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Publié par africaguinee.com

 

Dans un mois, les Guinéens vont défier les oiseaux de malheur, pour élire le 19 septembre, le futur locataire du Kibanyi présidentiel. En attendant cette date, les Guinéens prient pour que le « Doré » du gouvernement ne fasse pas capoter cette fragile transition. Le 5 août dernier, peu après le départ du médiateur Blaise Compaoré, Jean-Marie Doré a annoncé clairement les intentions de son gouvernement de mettre son nez dans le second tour des élections :"Ce sont les Accords d'Ouaga qui ont assigné au gouvernement l'ordre d'organiser les élections. Quant il y a dérapages après les élections, ce ne serait pas la responsabilité de la Ceni que cela engage, mais celle du gouvernement. C'est pourquoi je tiens et je tiendrai à ce que le 2ème tour ne soit pas comme le 1er tour. Cela va d'abord dans l'intérêt des deux candidats en lice et tout le peuple de Guinée. » Mais derrière ces paroles pieuses, certains signes nous montrent que le locataire de la primature est déçu par ses fonctions…

Primature: un cadeau empoisonné pour Jean-Marie Doré…

Parachuté à la primature grâce aux bons offices de ses pairs, Jean-Marie Doré est bien décidé à laisser des « traces » avant son départ. Seulement, avec un Tigre plus concerné par les affaires militaires que civiles, le PM assure de facto l’exécutif, même si Tibou Kamara de la présidence joue les trouble- fêtes, avec la bénédiction de son patron. Partisan de la vieille école où le chef tout puissant décide tout, Jean-Marie Doré a pourtant déchanté en arrivant à la primature.




Primo, Jean-Marie Doré apprécie peu les pouvoirs accordés à la CENI et le CNT .Pour le kibanyi de la primature, Jean-Marie Doré et Hadja Rabiatou Sérah Diallo (deux « Ex « porte-paroles des Forces vives guinéennes) avaient lutté comme deux coqs dans une arène. Résultat, le tigre Konaté a tranché : Doré à la primature et Rabi au CNT. Mais l’exercice du pouvoir a réservé de mauvaises surprises au chef du gouvernement dont le rôle est plus « protocolaire » que « décideur » durant la transition. Eh oui, la majorité nos « amis » occidentaux veulent une …neutralité des autorités de la transition surtout , du gouvernement Doré , pour ne pas « perturber la transition ». Pour atteindre cet objectif, les pouvoirs de la CENI ont été renforcés dans la nouvelle constitution élaborée par le CNT de Rabi et nos « amis » occidentaux ont donné à manger à la CENI pour assurer son indépendance. Avec des fonds étrangers destinés uniquement aux « élections » et à la réforme des forces de défense, le gouvernement Doré a….le ventre vide. Si le CNT présidé par Rabi se dit « fier » d’avoir fabriqué une constitution, un code électoral et des…textes de lois qui seront appliqués pendant et après la transition, Doré et son gouvernement se retrouve dans un rôle purement protocolaire. Lui qui rêvait d’un exécutif fort pour « décider » et « laisser des traces », on comprend mieux la déception de Jean-Marie Doré, réduit au rôle de « décor » pour les réceptions officielles. Pour corriger ce tort, Jean-Marie Doré a souhaité brûler la politesse à la CENI et au CNT en proposant « un projet de décret au Tigre Konaté, qui modifie les articles 2 de la constitution et du code électorale » pour mieux impliquer son gouvernement dans « la pagaille du second tour ».Une idée rejetée par Cellou et ses amis, qui crient au scandale accusant Doré de vouloir frauder pour Alpha Condé et ses alliés. Mais bon passons, car le Tigre n’a pas encore réagit face à cette piqûre « Dorée » qui risque de mettre en péril, la fragile transition. En attendant, Doré rumine sa colère … pour mieux piquer !

Secundo, le PM Jean-Marie Doré essuie des critiques de la part des leaders politiques qui sont…allergiques à toute décision signée par l’actuel gouvernement surtout dans le secteur minier. Véritable mamelle du pays, le secteur des mines attise les convoitises et l’appétit de nos « amis » occidentaux. Mais toute signature du gouvernement « Doré », risque d’entraîner un tollé général au sein de la classe politique guinéenne. D’ailleurs, les deux candidats Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé ont promis chacun de « réviser les contrats miniers selon les intérêts du pays ».Et puisque l’aide internationale est destinée en priorité aux élections et à l’entretien de nos lakoudous, imaginer la peine de Doré qui se retrouve sans fonds, pour « laisser des traces ».Même si les chinois s’activent pour « aider » les Guinéens dans leur déplacement avec le train inter urbain ou d’autres micro-projets, le stylo du gouvernement Doré est surveillé de très près par la classe politique guinéenne, pour éviter « tout contrat ». En attendant, Doré rumine sa colère … pour mieux piquer !

Après la primature : un avenir incertain

Hélas, c’est une tradition en Guinée, on aime pas les « Ex ».Tous ceux qui ont quitté le pouvoir sont jetés comme des mouchoirs dans les oubliettes. Et cette crainte est d’autant plus légitime, que Jean-Marie Doré est ..difficile à « caser » après les élections. Dans cette course contre la montre, Doré qui est l’un des pionniers du multipartisme en Guinée, n’est pas prêt à prendre sa retraite politique. A 73 ans, ce vieux crocodile du marigot politique guinéen connaît ses adversaires et anticipe sa mise sur la touche. Et il n’a pas tout à fait tort, car la capacité de nuisance de ses adversaires est intacte…




Primo, après les massacres du 28 septembre 2009, Jean-Marie Doré et son parti l’Union pour le progrès de la Guinée(UPG) s’est retrouvé dans une position…délicate. Qualifié de « traître » par ses parents de la région forestière et le pouvoir du Capitaine Dadis Camara, Jean-Marie Doré a failli laisser sa peau en octobre 2009.Quelques heures après l’attaque d’un commando à son domicile, l’actuel PM confiait le 24 octobre 2009 : « Ils étaient un groupe d’hommes dont le nombre variait entre 15 à 20. Ils ont réussi à bloquer les trois voies qui aboutissent à mon domicile de 22 heures à 4 heures du matin. J’ai eu la vie sauve car je n’étais pas à la maison, parce qu’ils étaient venus dans l’intention de me tuer. D'après mes gardiens, ils étaient en tenue civile".Pendant ce temps, lors négociations de Ouagadougou avant décembre 2009, Doré a essuyé des critiques virulentes et certaines mauvaises langues l’indexent comme un “agent double du CNDD” dans les rangs des forces vives.En bon politicien, Doré sait qu’il sera mis sur la touche et son statut d’ex de la primature ne lui convient pas. En attendant, Doré rumine sa colère … pour mieux piquer !

Secundo, avec les alliances politiques pour le second tour, aucun candidat ne garantit une place pour Doré dans la future équipe gouvernementale. Pour le candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, la place de la primature est « réservée d’office » à l’Union des forces républicaines de Sidya Touré pour…5 ans, s’il est élu. Du côté de l’alliance « Arc en ciel » d’Alpha Condé, il est difficile d’imaginer que le kibanyi de la primature soit octroyé à Doré, devant l’appétit vorace des alliés du RPG comme Lansana Kouyaté, Papa Koly Kourouma etc…. D’ailleurs, il est difficile de voir Doré accepter une « promotion « de…ministre dans un gouvernement, alors qu’il était à la primature.Quand à la future assemblée nationale, le parti de Jean-Marie Doré n’a aucune chance d’obtenir des sièges, puisque son leader Doré est exclu de la course au nom de la « neutralité » des autorités de transition. En attendant, Doré rumine sa colère … pour mieux piquer !

En définitive, Jean-Marie Doré désigné par ses pairs comme l’agneau du sacrefice en allant à la primature, l’actuel chef du gouvernement accepte mal son rôle de figurant durant la transition. Obstinée à terminer avec ces élections, la classe politique guinéenne semble oublier volontiers le « cas » Doré, au risque de compromettre les acquis de la transition. Devenu « Roi sans ressources », Jean-Marie Doré se défend face aux mauvaises langues :"Chaque fois, les gens se lèvent pour dire le Premier Ministre ne veut pas quitter le pouvoir. Il veut s’éterniser à cause de ses privilèges alors qu’il n'y a pas de sucre à la primature. »Certes, le plus « Doré » du gouvernement est obligé de rendre son kibanyi à la fin de la transition. Mais il espère bien assurer « sa retraite » en se tournant vers un avenir plus « doré ». Pour cela, il devra choisir entre les deux candidats à la présidence. Quand on sait sa proximité générationnelle avec Alpha Condé et leur dégoût pour la boîte noire de nos élections, (la CENI), on peut imaginer la suite. En attendant les Guinéens prient en ce mois de Ramadan pour que la raison prenne le dessus sur les passions de nos opposants-opposés. Mais ceci est une autre histoire .A la semaine prochaine !

Amadou Diallo

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