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Publié par Christophe Boisbouvier

 

 

 

En quelques jours, les violences ont fait huit morts dans la capitale guinéenne. En toile de fond : la préparation des élections législatives, sur lesquelles le pouvoir d'Alpha Condé et l'opposition ne parviennent pas à se mettre d'accord.

 

« Depuis la dernière manifestation de l'opposition à Conakry, le 27 février, une ligne rouge a été franchie. Huit personnes ont été tuées, dont un policier. Les forces de l'ordre font des expéditions punitives dans les quartiers de banlieue. Et maintenant, on attaque les gens parce qu'ils sont peuls ou malinkés », déplore Mamadou Aliou Barry, le président de l'Observatoire national des droits de l'homme. Le porte-parole du gouvernement, Damantang Albert Camara, a beau dire qu'il n'y a pas de violences à caractère ethnique, l'ancien président de la transition, le général Sékouba Konaté, exprime par communiqué « sa vive émotion après les affrontements intercommunautaires qui menacent la jeune démocratie guinéenne ».

À l'origine de cette crise, le bras de fer qui oppose, depuis la campagne présidentielle de 2010, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) d'Alpha Condé - très influent chez les Malinkés - et l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo, très bien implantée chez les Peuls.

 

"Mobilisons-nous pour chasser Waymark"


En novembre 2010, Alpha Condé a gagné l'élection (52,5 % au second tour), et Cellou Dalein Diallo rêve de prendre sa revanche aux législatives. Et comme dans la Côte d'Ivoire des années 2000, tout bloque sur le fichier électoral. Quel opérateur technique pour réviser ce fichier ? En avril 2011, le président a retenu Waymark. Comme cette société sud-africaine a été choisie sans appel d'offres, l'opposition n'a pas confiance. En septembre 2012, le chef de l'État a accepté un rééquilibrage de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), mais cela ne suffit pas. Et quand la Ceni a programmé les législatives pour le 12 mai, l'opposition est sortie de ses gonds. Le 27 février, elle a défilé sous la banderole « Mobilisons-nous pour chasser Waymark ».

 

 Alpha Condé acceptera-t-il de reculer sur cet opérateur ? « Je ne vois pas comment on pourra convaincre le président de revenir en arrière, car son amour-propre est aussi développé que celui de ses adversaires, glisse un diplomate en poste en Afrique de l'Ouest. En revanche, on peut mettre Waymark sous surveillance, c'est-à-dire installer un mécanisme de contrôle de son travail qui rassurera l'opposition. » L'idée serait d'obliger l'opérateur sud-africain à répondre à toutes les normes internationales, et de le flanquer d'un second opérateur muni d'un logiciel qui analyserait quotidiennement sa base de données. « Avec cette batterie de mesures, le système serait l'un des plus sécurisés d'Afrique », ajoute le diplomate.

Depuis dix jours, les violences menacent aussi l'économie du pays. Le 1er mars, Madina, le plus grand marché de Conakry, a été mis à sac. Le Groupe organisé des hommes d'affaires de Guinée (Goha) a lancé un cri d'alarme. Aujourd'hui, la France et l'Union européenne appellent à la retenue et au dialogue. Le Burkinabè Blaise Compaoré, l'Ivoirien Alassane Ouattara, le Nigérien Mahamadou Issoufou, le Sénégalais Macky Sall... Les chefs d'État de la sous-région multiplient les coups de fil à leurs vieux amis Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo, et aux anciens Premiers ministres Sidya Touré et Lansana Kouyaté.

 

De bonne source, chez les socialistes français, le débat commence à s'animer entre les inconditionnels d'Alpha Condé et ceux qui s'étonnent que les législatives prévues en 2011 n'aient toujours pas eu lieu. « La dernière fois que je l'ai eu au téléphone, j'ai senti Alpha plus réceptif à nos interrogations », confie l'un de ses vieux camarades. Tout le monde sait que le temps presse.

 

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