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La Guinée nouvelle

Guinée : Stabilité d’abord, élections ensuite.

Pendant que notre pays est entrain de se remettre d’une des crises politiques des plus graves de son histoire, des questions se posent et de grands inconnus nous attendent. Il est loisible de se réjouir du dénouement actuel. Un Président intérimaire apparemment éclairé, un gouvernement d’ouverture dirigé par un véritable connaisseur de la politique nationale, qui peut se targuer d’une somme d’expériences qui peuvent lui être très utiles dans sa fonction de Premier ministre, il s’agit bien de Jean Marie Doré.
 
Il faut reconnaître la lucidité de l’homme face aux grands événements de notre pays. A part quelques gaffes ou des vérités qui, souvent sont des non dits, du genre : « L’opposition guinéenne est la plus bête du monde ». Hors mis ce type de lapsus, s’il faut le dire ainsi, Doré semble être un bon choix. Il peut à notre sens conduire une transition à terme. Nul doute que le tandem, le général Sekouba, Jean Marie Doré peut être peut nous mener à bon port.

Cependant, il faut peut être prendre en considération un certain nombre de facteurs sans lesquels cette transition ne sera que peine perdue et une perde de temps et d’énergies pour rien. L’anarchie qu’engendrent les partis dans des situations politiques précaires aboutit souvent au retour d’un Napoléon du type Idi Amin Dada. Un tel scénario est absolument à éviter.

 
La question que nous devons nous poser maintenant, est de savoir si pour le moment, dans la situation actuelle, nous avons vraiment besoins d’élections en six mois, ou dans un autre sens, si notre pays qui souffre d’une instabilité chronique, qui biaise tout effort de régulation politique et économique et sociale, devrait chercher coûte que coûte la stabilité politique d’abord en suite s’engager vers une vraie démocratie. A ce moment, nous aurions renforcé les capacités institutionnelles de nos institutions républicaines.
 
Tout esprit rationnel conviendrait avec nous que six mois de transition est simplement impossible et juste une aberration : Le pays n’est pas structurellement prêt ; aucune institution locale ne fonctionne, pas de CENI ou ce qu’il en reste, la commission transitoire dont s’il sera question aura notoirement besoin de temps pour se structurer pour être fonctionnelle.

La question de restructuration de notre Armée Nationale est primordiale, il est de notoriété publique que cette armée est bien le problème de ce pays, il faut le souligner. Il s’agit-la d’une épine dans nos pieds. Une armée affreuse formée d’éléments indisciplinés qui n’a cure de la hiérarchie, en fait, qui ignore tout ce que pourrait être une Armée Nationale ou Républicaine. L’une des taches les plus ardues auxquelles le général Sékouba Konaté aura faire, consistera en la modernisation de cette armée, c'est-à-dire restaurer la discipline, appuyer la formation et revoir catégoriquement le mode de recrutement etc.…

 
L’autre question et non la moindre, est de savoir si nos partis pressés pour aller aux élections, sont-il vraiment prêts, sont-il eux –mêmes suffisamment préparer pour participer aux élections dans six mois ? Nous en doutons. Ces partis qui sont les moins démocratiques au monde, sont des regroupements ethniques et régionaux à quelques exceptions. Leurs discours n’ont pas changé depuis les années 90. Les leaders ne font aucun effort pour ressembler les guinéens, d’ailleurs ils font tout pour nous diviser davantage.
 
 L’électorat de chacun étant les membres de son ethnie. Jamais, de mémoire de guinéens, il n’y a eu une quelconque tentative d’alliance entre ces partis pour parer à l’ethnocratie ou à l’ethnicité politique du pays. La manipulation ethnique est la stratégie qui est la mode dans pays.
 
Ce n’est ni Alpha Condé ou Dalein Diallo qui diront le contraire. Voici que face à tous ces problèmes, un gouvernement de transition jouissant d’une légitimé consensuelle aura besoin de temps pour faire avancer notre pays vers une stabilité réelle qui nous amènerait vers une démocratie plutôt que la préparation d’hypothétiques élections avec des partis plutôt ethniques que démocratiques. Il ne faut pas sacrifier la stabilité du pays à des élections précipitées et mal conçues.

Mohamed Kaba
Historien KGNU broacating
Denver Colorado USA
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Amadou S. Diallo 07/05/2013 21:14


On ne peut dire mieux !