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Guinée: Une française raconte son expérience

Lors de son service civique en Guinée, Émilie a été hébergée dans des familles. Photo DR

Habitante de Montchanin, Émilie Beugnet fait partie des 150 lauréats du nouvel Institut du service civique. Elle témoigne avec passion de son expérience en Guinée.

 

Émilie Beugnet, 27 ans, se décrit comme quelqu’un qui a un peu « la bougeotte ». Après avoir travaillé plusieurs années dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, elle était en 2010 à la recherche d’un emploi lorsqu’elle s’est vue suggérer par sa mission locale une expérience à l’étranger, par le biais du service civique. « J’avais déjà fait un voyage au Sénégal dix ans avant. J’ai alors trouvé un projet en Guinée qui m’a tout de suite donné envie de m’engager. Il s’agissait du premier projet mené à l’étranger dans le cadre du service civique », explique cette jeune femme originaire de la région nantaise.

De 16 à 26 ans

Au sein d’une équipe de d’une dizaine de personnes sélectionnées sur leurs motivations et âgées de 16 à 26 ans, Émilie apprend à fabriquer des tuiles en terre crue mais aussi des toilettes sèches en vue de participer à la construction d’un local intergénérationnel dans le petit village de Mambya, près de Kindia. « Pendant les huit mois précédant le départ, nous avons été hébergés au centre socioculturel de la Manau pour travailler sur l’autofinancement de l’opération. L’association Guinée 44 est venue nous préparer et nous conseiller », précise Émilie.

Sous le nom de « Aventure solidaire ici et Ailleurs », le petit groupe en service civique arrive en avril 2011 en Guinée pour une durée d’un mois, avec un accueil si chaleureux qu’Émilie se souviendra sûrement très longtemps de cet instant. « C’était inattendu. Tout le village était là pour nous. Il y avait des musiciens, des notables. Ce n’est pas en France qu’on nous aurait accueillis comme ça… J’ai été impressionnée. » Émilie passe alors deux semaines à Mambia pour fabriquer des briques, puis deux semaines à Kindia pour rencontrer de nombreuses associations sportives, culturelles ou environnementales. « On a fait l’ascension du mont Gangan, visité le studio d’enregistrement Bouyan Bouyan Style monté par une association de la Roche-sur-Yon, un an auparavant. »

Expérience humaine

Hébergée dans des familles de la région, Émilie vit des moments inoubliables. « Il y avait des enfants partout. Sans parler la même langue, on s’est tout de suite compris. On a fait la fête, parlé et chanté. J’ai appris la langue sousou. Il y a un mot là-bas, « wontanara » qui veut dire « on est tous ensemble », qui désigne l’unité, qui rapproche les gens et qui veut dire « on est tous ensemble ». On se le disait sans arrêt ! ».

Apprendre sur soi

C’est au sein de son équipe et au contact de la population qu’Émilie estime aujourd’hui avoir le plus appris, y compris sur elle-même. Une expérience qui a profondément changé sa perception de la vie, et qu’elle aimerait témoigner dans les lycées et collèges afin de promouvoir un dispositif encore trop peu connu. « Avec le service civique, on apprend qui on est, on fait des choses qu’on ne se soupçonnait pas capable de faire. À donner, on reçoit beaucoup. On en tire une grande satisfaction. Les jeunes diplômés cherchent immédiatement un travail alors qu’ils peuvent prendre une année pour se connaître, regarder autour d’eux, se rendre utile et faire bouger les choses. C’est une passerelle entre les études et la vie active, qui permet parfois de confirmer son projet de vie. »

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