/>

RTG GUINEE LIVE

Les news en continu


Get Your News Widget

Publié par bouba

Le président israélien Shimon Peres lors de la réunion anuelle de l'Aipac, en mai 2009. La conférence 2010 aura lieu dans un semaine et réunira Hillary Clinton et Benyamin Netanyahou.

La brouille entre Israël et les Etats-Unis sur la question des colonies a été récupérée par les lobbys pro-israéliens. Entre conservateurs et progressistes, l'attitude de l'administration Obama divise.

Dans la capitale américaine, la lutte d'influence entre les lobbys pro-israéliens bat son plein. D'un côté, l'Aipac (American Israel Public Affairs Committee), une véritable machine de guerre : 100.000 membres, 75 millions de dollars de budget et 165 employés qui travaillent dans les bureaux de First Street à Washington, à quelques encablures du Congrès. De l'autre, la modeste organisation J Street, nouvelle venue sur la scène politique américaine : à sa disposition, 3 millions de dollars «seulement» et 15 employés.



Tout oppose ces deux groupes d'intérêts. Leur taille, leurs origines, leur influence, mais aussi - et surtout - leurs engagements. Là où l'Aipac constitue un soutien indéfectible à la droite israélienne de Benamin Netanyahou et à l'alliance stratégique entre les Etats-Unis et l'Etat hébreu, J Street fait figure de progressiste et n'hésite pas à réclamer des concessions de la part d'Israël pour «faire progresser la paix». Une divergence qui est d'ailleurs à l'origine de l'émergence de J Street, crée en 2008 pour concurrencer un Aipac omnipotent et jugé peu représentatif de la communauté juive américaine.



Depuis le regain de tension entre Israël et les Etats-Unis, occasionné par l'annonce de nouvelles implantations à Jérusalem-Est en pleine visite du vice-président Joe Biden, les deux lobbys ennemis ont renforcé leurs positions. L'Aipac, qui voit d'un œil de plus en plus critique la volonté d'Obama de rééquilibrer la politique extérieure des Etats-Unis au Proche-Orient, a critiqué dimanche «l'escalade rhétorique de ces derniers jours», appelant dans un communiqué l'administration américaine à «prendre des mesures immédiates pour apaiser la tension avec l'État hébreu». Le groupe d'intérêt juge que la brouille détourne «des problèmes urgents que sont la volonté de l'Iran de se doter d'armes nucléaires et la recherche de la paix entre Israël et l'ensemble de ses voisins arabes».

 




«L'heure n'est plus aux vaines paroles»

 


Le son de cloche est radicalement différent du côté de J Street, qui juge la colère de l'administration «à la fois compréhensible et juste». «L'heure n'est plus aux vaines paroles mais à l'action», peut-on lire sur le site internet du lobby, qui soutient ouvertement la solution à deux Etats prôné par la diplomatie américaine. Plus audacieux encore, J Street assure que le plan de paix doit être négocié avec l'ensemble des parties du conflit, Hamas compris. Il n'en faut pas plus pour que les organisations juives de droite traitent publiquement le nouveau venu de «renégat antisioniste».



Reste que J Street gagne en représentativité et donc en légitimité. L'organisation se voit en porte-voix d'une majorité silencieuse, celle des 78% de juifs américains qui ont voté pour Obama en 2008. Le groupe d'intérêt a publié une série de sondages, dont les résultats sont édifiants : 64% des juifs américains veulent une diplomatie volontariste au Proche-Orient impliquant une critique d'Israël. Et 66% prônent une reprise des négociations avec le Hamas et la Syrie.



Mais si J Street bénéficie du soutien de la rue, les lobbyistes de l'Aipac ont l'oreille de l'establishment politique et conservent une influence non-négligeable au Congrès et au Sénat. En août dernier, l'Aipac recueillait ainsi la signature des 71 sénateurs pour une pétition appelant Barack Obama à obtenir des «gestes» des pays arabes vis-à-vis d'Israël. Le lobby poursuit aussi son inlassable combat contre le programme nucléaire iranien, qui menace selon lui l'Etat hébreu. Une bataille relayée par la diplomatie américaine : lundi, évoquant le dossier iranien, le porte-parole du département d'Etat, Philip Crowley, a rappelé que «l'engagement des Etats-Unis envers la sécurité d'Israël reste inflexible».

Commenter cet article