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Publié par bouba/afp

 

 

La Guinée "est en danger", menacée par des personnes manipulées depuis l’étranger, à trois jours des élections législatives, a affirmé mercredi le ministre guinéen de la Sécurité, Madifing Diané, sans donner de détails, après qu’un journal français a rapporté un projet de coup d’Etat imminent.

"La Guinée est en danger et la ficelle est tirée à partir de l’extérieur", a déclaré le ministre Diané devant la presse lors d’une rencontre avec une délégation de l’Organisation internationale de la Francophonie, à trois jours d’élections législatives attendues depuis trois ans.

Dans son édition de mercredi, l’hebdomadaire français Le Canard enchaîné a indiqué que "des notes" des services secrets américains CIA et français DGSE "annoncent un coup d’Etat à Conakry".Ce projet serait préparé par "des mercenaires français, sud-africains et israéliens, disposant de relais à Paris et en Afrique et soutenu par un +roi du diamant+", le milliardaire israélien Beny Steinmetz.

"Les troubles pourraient être déclenchés dès la semaine prochaine", écrit Le Canard enchaîné.

Interrogé sur ces informations, le ministre a décliné tout commentaire.

"Ce sont des services plus structurés que les miens, la CIA et les services français, qui font allusion à ça", a-t-il simplement dit.

Selon Le Canard enchaîné, ce projet de déstabilisation est nourri par des convoitises sur les richesses minières importantes dont recèle le sous-sol guinéen.

Dans son édition datée de mercredi, le quotidien français Le Monde consacre également une enquête à des intrigues politico-économico-financières avec des ramifications à l’étranger autour des gisements de fer de Simandou, dans le sud-est de la Guinée.

Premier pays exportateur mondial de bauxite, la Guinée possède des gisements de minerai de fer très convoités, mais aussi de l’or, des diamants et du pétrole mais d’après les Nations unies, plus de la moitié de ses onze millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

Le ministre de la Sécurité a estimé que les législatives prévues samedi, qui ont été repoussées plusieurs fois depuis trois ans, risquaient de se dérouler "dans des conditions très agitées".

Il a mis en cause, sans les nommer, des membres de l’alliance formée autour de l’Union des forces démocratique de Guinée (UFDG, tendance libérale), dirigée par Cellou Dalein Diallo et principale formation d’opposition au parti du président Alpha Condé, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG, teandance socialiste).

Selon le ministre, il y a "des hommes politiques de l’UFDG qui sont à l’étranger, orientent et manipulent" des membres de l’opposition.

Il a néanmoins semblé disculper Cellou Dalein Diallo et certains de ses dirigeants alliés en notant que ceux-ci avaient "appelé à la retenue".

"Nous ne serons jamais une force de répression.Nous ne nous engagerons jamais dans la tuerie.C’est le piège qui nous est tendu", a assuré le ministre.

La Guinée a connu ces derniers mois plusieurs manifestations politiques qui ont dégénéré en débordements meurtriers, avec des victimes en majorité au sein de militants de l’opposition.

Et depuis le 22 septembre, la campagne électorale a été marquée par des violences dans la banlieue de Conakry entre des partisans du RPG et de l’UFDG qui ont fait un mort et plus de 70 blessés, selon le gouvernement.

Selon le directeur général de la police guinéenne, Mohamed Gharé, un gendarme et un policier ont aussi été tués dans d’autres incidents.

Pour de nombreux observateurs, ces violences éloignent la perspective d’un scrutin législatif apaisé, au cours duquel quelque 5 millions d’électeurs sont appelés à choisir les 114 députés de leur Parlement sur la base de listes présentées par une trentaine de partis au total.

Les législatives auraient dû avoir lieu, en principe, dans les six mois suivant l’investiture, en décembre 2010, d’Alpha Condé, premier chef d’Etat démocratiquement élu de ce pays à l’histoire marquée par les violences politiques, militaires et ethniques depuis son indépendance de la France en 1958.

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