp à l’égard de l’autre avec un même résultat : on attend depuis trois mois la tenue du deuxième tour de la présidentielle qui mettra aux prises Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé. Ce qui met à rude épreuve la patience des Guinéens, qui se sont bousculés devant les bureaux de vote le 27 juin dernier pour tirer un trait sur un demi-siècle de dictature.

Le scrutin a certes été entaché d’irrégularités, de fraudes, mais il a quand même eu le mérite de se tenir. On pensait que les réglages seraient vite faits pour que le peuple de Guinée choisisse celui qui va présider à ses destinées. Et patatras ! Le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) exige qu’on prenne suffisamment de temps pour corriger les défaillances de la Commission électorale indépendante (CENI), dont le président Ben Sékou Sylla était accusé de fraudes pendant que, du côté de “l’Alliance Celloun président”, on insiste pour qu’on aille aux urnes pour confirmer la victoire du premier tour.

La condamnation à un an de prison ferme du président de la CENI, et sa mort, par suites d’un cancer, le 14 septembre, n’ont fait que raviver la tension entre les protagonistes. En effet, le RPG n’a pas fait dans la dentelle pour récuser la présidente intérimaire de cette structure électorale, Hadja Amina Camara, qu’il considère comme étant une partisane de son adversaire. Tout était réunis pour le report de la date du 19 septembre. On pensait voir la fin des accusations tous azimuts à l’encontre des responsables de cette instance majeure des votes avec l’élection, mardi, de son nouveau président, en la personne du syndicaliste Lounceny Camara.

Que nenni ! Le camp Cellou a à son tour, par la voix de l’ancien Premier ministre Sidya Touré, jette un pavé dans la marre : “L’élection de Monsieur Camara est un non-événement, une décision illégale, qui s’est tenue nuitamment en l’absence de plusieurs membres de la CENI, notamment la présidente intérimaire, Hadja Amina Camara”, a-t-il martelé avant de rappeler que les dispositions du Code électoral donnent au président de la CENI le pouvoir d’annuler des procès-verbaux, d’où la nécessité de trouver une personne neutre.

Où donc trouver cet oiseau rare, immaculé dans ce pays pourtant peuplé de plus de 10 millions d’âmes, susceptibles de rallier les suffrages des deux (2) protagonistes ? Faut-il faire venir un président d’un autre pays ? Dans ce contexte où tout le monde suspecte tout le monde, ce pays, le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest, semble au milieu du gué et sombre petit à petit dans une dérive ethnorégionaliste.

La chance des deux (2) responsables “irresponsables”, voire même de toute la Guinée c’est qu’ils ont à la tête de l’Etat quelqu’un qui a une charge manifestement trop lourde et est pressé de s’en débarrasser pour retrouver sa liberté. Autrement, il aurait mis tout le monde d’accord en légitimant son affaire que personne n’aurait crié au scandale. Pour moins que ça, de nombreux autres frères d’armes du général Sékou Ba Konaté se seraient emparés de la chose.

Et Dieu seul sait que quand cela arrive, ils s’asseyent et ne se lèvent plus. Que Cellou et Alpha arrêtent donc d’ergoter car dans tous les cas il faudra comme dans toute élection, un vainqueur et un vaincu ; le fauteuil présidentiel n’étant pas un banc qui peut recevoir plusieurs personnes. Il faut donc en sortir et arrêter une date fétiche le plus tôt possible, pour ne pas perdre cette chance qu’offre l’histoire.

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