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Publié par sabine cessou

http://africa.blogs.liberation.fr/.a/6a0128774b8ce0970c0134854b6b19970c-piLe général Sékouba Konaté, l'homme fort de la Guinée, s'est encore fâché rouge, mardi dernier. Il a convoqué les principaux chefs de partis guinéens et les a menacés de démissionner, comme il l'avait déjà fait début janvier à Ouagadougou, pour convaincre son prédécesseur, le capitaine Moussa Dadis Camara, de le laisser rendre le pouvoir aux civils. Six mois et une élection plus tard, ce sont les civils que Konaté a voulu mettre, cette fois, face à leurs responsabilités.

En jeu, le bon déroulement de la transition démocratique en cours, un tournant historique après les longues années de dictature d'obédience communiste de Sékou Touré (1958-1984), puis les  régimes militaires de Lansana Conté (1984-2008) et de Moussa Dadis Camara (2008-2009). Le premier tour du scrutin présidentiel, le 27 juin, a donné lieu à d'immenses espoirs, dans la mesure où les élections se sont bien déroulées. Le vote a aussi - et c'est une moins bonne nouvelle - déclenché d'intenses tractations, entre chefs de partis politiques.

Ces hommes, qui représentent la relève et l'avenir, ont cru bon de discuter, sans attendre les résultats du scrutin, de savoir qui devait être en lice au second tour de la présidentielle, prévu pour le 18 juillet. Cellou Dalein Diallo, ancien Premier ministre de Lansana Conté et grand favori, a protesté le premier contre des bourrages d'urnes. Il se place pourtant en tête, avec 39,7 % des suffrages (l'équivalent de la part de la population peule, l'ethnie à laquelle il appartient). Il est suivi par l'opposant historique Alpha Condé, d'ethnie malinké, crédité de 20,6 % des voix.

Après l'annonce des résultats, le 2 juillet, l'un des principaux candidats, Sydia Touré, un autre ancien Premier ministre de Lansana Conté, populaire dans la capitale pour avoir apporté l'eau et l'électricité aux habitants de Conakry, a été donné troisième avec 15,5 % des voix. Issu de l'ethnie Diakanké, minoritaire, Sydia Touré a été pénalisé par le vote à forte dominante ethnique qui s'est joué en Guinée, mais aussi, vraisemblablement, par les tractations qui se sont jouées entre le vote et l'annonce des résultats. Il a fait savoir qu'il n'était pas d'accord pour être exclu du second tour, et dénoncé des irrégularités.

«Si Sydia Touré était arrivé au second tour, le report sur lui des voix d'Alpha Condé aurait été très défavorable à notre candidat», explique de son côté un parent de Cellou Dalein Diallo. Un commentaire qui sonne comme un aveu, mais qui révèle aussi la nature des enjeux : les Peuls, qui n'ont jamais exercé le pouvoir en Guinée, estiment que leur tour est arrivé. Beaucoup, dans l'entourage de Cellou Dalein Diallo, sont persuadés «qu'ils» feront tout pour empêcher l'avènement des Peuls au pouvoir – ce «ils» recouvrant les anciens ministres, généraux, préfets et tenants du pouvoir d'autres origines ethniques. Décidément, la démocratie paraît bien mal partie, en Guinée.

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