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Publié par Abdoulaye BARRO

 

 

En Guinée, la démocratie n’est vraiment pas une symphonie, mais une cacophonie achevée. Au départ, l’opposition guinéenne avait affiché sa volonté et sa détermination à participer aux prochaines élections législatives, une première dans les annales politiques de ce pays. Aujourd’hui, elle opère une volte-face politique « kafkaïenne », en appelant à leur boycott pur et simple. Et, elle menace de tout entreprendre pour empêcher la tenue de ces élections, maintes fois annoncées, et maintes fois reportées. En d’autres termes, enfermée, « ghettoïsée » dans des revendications radicales, et surtout en panne de stratégie crédible, l’opposition guinéenne a choisi de faire la politique de la chaise vide. Cette radicalisation politique soudaine installe la Guinée dans un imbroglio aux conséquences imprévisibles.

Et, ce ne sont pas les violentes manifestations d’avant-hier, et son lot de nombreux blessés, notamment au sein des forces de l’ordre, qui arrêteront ce qui ressemble fort à un tourbillon politique. Il y a de quoi être pessimiste. Au fond, l’opposition guinéenne n’a jamais réussi à digérer sa défaite électorale. Donc, elle refuse de jouer cartes sur table. Quant à l’actuel pouvoir guinéen, il doit tout faire pour ne pas céder à la tentation de pratiquer, contre l’opposition, un « terrorisme d’Etat ». Certes, le régime Condé n’apparaît pas encore tout à fait légitime aux yeux de bon nombre de Guinéens, surtout qu’il n’est pas le fruit d’un raz-de-marée électoral. Cela dit, ce régime existe ; il est internationalement reconnu et l’opposition guinéenne devra se résoudre à accepter cette évidence première. Alpha Condé de son côté, doit s’élever au-dessus de la mêlée, rassembler tout le peuple guinéen, et tracer une voie pour l’histoire. Il a un intérêt politique majeur à doter, rapidement, la Guinée d’un parlement issu d’élections libres, transparentes et crédibles.

 

Par conséquent, il doit rompre avec la politique du bras de fer, et rechercher, avec l’opposition, ce qui manque, en ce moment, à ce pays : le consensus politique. Si Condé échoue là, il ne devra pas s’étonner que les Guinéens deviennent de plus en plus sensibles aux critiques et attaques de ses détracteurs qui ne cessent de voir en lui un éternel opposant, incapable de se muer en véritable homme d’Etat. Ce qu’il faut craindre, c’est que la stratégie actuelle de l’opposition repose sur un non-dit politique, à savoir, provoquer, en dépit du bon sens, ce que nous nommerons « un printemps guinéen ». Une telle stratégie ne peut que conduire à la violence politique. Or, la violence « appelle » la violence, elle s’auto perpétue, sur fond de ressentiment, de vengeance, voire de haine. Jamais, ici plus qu’ailleurs, les mises en garde d’Hannah Arendt n’ont été aussi sérieuses et actuelles : « Le règne de la pure violence s’instaure quand le pouvoir commence à se perdre », mais « la violence peut détruire le pouvoir, elle est parfaitement incapable de le créer ».

Car, la Guinée d’aujourd’hui semble très vite passée de l’espoir de la démocratie à une violence sans retour. Les Guinéens doivent sortir de la glorification de l’absurde. Oui, l’humilité et la compassion font partie intégrante de la lutte et de la vie politique des nations. La classe politique guinéenne devra l’intégrer, au lieu d’en faire le lit de stratégies qui contribuent à institutionnaliser le mensonge, la duperie et le cynisme. Sans quoi, la devise de ce pays deviendra : « Méfie-toi de ton prochain comme de toi-même ».

N ‘ayons pas peur des mots : une guerre civile menace sérieusement la Guinée. Plus que jamais, une médiation est urgente et nécessaire. En attendant, la Guinée, cette nation de croyants, doit continuer à prier. Et qu’est-ce que la prière ? Juste un engagement absolu en faveur de la vérité et d’une refonte de la société guinéenne suivant les valeurs divines. Que Dieu libère, enfin, ce peuple, de ce désespoir politique qui l’immobilise !

 

© Le Pays

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