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La Guinée nouvelle

Guinée: Un cheminement sans accroc

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Comme un fleuve suivant tranquillement son cours, la transition guinéenne se dirige lentement mais sûrement vers le bon port. Le général Sékouba Konaté, président intérimaire venu à la rescousse du capitaine malade Dadis Camara dont le navire tanguait, n'a jamais raté l'occasion de fournir la preuve de sa maîtrise du gouvernail politique de son pays.


Après avoir fixé par décret la date de la présidentielle au 27 juin prochain, promulgué par la même voie la Constitution, le président de la Guinée Conakry a fixé la période de la campagne électorale, n'en déplaise à ceux qui voyaient en la tenue préalable d'un référendum un indicateur indispensable de la qualité du texte fondamental. Du 17 mai au 26 juin 2010 donc, les candidats à la magistrature suprême guinéenne iront à la conquête des voix de leurs compatriotes. Et, cerise sur le gâteau, le vote des Guinéens de l'étranger n'est plus une vue de l'esprit et ne souffre plus d'aucune supputation. Car, dans son décret, c'est tout le corps électoral, c'est-à-dire les électeurs des circonscriptions électorales du pays et des dix-huit représentations diplomatiques et consulaires, que le général président a convoqué aux urnes.

 

Le patriotisme du général Konaté, en plus de trancher avec les esprits roublards et calculateurs de ces mauvais exemples, réhabilite le militaire africain en général. En effet, nombre d'hommes en treillis, qui ont avancé le nécessaire assainissement de la gestion de la chose publique comme alibi pour prendre le pouvoir par les armes, ne se hâtent point de faire le ménage promis. Et avant même qu'ils aient fini de balayer la maison, ils s'empressent d'y emménager, soit en troquant leur tenue contre la veste, soit en remettant en permanence aux calendes grecques le passage du témoin. Si l'homme fort de Conakry arrivait à se comporter comme un vrai général de troupe jusqu'à la fin de la transition, il s'offrirait ainsi plusieurs opportunités en plus de l'honneur qu'il aura fait à sa personne et à son pays. A défaut de revenir sur la scène politique comme Amadou Toumani Touré, le président malien, il pourra enseigner à bien de ses frères africains sa sagesse, son pragmatisme et sa dignité par le biais d'une instance internationale qui ne manquera pas de le solliciter un jour. Et une telle considération, il l'aura bien méritée après une transition menée avec doigté et sans accroc majeur.

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