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La Guinée nouvelle

La France ne reconnait pas les accusations de Amnesty International sur sa responsabilité pour les massacres en Guinée

Le ministère français des Affaires étrangères a rejeté jeudi les accusations d'Amnesty International, qui a accusé dans un rapport plusieurs pays dont la France d'avoir fourni par leur aide militaire à la Guinée "les outils" d'une répression sanglante à Conakry en septembre 2009.

 


"Il est mensonger de suggérer que la France n'a pas respecté ses engagements en matière de contrôle des exportations sensibles, alors qu'elle a précisément suspendu très tôt toute livraison à destination de la Guinée", déclare le ministère dans un communiqué.


Amnesty International a critiqué l'aide militaire fournie par plusieurs pays étrangers, en particulier la France, "sans garanties pour les droits de l'homme", et appelé à une réforme des forces de sécurité de Guinée, dans un rapport publié mercredi sur la tuerie du 28 septembre 2009 qui avait provoqué la mort de plus de 150 opposants à Conakry.


Ce rapport s'inquiète aussi de l'annonce par Paris le 16 février de la reprise de sa coopération civile et militaire, "qui pourrait violer l'embargo en cours sur les armes contre la Guinée". Selon lui, une réforme des forces de sécurité guinéennes est "nécessaire et urgente" pour éviter d'autres tueries.



En réponse, le Quai d'Orsay qualifie de "tendancieux" "l'amalgame fait entre la détention (par l'armée guinéenne, ndlr) de systèmes propulseurs de grenades et de grenades lacrymogènes de fabrication française, et les exactions commises à l'aide d'armes à feu ou d'armes blances dont l'origine n'est pas clairement établie dans le rapport d'Amnesty International, mais n'est assurément pas française".



Selon le communiqué, "aucune grenade, y compris sous le régime AEPE (autorisation d'exportation de produits explosifs, donc hors matériels de guerre) n'a été livrée depuis mars 2008 par la France à la Guinée".



"Il ressort de la lecture intégrale du rapport d'Amnesty International, la France n'a fourni aucun matériel de guerre à la Guinée depuis 2006 et très peu auparavant", juge Paris.



En estimant que les mises en cause de la France par Amnesty "appellent de fermes mises au point", le ministère français énumère ses "très fermes" condamnations du massacre du 28 septembre, l'aide française médicale aux blessés, et les efforts, notammant à l'ONU, "pour obtenir que toute la lumière soit faite sur les circonstances de la répression sanglante" et pour que "les responsables soient identifiés".



Le 16 février, la France avait annoncé la reprise de sa coopération modeste avec la Guinée, afin d'encourager le processus de stabilisation, alors que le gouvernement de transition venait d'être formé.



Son volet civil se limitait à une dizaine d'assistants techniques et au financement d'un projet d'autoroute urbaine à Conakry. Son volet militaire consistait en une dizaine de coopérants militaires français et l'affectation de 23 stagiaires guinéens dans des écoles françaises et établissements à vocation régionale en Afrique.

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