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Guinée: Comment Sékouba et Jean Marie Doré ont mis à terre l'économie guinéenne

 

 

Les décaissements de l’ancien président de la transition en Guinée, le général Sékouba Konaté, à l’Intendance militaire, s’élèvent à 22 milliards de Francs guinéens (2 milliards 200 millions de FCFA), a indiqué, mardi à la PANA, sous le sceau de l’anonymat, un officier supérieur, assurant que lui et ses collègues sont couverts actuellement du manteau de la honte. Les bons émis par l’ex-chef de la junte, souligne la même source, ont laissé pantois les officiers qui ont de la peine à se regarder droit dans les yeux «tellement le gâchis est énorme», surtout «qu’il n’a profité qu’au chef et à certains de ses proches».

«L’ancien président de la transition a offert des dizaines de 4x4 à des proches, de fortes sommes d’argent à d’autres, notamment les éléments de sa garde rapprochée -plus de 60- qui percevaient hebdomadairement chacun environ 1 million de Franc guinéen», confie la même source, ajoutant que Konaté était pressé de s’en aller parce que ne pouvant plus honorer ses engagements financiers.

Le général Konaté avait offert plus de 500 billets d’avion à de fidèles musulmans pour le dernier pèlerinage aux lieux saints de l’Islam qui ont coûté, selon une source proche de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), plus de 140 milliards de Francs guinéens.

La même source confirme la mise à l’écart de plus d’une quarantaine d’éléments de l’ancienne garde rapprochée du général Konaté qui ont été délogés des nouvelles maisons de fonction érigées sur l’ancien site du sinistre camp Boiro.

«Nous qui soutenions Konaté face à l’ex-patron de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, nous sommes plus que gênés avec ce scandale, rendu public récemment dans nos services et qui font honte à tous les patriotes», a-t-elle déclaré, ajoutant ne pas être en mesure de donner des détails chiffrés sur les décaissements effectués à la BCRG.

Le président Alpha Condé, qui recevait, dimanche dernier, les femmes, a révélé qu’il n’a trouvé que 400 dollars américains dans les caisses de la BCRG après son investiture en décembre dernier. Il a ajouté que les ministres s’étaient octroyés chacun 500 millions de Francs guinéens, deux parcelles prises sur le domaine de l’Etat.

«Les anciens ministres ont eu la malchance de voir le nouveau président s’installer quand les Toyota V8 commandées sont arrivées pour leur compte (…) Les véhicules ont été confisqués par le chef de l’Etat qui a peur de les remettre à ses ministres pour ne pas pousser les populations à la révolte», a souligné un ministre.  

L'ancien Premier ministre de la transition, Jean-Marie Doré, avait déclaré au cours d’une conférence de presse que le passage à la tête de l’Etat du capitaine Moussa Dadis Camara entre décembre 2008 et décembre 2009 avait coûté 4.000 milliards de Francs guinéens, fournis par la BCRG.

Plusieurs sources bien informées assurent que la présidence du général Konaté, entre janvier 2010 et décembre 2010, a coûté 6.000 milliards de Francs guinéens à la BCRG, dont le nouveau gouverneur, Loucény Nabé, a dit récemment qu’en fin 2009, l’Etat devait à son institution près de 4.000  milliards contre 6.600 milliards en fin 2010.

Il a estimé le taux de l’inflation à plus de 40 pour cent contre les 17 pour cent enregistrés quelques mois après la nomination à la Primature de Lansana Kouyaté. La dette extérieure s’élève à 3.000 milliards de dollars, soit 71 pour cent du Produit intérieur brut (PIB).

Un diplomate guinéen, résidant en Europe, en vacances actuellement au bercail, a affirmé à la PANA que lors de ses rencontres avec des membres du gouvernement dans son pays de résidence, il s’était rendu compte que «les responsables de la transition travaillaient pour leurs intérêts personnels».

Des rumeurs persistantes avaient circulé dans la capitale guinéenne sur l’arrivée au Port autonome de Conakry de «containers remplis de nouvelles coupures de billets de banque» qui auraient été acheminés au camp Alpha Yaya, Quartier général de la junte.

Un membre du nouveau gouvernement confirme que la situation est extrêmement difficile. «Nous avons hérité d’une situation désagréable, car la transition a coûté plus cher au pays en 24 mois que tout ce qui a été dépensé depuis l’accession du pays à l’indépendance en 1958», a-t-il affirmé.

Les nouvelles autorités sont privées d’une manne de 130 millions de dollars auprès des partenaires au développement depuis le putsch de 2008. Les réserves de change sont quasi-insignifiantes. Elles fondent beaucoup d'espoir sur les négociations, prévues en avril prochain à Washington, avec les bailleurs de fonds.

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