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Publié par bouba

http://www.courrierinternational.com/files/imagecache/article/illustrations/article/2009/10/guinee_b.jpgLa situation en Guinée est plus que préoccupante. Les ressortissants de ce pays continuent à affluer au Sénégal où ils sont maintenant plus de deux millions, selon les estimations. Nos liens géographiques, historiques et humains pour ne pas humanitaires avec ce pays frère m'incite à prendre la plume pour aborder un axe de la problématique de son instabilité que beaucoup d'analystes minimisent.

 
En effet, selon les rapports d'experts, le pays est riche en diamants, or, etc. mais surtout en bauxite  Comme quoi, la bauxite apparaît comme la principale ressource minière actuelle et constitue la principale source de devises pour le pays (80 % des recettes annuelles en devises). Le potentiel bauxitique de la Guinée est estimé à plus de 25 milliards de tonnes dont 12 milliards en réserves possibles soit les 2/3 des réserves mondiales de bauxite. La Guinée possède en terme de qualité les meilleurs gisements de bauxite au monde et se classe deuxième producteur mondial de bauxite, intervient pour près de 40 % du commerce mondial de la bauxite avec des exportations moyennes annuelles de l'ordre de 14 millions de tonnes. Et vous savez, cette réalité est connue de la plupart des fils de Guinée et des pays étrangers qui interviennent en Guinée. Mais, elle est surtout ressentie avec beaucoup de convoitise par ceux qui comme la France ancienne puissance coloniale et la Chine.


 Donc, dans un premier temps, c'est une situation qui a poussé les fils de la Guinée, à chercher vaille que vaille à maîtriser les centres de pouvoirs décisionnels. Dans un pays où la corruption règne en maître, où la pauvreté est le lot quotidien, militaires et civils ne rêvent qu'à une chose : maîtriser le pouvoir pour accéder aux ressources. Rien alors d'étonnant, si le capitaine de la junte Dadis Camara avait promis de rendre le pouvoir avant de se rétracter à 9o degré pour essayer de le conserver. L'enjeu est énorme.


D'ailleurs, le Général Konaté qui assure l'intérim a lui aussi promis de mettre en place un Gouvernement de transition. Mais, je doute, pour le moment, que les militaires s'écartent carrément du pouvoir.  Et dans un second temps, certains pays occidentaux qui souhaiteraient intervenir dans l'exploitation des minerais, surtout la bauxite, font des pieds et des mains pour intervenir dans un pays où l'insécurité et l'instabilité chroniques favorisent la reprise en main de son économie par des puissances étrangères organisées. Ce n'est pas pour rien que la France suit de très près ce qui se passe dans ce pays. Ce n'est pas pour rien qu'elle avait été accusée à tort ou à raison, d'être derrière les derniers évènements ayant abouti à l'évacuation du malheureux capitaine qui commençait à goûter aux délices du pouvoir. La France a certes nié depuis lors, mais si les autorités guinéennes d'aujourd'hui détiennent des preuves, elles ont intérêt à les faire valoir car les accusations sont tout de même très graves.


Nous avons fait cette longue démonstration pour dire, qu'en Guinée, comme en RDC, il y a la guerre des matières premières. Ces dernières sont devenues une source d'instabilité et une occasion d'interventions de forces militaires ou diplomatiques étrangères, n'ont pas pour la paix, mais pour la mise en place de gouvernements favorables, lesquels pourraient travailler à revoir les accords déjà passés avec d'anciens pays industriels, afin de favoriser de nouvelles puissances, le plus souvent coloniales.


Les Américains l'ont fait en Irak, en Afghanistan, etc., les Britanniques ont échoué (en partie) de le faire au Zimbabwe. Les Français seraient très heureux de revenir en force en Guinée après le « Non » au Général De Gaule en 1958.  Mais, la communauté internationale à laquelle nous appartenons tous nous impose des règles de vie en commun qui ne sauraient tolérer ces démarches vieilles comme la colonisation ou le néocolonialisme. L'Onu devrait être plus attentive sur les facteurs bloquant du règlement des confits dans le monde. En effet, quand un conflit perdure, c'est qu'il y a la main de puissances « amies »

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