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Publié par san finna

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Il n'y a pas que l'opinion nationale qui a quasiment déjà tourné la page de l'élection présidentielle du 21 novembre 2010. Quand dans les médias internationaux, on fait état des grandes élections à venir, c'est généralement la Guinée, la Côte d'Ivoire, Madagascar, qui font l'évènement. C'est vrai que dans ces pays, il y a des problèmes qui rendent plus ou moins problématiques les scrutins mais tout de même !

Avez-vous remarqué comment Alain Yoda à Paris a plus que défloré les termes de l'accord non encore signé de Ouagadougou et dans quels termes Bernard Kouchner a parlé de Blaise Compaoré à l'occasion de cette virée officielle de son collègue burkinabé ? Purée ! Quel cirage de pompes ! Même « Le petit cireur de Broadway » chanté avec émerveillement par Yves Montand n'aurait pas mieux fait ! Le chef de la diplomatie française n'a pas lésiné sur les superlatifs pour qualifier ce « sage » d'Afrique à l'omniscience avérée et sans lequel le continent serait en difficulté, et la Guinée en particulier, plongée dans le chaos.

Si c'est un petit coup d'Assimi Kouanda qui a trouvé en la personne de Bernard Kouchner un Directeur de campagne France, alors là chapeau bas ! Il aurait commencé à prouver aux ronchons et autres mal pensants de sa famille politique que même sans être de la cavalerie visible et bruyante, il ne manque ni de «peps », ni d'imagination. Mais revisitons ces propos louangeurs du cajoleur « French Doctor » qui, décidément, aurait fait sensation dans la Cour du grand Moussa Kankan. Ca vaut le détour : ' ...

Aucune avancée du processus démocratique n'aurait été possible en Guinée sans l'intervention du président burkinabé, Blaise Compaoré' 'Au regard de la situation qui prévalait en Guinée, rien, absolument rien n'aurait été possible sans l'intervention et la sagesse du président Compaoré ; je tiens à lui rendre hommage au nom du président Sarkozy et du peuple français "C'est encore une fois un geste incomparable et une contribution inestimable du président Compaoré pour la paix et la stabilité de la Guinée, voire de l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest. Je me réjouis de cette initiative de réunir les deux candidats au second tour ; c'est un nouvel acte de sagesse'.

Si après cette « prise », ce «shoot », Blaise Compaoré n'est pas catapulté avec des ailes pour un grand voyage dans un nuage, on se demande ce qui pourrait bien encore lui chatouiller l' « ego », le faire décoller.

Mais il faut dire que depuis l'annonce de la « visite officielle » d'Alain Yoda en France et du point de presse annoncé avec Bernard Kouchner en boucle par les médias internationaux, on se doutait bien qu'on nous préparait la grande extase. Ca n'a pas manqué !

Franchement, on ne peut pas faire les mijaurées devant ce Protocole d'entente que Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé viennent de signer à Ouaga (à lire en Encadré). Tout ce qui peut aider à la tenue du second tour dans de bonnes conditions et éviter surtout des affrontements à son issue est à encourager. Allez, reconnaissons même au lièvre Facilitateur d'avoir de grandes oreilles ! Mais n'en a-t-on pas trop fait avec une telle scénarisation ?

C'est en tout cas ce qu'on pouvait déjà déduire des propos prêtés à Cellou Dalein Diallo par le Site www.guineeconakry.info du 2 septembre dernier, suite à une interview : «Interrogé hier dans le grand journal de la télévision nationale guinéenne, le leader de l'UFDG, Cellou Dalein Diallo, a avoué qu'il ne connaissait vraiment pas l'objet de son invitation à Ouaga, par le président du Faso, Blaise Compaoré, avant de clôturer son propos, en disant que ce doit être certainement autour des prochaines élections». Le candidat le mieux placé ajoutait cependant qu'il se rendrait à Ouagadougou. Curieux tout de même ! Si lui, qui venait tout juste d'effectuer un voyage au pays des hommes intègres n'est pas au courant (bien que convié en tant que grand acteur de la « représentation »), alors on peut extrapoler.

Soit il a parlé comme le polisson convoqué par le père, avec l'anxiété au ventre de devoir se faire tirer l'oreille pour quelque diablerie, soit il a estimé que la convocation hautement médiatisée visait au fond d'autres objectifs que la situation guinéenne. En tout cas, il ne pouvait pas mieux ironiser ! Et de fait, des questions, on s'en pose après la lecture du protocole qui pour beaucoup, ne casse pas des briques, ni dans la forme, ni dans le fond.

D'abord, on a été gratifié d'un papier tout à fait « light », ignorant que le diable est toujours dans les détails.

Ensuite, à le lire, on s'interroge sur l'utilité, les capacités réelles du Général Sékouba Konaté. Faut-il qu'il soit promu à une telle « statufication » dans l'Histoire alors qu'il se trouve incapable de dénouer sur le sol guinéen, cette simple entente autour d'un code d'honneur pour le second tour ? Un coup, il menace de démissionner, un coup, il prend son avion et décampe sinon pour Ouaga, pour Rabat. Ca ne ressemble pas à « El Tigre », ça ! S'est-il déjà garanti une autre vie ?

Bien vrai que la situation entre les deux tours a été chauffée à blanc (à dessein, diront les mal-pensants), faisant croire que le deuxième round serait celui de tous les dangers et que même, le Facilitateur était à bout d'arguments et de pressions pour amener les deux protagonistes à une amiable composition. Mais encore aurait-il fallu que le contenu du Protocole porte témoignage des trésors d'imagination et de persuasion employés pour finalement amener à sa conclusion à l'arrachée.

Et c'est là qu'on se rend compte que la montagne a plutôt accouché d'une souris. Pas de propositions montrant qu'on a vraiment sué sang et eau à Kossyam. Les deux candidats sont simplement venus demander à l'Armée guinéenne de rester armes au pied après les élections. Ils ont fait le voyage de Ouagadougou pour promettre qu'ils vont mener une campagne civilisée, qu'ils vont dire à leurs partisans respectifs d'éviter d'avoir la main sur la gâchette, qu'ils promettent juré/craché d'accepter les résultats, et pour toute contestation, de s'en remettre à ceux prévus par la loi. Où sont passées les revendications relatives à l'audit du fichier électoral, au redressement de la CENI ? Qu'a-t-on fait des instructions données à des électeurs de ne signer aucun document, ni procès-verbaux défavorables à leur candidat ?... Non, tout ça, c'est passé à la trappe !

Finalement, on a beau retourner la chose de tous les côtés (à moins, ce qui est aussi possible, qu'il y ait des accords secrets), il s'agit ni plus ni moins que d'une espèce d'amuse-gueule, d' « apéro » servi à Blaise Compaoré pour lui donner quelque fard et ouvrir les appétits avant la campagne. Ca peut sentir le bidouillé mais c'est aussi là une des conséquences de cette démocratie d'opinion dans laquelle nous sommes entrés de plain-pied. Et l'on peut comprendre que devant une compétition aussi pliée que celle qui nous attend et insipide comme Dieu pas possible, on essaye de l'entourer de quelques guirlandes. En l'espèce, à s'en tenir aux faits, ces démonstrations font l'évènement et contribuent à auréoler le président Compaoré d'un surplus de prestige international. Il n'est qu'à voir comment l'accord a été célébré avec des banderoles, des youyous à l'arrivée des finalistes pour s'en convaincre ! C'est par là qu'on essaiera aussi de relever le goût de la campagne sinon d'étouffer les colères qui sourdent au sujet de l'article 37 ! Voyons même plus loin ! Ca pourrait aussi au final, constituer une pièce à décharge de plus dans le jugement de l'Histoire et prouver que si Blaise Compaoré a pu fauter, il se sera bien racheté.

SPECIAL COCKTAIL FLASH SUR LA SITUATION EN GUINEE

* La Guinée est-elle sortie de l'auberge ? Rien n'est moins sûr. Lisez d'abord cet extrait d'une interview accordée par Cellou Dalein Diallo à LIBERATION, publiée le 26 août 2010 : « Le général Sékouba Konaté a beaucoup d'autorité. Il s'est engagé à organiser des élections libres et transparentes. Il faudra qu'il prenne des dispositions pour faire accepter les résultats à ceux qui seront vaincus. Le perdant risque de semer le désordre, pour que l'armée reprenne le pouvoir... ».

* L'organe de presse AMINATA révèle que le torchon brûlerait entre Général d'armées Sékouba Konaté, et son Chef d'Etat Major des Armées, le Général de brigade Nouhou Thiam. El Tigre se serait rendu compte de toutes les erreurs dans lesquelles le Général Thiam voulait l'induire en inventant des tentatives de complot contre lui. Il aurait eu une grosse colère, crachant sur lui devant témoins, toujours selon AMINATA. Pourtant, il aurait été l'homme qu'El Tigre avait préparé « au cas où les civils ne se mettraient pas d'accord sur le futur Président ».

* Tout le monde se pose aussi cette question : mais pourquoi Sékouba Konaté n'a qu'une envie : quitter son pays au plus vite ? S'il aime la Guinée comme on imagine qu'il devrait l'aimer, il ne devrait pas être impatient de partir pour résider à l'étranger. De quoi a-t-il peur pour vouloir abandonner le navire sans s'assurer auparavant qu'il l'a bien amarré? Est-il vraiment malade (un de ses ministres vient justement de dire à l'AFP qu'il était attendu à Casablanca pour un 'petit séjour médical') et là on pourrait comprendre ?

* On murmure que finalement, El Tigre n'ira pas prendre sa retraite au Maroc mais aux USA où il va se rendre, selon notre confrère Jeune Afrique, puisqu'ayant obtenu une invitation d'Obama et un visa de 3 ans avec multiples entrées.

* Sékou Souapé Kourouma, ancien responsable du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) d'Alpha Condé, qui aurait été empêché de quitter le territoire, met cela sur le dos du candidat mal placé du second tour. Il accuse ni plus ni moins Alpha Condé d'avoir un "passé sombre », affirme qu'il a "pris une part active" dans les attaques rebelles contre la Guinée entre 2000 et 2002, auprès de l'ancien président libérien Charles Taylor, actuellement jugé à La Haye !

* Si l'on se souvient bien, Dadis Camara, détourné du Maroc au Burkina Faso en raison de maladie, n'avait fait que déléguer la présidence de la Junte à Sékouba Konaté alors que lui restait bel et bien, le président en titre. Mais avec le temps, il s'est opéré comme une mutation qui fait qu'on ne parle plus de Dadis Camara comme le président de la Junte et que Sékouba Konaté est quasiment traité comme un président à part entière. De là à dire que le Capitaine a été victime d'un coup d'Etat qui n'en a pas l'air, il y a pas loin. Mais alors, quels sont les auteurs de ce putsch ?

* Au fond, si Sékouba Konaté est toujours un président intérimaire, aura-t-il droit à tous les avantages liés à la fonction présidentielle lorsqu'il quittera le pouvoir ? Bien malin qui pourrait l'affirmer !

* Au micro de RFI, voici quelques propos du ministre d'Etat Bedouma Alain Yoda sur le second tour guinéen à l'occasion de sa sortie en France : "Le Président Konaté a demandé au Président Compaoré, dans quelle mesure, il pourrait leur indiquer le rôle historique qu'ils sont en train de jouer et leur dire que chacun a ses chances mais il faut chacun s'attende à ne pas être élu...Et que les deux candidats se mettent d'accord pour mener une campagne très civilisée en tenant compte des problèmes communautaires qui existent".

* « Je suis confiant, je sais qu'il n'y a aucun risque pour moi de perdre ce second tour", dixit Cellou Diallo, interrogé par l'AFP, qui ajoute : "J'ai réalisé une performance de 44% des voix, j'ai conclu des alliances avec des partis qui ont réalisé au total 18%. Je pense que (...) j'ai toutes les chances de l'emporter et de manière éclatante". Pas tout à fait le même point de vue que le Président Konaté qui affirme que les candidats ont toutes leurs chances ! A moins que ce dernier ait été sur le coup, plus diplomate que militaire.

* Oui, la Guinée aujourd'hui, ce n'est pas un long fleuve tranquille. Alors, on croise fort les doigts car le peuple y a vraiment droit, à ce régime qui panserait les plaies et qui permettrait le décollage économique du pays !

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