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Publié par lesoleil

Le scrutin devant opposer Cellou Dallein Diallo, de l’Union des Forces Démocratiques de la Guinée (UFDG), arrivé en tête au premier tour avec 43,63% des suffrages exprimés, à Alpha Condé (18, 25% ), candidat présenté comme un opposant historique, président du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG ), reporté à une date non encore déterminée, devrait apporter à la Guinée ce qu’elle n’a jamais connu de pareil en plus d’un demi-siècle d’indépendance : une démocratie plurielle et libre.

Voisine de six pays d’Afrique de l’Ouest, la Guinée n’a véritablement pas encore goûté aux plaisirs d’une vie démocratique. Pourtant, plusieurs facteurs devraient le favoriser. Il y a d’abord ses potentialités naturelles. Ses richesses font que la Guinée est appelée par certains, « le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest ». Ceux qui le soutiennent n’ont pas tort. Au moins trois fleuves ouest-africains prennent leur source dans ce pays, où de nombreux cours d’eau sont également nés pour arroser une bonne partie du territoire. Il y a ensuite l’importance de ses ressources minières. Rien qu’en 2008, les recettes d’exportation nationale donnaient au secteur des mines, un pourcentage de 85 % devant l’agriculture. La bauxite, l’or, le fer, le diamant et l’uranium figurent parmi les ressources de ce pays au sous-sol bien doté par la nature.

Ces éléments, au lieu de favoriser une prospérité, ont semblé être un déclencheur de difficultés pour la Guinée. La vie politique ne s’en est guère mieux portée.

Fossoyeur de son régime

En effet, passé le règne de Sékou Touré, qui a réglé son compte à tout opposant à son autorité, avec notamment le douloureux épisode du Camp Boiro, il y a eu celui de Lansana Conté, caractérisé au début par un multipartisme et l’organisation d’élections taillées sur mesure. Il sera le principal fossoyeur de son régime jusqu’à sa mort. L’arrivée du Capitaine Moussa Dadis Camara a sonné comme une bouffée d’oxygène au début. Mais sa boulimie du pouvoir a précipité l’irréparable avec les massacres du 28 septembre 2009. Aujourd’hui que Sékouba Konaté dirige la transition, la Guinée est confrontée au défi de développer encore davantage de certitudes pour une issue heureuse de son second tour.

Ce défi est également celui de l’Afrique de l’Ouest. En effet, une instabilité politique en Guinée ne favorise pas une stabilité politique et économique de l’Afrique de l’Ouest. Les pays qui encerclent la Guinée ont pour l’essentiel déjà connu des troubles sociopolitiques graves. La Guinée-Bissau, depuis le soulèvement militaire de 1998, a vécu entre le désordre et la paix, mais a réussi à avoir des élections régulières.

Sorti d’une guerre civile entre 1989 et 2003, le Libéria se reconstruit sans trop de bruit, avec une présidente régulièrement élue. La Sierra Leone, autre pays voisin alors victime d’une guerre civile, est en pleine reconstruction en cherchant à asseoir des institutions stables. Les conflits armés qui ont déchiré ces voisins de la Guinée avaient favorisé d’importants flux migratoires vers ce pays. D’où l’importance accordée au prochain scrutin qui doit participer à stabiliser la Guinée et à mieux asseoir une cohésion nationale, dans un contexte où plusieurs observateurs craignent des tensions ethniques entre Peuls et Malinkés, les ethnies des deux candidats.

Protocole d’entente

Une stabilité de la Guinée est synonyme d’une stabilité de la sous-région ouest-africaine. De ce point de vue, on peut comprendre le fort engagement de Ellen Johnson Sirleaf du Libéria, de Me Abdoulaye Wade du Sénégal, tous des voisins de bonne volonté pour que ce pays dépasse cette situation difficile.

Le Protocole d’entente pour une élection apaisée en Guinée, signée le 3 septembre dernier en présence de Blaise Compaoré, président du Burkina Faso et médiateur dans la crise dans ce pays, est aussi un autre acte matériel de prévention de lendemains électoraux troubles.

L’appel récemment lancé par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) aux deux candidats, aux politiciens et au peuple guinéen à assurer ‘’dans la paix, la quiétude et la sérénité’’ le second tour est un autre élément de plaidoyer tout comme la position de la France qui souhaite que cette élection présidentielle se déroule dans le même esprit démocratique et apaisé qui a animé le premier tour.

Tous ces appels sont lancés après les événements violents du samedi 11 septembre dernier, qui ont fait un mort et 50 blessés selon un bilan officiel. A cela s’ajoute le décès du président de la commission électorale, Ben Sékou Sylla, le 13 septembre dernier à Paris, pour cause de maladie, alors qu’il a été condamné trois jours plus tôt à un an de prison pour fraude électorale. La dernière ligne droite jusqu’au prochain scrutin s’avère cruciale. La Guinée Conakry est proche du but. Celui de se réveiller au lendemain du scrutin du second tour, sans la gueule de bois. Elle ne mérite pas une descente aux enfers.

 

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