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La Guinée nouvelle

La bonne note de la Guinée



Alors que les sirènes de la division et de la mésentente électorale s'élèvent à grands bruits de Lomé, la capitale togolaise, où pouvoir et opposition jouent à nouveau à se faire peur dans l'arène de la contestation, la bonne note de l'apaisement politique est venue, le dimanche 7 mars 2010, de la Guinée.




Une République de Guinée, prise, elle aussi, dans les mailles des filets de la discorde sociopolitique, mais qui retrouve, peu à peu, les chemins de la normalité démocratique, par ces temps troublés où, ici et là, l'on est plus enclin à déterrer la hache de la violence politique, plutôt qu'à allumer le calumet de la paix.



En annonçant que l'élection présidentielle, tant attendue pour solder les comptes et les mécomptes de plus de 50 ans d'histoire indépendantiste de la Guinée, est fixée au 27 juin 2010, le général Sékouba Konaté, président par intérim, fait absolument un pas dans la bonne direction, rassurant davantage les peuples de Guinée et d'Afrique, ainsi que la communauté internationale, sur ses intentions proclamées. Cela n'a peut-être l'air de rien, mais la publication du décret présidentiel fixant la date de l'élection présidentielle guinéenne, qui négocie actuellement une période de transition après maintes turpitudes, constitue, à mes yeux, un signal fort dans le processus de restauration démocratique enclenché dans ce pays depuis l'accord signé à Ouagadougou, le 15 janvier 2010, pour sortir la Guinée de l'impasse dans laquelle elle s'était fourrée.



J'ai dit... «restauration démocratique» et il me vient à l'esprit que c'est bien là ce que promettent les militaires qui ont renversé Mamadou Tandja, le 18 février dernier, au Niger. Et si, jusque-là, les nouveaux tenants du pouvoir nigérien sont auréolés de cette sorte de caution morale qui légitime de fait leur action putschiste, j'observe que la communauté internationale travaille toujours à l'élaboration de la feuille de route politique dans ce pays. Et j'ose espérer que le bol d'espoir de la Guinée, inspirera bien vite tous les acteurs de la scène nigérienne, pour que les étapes de la transition soient rapidement dessinées, afin qu'au lendemain d'une élection présidentielle crédible et transparente, le Niger concrétise effectivement la «restauration démocratique» chère au chef d'escadron Salou Djibo et à ses hommes. Mais aussi au peuple nigérien, tout autant que ceux du continent et d'ailleurs.



En attendant, et en espérant que la paix prendra vite le dessus sur les violences postélectorales au Togo, on peut saluer, avec la présidente du Conseil national de transition (CNT) de Guinée, Rabiatou Séra Diallo, «la volonté politique clairement exprimée par le Général Sékouba Konaté, de conduire la Guinée, selon le calendrier de six mois déterminé à Ouagadougou, à des élections libres, démocratiques, apaisées». D'autant que, est-il besoin de le rappeler, ces consultations s'annoncent déjà comme... «les premières de l'histoire tumultueuse de la Guinée».

La Guinée le sait, elle n'a pas le droit de rater ce rendez-vous avec l'histoire. Elle l'honorera certainement, si chacun et tous l'accompagnent de ces actions qui savent si bien sublimer le génie humain. En cette année où l'on parlera abondamment du cinquantenaire des indépendances africaines, j'ai comme dans l'idée que la conclusion de cette historique élection guinéenne, mais aussi les soleils radieux qui luiront sur nos capitales encore désorientées, au lendemain de la cascade de consultations électorales inscrites dans l'agenda politique, préfigureront, certainement, l'aube nouvelle d'une Afrique qui refuse enfin la fatalité.

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