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Publié par bouba

Le retard dans la nomination du gouvernement de transition commence à envahir les médias, à faire « La Une » de plusieurs journaux et de la presse en ligne. Certains médias étrangers emboîtent le pas, se saisissent de la question et, de la sorte, donnent une certaine touche d’authenticité au phénomène.

En effet, ce gouvernement, que certains appellent indistinctement d’union nationale, bien que telle ne soit aucunement sa dénomination officielle, est attendu depuis un mois bientôt. Une sorte de trinôme est née de cette attente : des rumeurs mêlées d’impatience mais également à l’espoir qui est toujours là.

Le retard actuel rappelle étrangement la lenteur dans la composition du Gouvernement de Consensus en 2007. Cela avait valu, on s’en souvient à M. Lansana Kouyaté beaucoup de critiques et sapé la crédibilité de son action avant même l’entrée en fonction de son gouvernement. A l’époque, j’avais écrit un article intitulé « Pourquoi faut- il laisser les coudées franches au Premier Ministre Lansana Kouyaté ? » Le but étant de calmer tant soit peu les critiques. Mais, le mal était fait.

C’est le même scénario que nous vivons actuellement à une différence près : le contexte n’est pas identique. A l’époque, il y avait un frein évident et des obstacles majeurs sur lesquels il n’est pas besoin de revenir. Le premier d’entre- eux étant le Président de la République d’alors.

Contrairement à M. Kouyaté, le Premier Ministre Jean- Marie Doré bénéficie d’un triple soutien : celui du Président de la République, le Général Sékouba Konaté qui a fixé la durée de la transition, des Forces Vives qui l’ont désigné et du peuple de Guinée.
En dépit de cette donne politique et sociale, le gouvernement se fait attendre. En l’absence d’explication : voir mon article « Les premiers pas de la transition » chacun tente sa réponse. Cela produit l’effet que nous connaissons actuellement : les rumeurs et leurs conséquences. Pourtant, tout homme public devrait les éviter car elles ternissent l’image, entament la crédibilité, sèment le discrédit et affaiblissent à tout point de vue la victime.
La rumeur a des effets psychologiques qui influencent très fortement l’opinion publique. En effet : « Nouvelle sans certitude qui se répand de bouche à oreille, avec toutes les déformations introduites par chaque individu, la rumeur se déforme dans les relais et (...) son contenu s'appauvrit. Mais certains éléments sont sélectionnés et accentués, la distorsion s'opère (au fil des jours ou du temps) dans le sens des intérêts, des sentiments et des opinions de ceux qui les transmettent. »

Cette approche de Louis Marie Morfaux montre tout l’intérêt qu’a le Premier Ministre à accélérer la formation de son gouvernement pour mettre fin à la suspicion et au climat délétère qui risque d’en résulter.

Il ya des solutions pour éviter que l’actualité politique de notre pays soit dominée par ces : « Il paraît ; j’ai oui- dire ; il semblerait que. » Bref, tous ces arguments qui alimentent le quotidien et sèment le doute au sein de populations qui ont besoin d’être assurées. L’année écoulée avec ses tragédies qui justifient la méfiance vis- à- vis de la politique et de ses acteurs n’autorise plus aucune lenteur ni hésitation.

M. Jean Marie Doré devrait sortir de son silence et de la langue de bois jusque- là en cours pour dire exactement les motivations du retard dans la formation de son équipe. Le silence et le langage approximatif entretiennent la rumeur. Ils montrent en même temps la limite du discours conventionnel sans effets concrets.
Face à cette réalité, à l’impact de la rumeur, le Premier Ministre est la seule personne sujette aux « ont- dit » qui risquent de se transformer en mauvaises casseroles. Si l’on veut, en calomnies.

Il suffit de lire la presse écrite et certains sites web pour voir que le pas est en train d’être franchi qui conduirait à l’effritement du capital de confiance du nouveau Premier Ministre. On parle de marchandage de postes ; de départements qui seraient la chasse- gardée de la primature ; de tels protégés (ou préférés à) que tel leader politique ou le CNDD voudrait imposer. Je me passe des rumeurs de retour d’anciens caciques et corrompus de tout bord. Il faut mettre fin à tout cela par l’explication !

La solution qui s’impose est unique : nommer le gouvernement au plus vite ou expliquer le retard. Si le peuple est informé, il est enclin à comprendre. Au cas contraire, il se contente de ce qu’il entend ou lit. Que cela soit fondé ou non ne le préoccupe que très peu.

En effet, à notre époque, l’esprit a besoin de se nourrir d’information. Paradoxalement, l’information indigeste se consomme plus facilement en ce sens qu’elle ne se préoccupe point d’éthique ni de déontologie. Sa saveur est dans la déformation des faits et leur grossissement.
Il est évident que la persistance des rumeurs se fait de plus en plus sentir chez nous. L’impatience commence à germer au sein des populations. En tout cas, chez le Guinéen moyen qui, à force d’entendre tout et son contraire, se questionne légitimement.
Les promesses non tenues du CNDD au lendemain de sa prise du pouvoir expliquent largement cet état de fait. La bonne foi ne suffit plus au peuple. Il demande du concret. Le Premier Ministre, mais aussi les Forces Vives devraient, à mon sens, intégrer cette réalité.
Une telle démarche est d’autant plus utile que les Guinéens et la communauté internationale connaissent les prédispositions (affichées) du Général Sékouba à aller très vite aux élections. En tout cas, personne ne peut remettre en cause la volonté du Konaté. Du moins, pour le moment. Ainsi, tout retard, tout atermoiement sera imputable à M. Jean- Marie Doré. Et par ricochet aux forces Vives.

Je veux dire : « tout faux pas dans le processus de transition risque d’entraîner une accumulation d’erreurs que le peuple n’est pas prêt d’accepter. Le cas de Moussa Dadis en donne, hélas, éloquemment la leçon. Désormais, il est évident que face à un peuple qui montre de patience et qui, par la faute de ses dirigeants perd cette confiance, il n’ ya pas de place à l’attente interminable. »

Le premier Ministre et les Forces Vives, l’un plus que les seconds peut- être, doit mettre à profit l’espoir qui a commencé de naître après le 15 janvier 2010 et ne jamais perdre de vue que ce n’est encore qu’un mince espoir. Chacun de son côté devra le fortifier. Au cas échéant, ils sont tous perdants parce qu’un peuple qui a défini les contours, le but et les finalités de son existence est toujours gagnant.

Je crois que l’homme politique qui aura compris cette assertion ne fera pas trop attendre ni ne tentera de jongler avec cet espoir. Au cas contraire, il risque fort bien de se retrouver avec un cerceau étrangleur.

Je réitère qu’il est encore grand temps d’agir. Notre peuple continue d’espérer et espère encore en ses représentants. Il faudrait savoir que Sékouba a fait le plus important : Les accords de Ouaga, la nomination du Premier Ministre de Transition et de l’équipe dirigeante du Conseil National de la Transition (CNT).

A Jean- Marie Doré et ses coéquipiers des Forces Vives de nous présenter au plus tôt un gouvernement crédible et limpide. C’est- à- dire aux mains propres. A eux d’agir avant que le peuple ne les bouscule et les intime de le faire.

En tout cas, tu ne peux pas épouser une femme et continuer d’être l’ami de son amant ou de son ex- mari. Au cas contraire, dits toi « de femme, je n’en ai pas !» Plus clairement, le peuple ne peut accepter du Dadis après Dadis.

Espérons que le gouvernement Jean- Marie Doré est pour demain au sens du jour qui succède la veille et non plus au sens du long terme.

Lamarana Petty Diallo
lamaranapetty@yahoo.fr

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