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La Guinée nouvelle

Guinée : Ces soubresauts communautaires qui grippent le mandat d’Alpha

 

Le président Alpha Condé a l’habitude de répéter au sujet de la Guinée qu’il a “hérité d’un pays, pas d’un Etat”, une phrase qui résume le délabrement dans lequel se trouve ce territoire riche en presque tous les minerais.

Mais il n’y a pas que le côté physique, matériel qu’il faut colmater, le mental non plus n’est pas au beau fixe et la présidentielle a donné l’occasion de constater que les relents communautaires forment une bombe non dégoupillée qui menace d’exploser à tout moment.

Certes grâce à la hauteur de vue du candidat malheureux Cellou Dallein Diallo, les Guinéens ont pu éviter la tragédie du voisin ivoirien. N’empêche, régulièrement, des accès de fièvre ethnique font monter la température sociale avec à la clef des morts et blessés. Dernier exemple en date, le décès de 25 personnes le 5 mai 2011 par suite de heurts avec la police.

Que ce drame ait été provoqué mystiquement par un marabout libérien, comme le prétendent certains habitants, ou la conséquence de fanatiques de l’ordre, le constat est là qu’il ne se passe pas un mois sans que des échauffourées entre partisans du RPG (du président Alpha Condé) et ceux de l’UFDG (Dallein) si ce n’est entre ces derniers et la police ne fassent des victimes.

Il y a un mois déjà, lors du retour de Cellou Dallein Diallo à Conakry après 3 mois d’absence, des rixes entre ses militants et la police faisaient un mort, des blessés et plusieurs interpellations.

En vérité, le plus grand chantier du chef de l’Etat sera de rassembler tous les Guinéens, de rendre réel le “vouloir vivre ensemble”, cher à Ernest Renan, pour former une Nation. Ce ne sera pas chose aisée, car le tissu social va en lambeaux et l’Etat s’est délité depuis des années.

En dépit des dénégations, Peulhs et Malinkés se regardent en chiens de faïence et cela déteint sur la gestion du pouvoir d’Etat. Il n’est pas rare d’entendre certains accuser le nouveau président de nommer aux postes de responsabilités des Malinkés, lesquels sont souvent accusés d’avoir été de mauvais gestionnaires ou des bourreaux du peuple (exemple : l’actuel ministre de l’Agriculture et le Médiateur de la République).

Si on ajoute les couacs entre le président de transition, Sékouba Konaté, et son successeur, il y a forcément un travail de réconciliation à faire, car ces soubresauts communautaires grippent in fine le mandat de Condé et réduisent toutes les actions à néant.

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