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GUINÉE: Difficile d'uriner à Conakry !

 

 

À Conakry, la capitale guinéenne, s'il vous arrive l'envie de vous mettre à l'aise dans l'un des grands marchés de la capitale à savoir Madina le plus grand centre commercial du pays situé dans la commune de Matam et le marché Niger situé à Kaloum, le centre des affaires, il faudra monnayer votre envie.

En effet, dans ses deux marchés, les latrines qui existent sont non seulement insuffisants mais se trouvent dans un état d'insalubrité totale et pire encore l'on est obligé de payer la somme de 500 GNF pour les utiliser. Un montant qui sert non seulement à acheter de l'eau mais aussi et surtout à payer les jeunes employés pour la propreté des locaux, selon Laye Keita gérant d'une toilette publique que nous avons rencontré à Madina: '' Pour utiliser notre toilette publique, il faut payer la somme de cinq cent francs Guinéen par passage. L'argent là, c'est pour nous permettre d'acheter de l'eau pour nettoyer ici, déposer la recette du patron par jour et payer les jeunes qui sont avec nous'' votre patron, c'est l'administrateur du marché? Non, nous répond t-il, avant d'ajouter: '' les toilettes publiques de Madina sont privatisées''. Vous déposez combien par jour chez le patron, après toutes les dépenses d'entretien ? ''Nous deposons entre 200 000 à 250 000 GNF '' répond t-il. Comment vous faites pour maintenir le lieu propre ? '' Chaque matin nous nettoyons les WC avec du savon en poudre appelé omo et une fois les WC sont remplis nous faisons appel aux camions vidangeurs pour venir les vider et nous le faisons deux fois par semaine, nous payons la somme de 500 000 GNF pour ça. Les difficultés que nous avons c'est que certains ne payent pas les locaux surtout ceux de l'administration''.

Après cet entretien, nous nous sommes approches d'un client qui vient de sortir des toilettes. Pour lui, les toilettes sont salles et ce, malgré l'effort du gérant pire, il trouve le prix cher juste pour se mettre à l'aise.

De là, nous nous sommes rendus chez un patron d'une toilette publique du marché Madina, ce dernier absent, son représentant accepta de répondre à certaines de nos questions. Concernant les mesures prises pour maintenir, les lieux propres et le prix, monsieur Souleymane Maniga est catégorique: '' Chez nous, nos toilettes sont de deux ordres, une partie pour les femmes et une autre pour les hommes. Les deux parties sont nettoyées toutes les soirées grâce à un forage qui se trouve dans nos locaux et deux travailleurs que nous payons pour ça. Pour le prix cinq cent franc, je ne trouve pas cher vu les dépenses que nous effectuons''.

Du marché Madina, direction le marché niger situé au centre ville dans la commune de Kaloum. Là, trois lieux servent de toilettes publiques, deux à l'intérieur du marché et le plus grand à l'extérieur. Au niveau de cette dernière, c'est l'odeur nauséabonde qui se dégage du lieu qui accueille le passant car, situé en plein carrefour d'une rue très fréquentée dans le quartier kolewondy. Un bâtiment qui abrite vingt quatre latrines gérées par Mamadou Barry. Concernant les mesures prises pour rendre le lieu propre Mamadou s'explique: '' Nous utilisons de l'eau, du graicine, du gaz oil de l'omo et autres''. Comment vous trouvez de l'eau ? C'est la société des eaux de Guinée (SEEG) qui nous fournie de l'eau par jour environs deux fûts de cent litres et moyennant une facture mensuelle qui varie entre 500 000 à 1000 000 GNF et nous faisons payer cinq cent francs par personne pour couvrir les dépenses. Interrogé, les nombreux clients qui fréquentent le lieu reconnaissent l'importance des latrines avant de déplorer: '' les lieux sont sales et le prix est cher pour nous, nous demandons au gouvernorat et à la commune de revoir cette situation avec les privées'' nous confit certains d'entre eux.

A signaler que, nos tentatives de rencontrer les autorités du gouvernorat et de la commune pour les mesures prises en vue de soulager les populations ont été vaines.

 

 

source: koaci.com

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