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Publié par Jean-Baptiste MAROT

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Le report du second tour de la présidentielle replonge la Guinée dans la crise. Mise en cause de la crédibilité des institutions, repli identitaire, doutes sur la volonté réelle de certains d’aller aux urnes : les maux sont nombreux.

 

La décision était attendue, mais ses conséquences n’en sont pas moins dramatiques. Annoncé mercredi en fin de journée par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), le report sine die du deuxième tour de l’élection présidentielle guinéenne place à nouveau le pays au bord du précipice. Quelques minutes seulement après que la nouvelle est tombée, le président de la transition, le général Sékouba Konaté, le reconnaissait lui-même sans ambages : "De plus en plus, nous nous éloignons de notre feuille de route. Je constate avec un grand regret (...) que notre pays va vers l'impasse", a-t-il affirmé dans une adresse à la nation prononcée sur l’antenne de la Radio télévision guinéenne (RTG), avant d’appeler le médiateur de la crise, le président burkinabè Blaise Compaoré, à intervenir.

 

Défiance des deux candidats qualifiés pour le second tour - le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, et le chef du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), Alpha Condé – à l’égard des institutions, repli communautaire, situation économique d’autant plus tendue que le ramadan vient de s’achever, radicalisation des opinions, violences entre les partisans des deux finalistes : l’union sacrée née au lendemain du massacre du 28 septembre 2009 pour promouvoir la démocratie dans le pays a bel et bien volé en éclat en Guinée.

 

Preuve que la tension est à son comble : à la suite de l’incendie qui s’est déclaré jeudi dans un bâtiment du camp Almany Samory Touré de Conakry où est entreposé du matériel électoral, la Céni s’est empressée d’expliquer que le feu était d’origine accidentelle, afin de couper court à tout dérapage incontrôlé.

 

La crainte d'un "scénario à l'ivoirienne"

 

 

"On ne sait pas comment la situation va évoluer. L’inquiétude est grande. Les gens se préparent à descendre dans la rue, confirme Aziz Diop, le secrétaire exécutif du Conseil national de la société civile guinéenne (CNOSCG). Après les obsèques de Ben Sékou Sylla [l’ex-président de la Céni décédé mardi d’une longue maladie, NDLR] qui doivent avoir lieu samedi, le risque d’un basculement est réel." "Les signaux sont mauvais. Alors que le vide politique prévaut depuis 2002, le pays menace d’entrer dans une logique de déliquescence", renchérit une observatrice attentive de la vie politique guinéenne.

À Conakry, le climat est tel que certains n’hésitent même plus à évoquer un "scénario à l’ivoirienne". En clair : l’autoproclamation de sa victoire par Cellou Dalein Diallo, qui est arrivé en tête du premier tour, le 27 juin, avec 43,62 % des suffrages. "S’il n’y a plus d’élection, celui-ci aurait toute la légitimité pour le faire, avec tous les risques d’affrontements que cela comporte. C’est la raison pour laquelle il faut que la date du deuxième tour soit fixée dans les plus brefs délais, car la température monte", reprend Aziz Diop. Mais pour cela, encore faudrait-il que tous les acteurs du landerneau politique local aient réellement la volonté d’aller aux urnes… ce dont semble douter chaque jour davantage un nombre croissant de Guinéens

 

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