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Publié par guineepresse

 

 

Hier soir nous avons tenté de nous enquérir des nouvelles sur l’évolution de la situation en Guinée forestière parce que les autorités avaient été informées à tous les niveaux, tant à Beyla qu’à Nzérékoré.

Voici l’état des choses:

les bandes de Konias armés continuent de semer la terreur et la destruction sur des éleveurs peuls. Beaucoup de ces derniers se sont refugiés dans les villes où ils sont accueillis par d’autres Peuls douloureusement affectés par la situation. Ce qui risque fort de provoquer des tensions et transporter le conflit dans ces villes.

Le lundi 11 juillet, les éleveurs sont allés alerter les autorités préfectorales et communales de Nzérékoré et de Beyla pour que ces dernières interviennent pour arrêter les agressions. Les tentatives de régler socialement le conflit à travers les coordinations de sages a échoué, celle des Konias ayant déclaré qu’il n’y aura pas de négociation tant qu’un seul bœuf reste vivant dans la région.

La police et la gendarmerie ont été saisies. Aux Peuls, les autorités disent qu’elles ne peuvent pas envoyer des délégations sur les lieux par faute de carburant et de véhicules. Les victimes se chargent de tout et leur donnent deux véhicules carburés et frais de déplacement.

Le rendez-vous est pris pour ce vendredi: on bouge de Nzérékoré pour passer prendre ceux de Beyla et aller sur les lieux où continuent les crimes. Dès lundi soir, GuineePresse lance l’information. Entre temps, mercredi 13 juillet, RFI confirme les faits en donnant la parole au responsable des éleveurs et aux autorités locales qui reconnaissent la gravité des faits et le refus des Konias de négocier (Lire).

Hier jeudi, les autorités de Beyla, fief du RPG et des Konias, informent le groupe de Nzérékoré que ce n’est plus la peine de venir vendredi, le programme d’intervention est annulé, sans autre explication. Un agent de sécurité qui veut garder l’anonymat exprime ses regrets aux éleveurs en les informant que l’ordre d’annuler le programme d’intervention est venu de Conakry.

Nous rappelons qu’une délégation des Konias de la région avait été reçue par Alpha Condé le mercredi 6 juillet à Conakry, venue lui exprimer leur soutien à son programme et lui demander comment lui être utile.

Le vendredi 8 juillet, Alpha Condé qui a publiquement menacé de commencer à faire châtier les "saboteurs" de son "changement" commence sa campagne électorale pour les législatives en Basse Côte. Le même jour, des bandes de Konias de 6 villages du Mouana, armés de machettes et de fusils commencent leur guerre anti-peule par des éleveurs. Jusqu’à maintenant, le pouvoir refuse toute assistance aux victimes !

Dans une ville de la Haute Guinée, Banankoro, où vivent beaucoup de Konias et où le conseiller national Fama Damaro Camara (venu des USA et époux d’une peule) aurait créé son parti, il y aurait des tracts qui circulent demandant aux Peulhs qualifiés d’étrangers de quitter les lieux et de rentrer chez eux.

Le CNT, la société civile et les partis politiques ne semblent encore pas être informés de la situation.

S’il y avait eu des réactions fortes et conséquences politiques après les déclarations racistes et anti-peules d’Alhassane Condé et de Facinet Touré, tous deux proches du Président Alpha Condé, on n’aurait certainement pas assisté à ces drames aujourd’hui qui rendent une guerre civile ou du moins un génocide contre les Peuls (en effet, il n’y a de victimes que d’un côté) de plus en plus probable en Guinée. La faute n’est donc pas que d’Alpha Condé ou du RPG. Les institutions du pays et le CNT en tête, les partis politiques et les leaders de l’opposition qui n’ont pas joué leur rôle devant ces manquements graves aux fondements de la République ont leur part de lourde responsabilité dans ce qui arrive à la Guinée.

Le CNT et nos opposants sont capables de se mobiliser et faire appel au soutien du peuple quand le pouvoir menace leur intérêt direct ou de voler les élections, mais ils restent pratiquement indifférents quand le pouvoir tue ou laisse tuer le peuple (leurs électeurs) ! 

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