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Publié par ADD

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Scandale géologique, richesses, or, diamant, premier producteur mondial de bauxite… On entend ces mots quand on parle de la Guinée. Que c’est flatteur ! Malheureusement on entend aussi souvent : pays à l’abandon, pays parmi les plus pauvres au monde, 70% d’analphabètes…


 Mais le pire est : un peuple qui meurt de faim sur une mine d’or. Voilà le paradoxe guinéen, voilà un casse tête pour tous les observateurs. Pour comprendre l’origine de cette situation nous nous devons de regarder au plus profond de notre histoire et de nous-mêmes.


Le 28 septembre 1958 la Guinée a eu son premier grand rendez vous avec l’Histoire. Nous avons prouvé au monde notre soif de liberté et notre désir de mettre fin à la soumission. Nous avons dit NON. Malheureusement nous n’avons pas transformé l’essai ; ce bel élan et cet engouement qui ont suivi ce jour du NON, se sont transformés en une totale désillusion. L’oppresseur extérieur venu de par delà les mers a été remplacé par un ennemi venu de l’intérieur. Cet ennemi a su se montrer implacable et d’une férocité extrême.  Cela a duré des années  et des années, un gouvernement en suivant un autre. A chaque fois le nouveau tyran, après une euphorie de courte durée, nous faisait regretter le précédent. C’était chacun son tour .Un pays si  riche et un peuple souffrant pour se nourrir. Comment appeler cela? Une descente aux enfers ? Non pas encore, l’enfer nous ne l’avions pas encore connu.


Le 28 septembre 2009, exactement 51 ans après la première fois, les guinéens eurent leur deuxième jour du NON. Cette fois, des Guinéens et des Guinéennes  exaspérés par un quotidien de miséreux ont décidé de crier  leur colère et leur lassitude face aux mensonges et au mépris des gouvernants. Tout était symbolique : le lieu (le stade), la date et le message-NON- Malheureusement ceux qui étaient censés les protéger ont fait preuve d’un excès de zèle dans la barbarie. Nous étions « habitués » aux coups de feu, aux meurtres … Mais le viol était une arme nouvelle. Impossible de parler d’hommes, il n’y avait plus d’humanité dans ce stade. Qu’étaient devenues nos coutumes ? Nos traditions guinéennes ? Où était passé le respect des ainés lorsque des jeunes violaient des femmes qu’ils auraient pu appeler « Mère » ? Où était passée la foi en Dieu lorsque ces individus massacraient leurs pères et leurs jeunes frères ?  Et pourtant ceux qui ont fait cela étaient guinéens. Cessons de chercher des mercenaires venus de je ne sais quel pays, l’idée de faire cela émanait de Guinéens comme vous et moi.


Nous sommes aujourd’hui à l’aube de notre autre grand rendez vous avec l’histoire ; Après le 28 septembre 2009 nous ne pouvions plus faire marche arrière, soit nous tombions dans le chaos soit nous refaisions surface. Grâce à Dieu, nous avons pris un chemin plus clément et moins hostile. Je prie pour que ce rendez vous du mois de Juin  ait lieu. Mais voilà je vois réapparaitre les vieux démons, les mêmes qui nous rongent depuis toujours. Ces démons qui sont derrière tous les événements malheureux de notre histoire. Ces démons s’appellent : la division, le mépris de l’autre et l’importance accordée à l’intérêt personnel au détriment du collectif. Certains aiment confondre ces trois termes en deux mots : ethnocentrisme et clanisme. Ces deux maux sont des plaies béantes et purulentes qui ne cessent de nous faire mal et nous n’arrêtons pas (chaque jour) de faire en sorte qu’elles ne cicatrisent pas. Aujourd’hui nous faisons la même chose.


A qui est ce le tour ? Les Malinkés reviendront ils au pouvoir ? Les Peulhs arriveront-ils à se hisser à la tête du pays ? Et les Soussous dans tout cela ? Allons-nous revoir un autre forestier après la parenthèse Dadis ? Une autre minorité arrivera-t-elle au pouvoir ?

Quand on parle des candidats on pense à leur ethnie, à leur nom de familles ; ensuite ce qu’il a fait…Ce n’est pas le plus important. Les compétences d’un homme ne valent pas les préjugés que l’on a sur son ethnie.



Je dirais que le rejet des autres peut être compréhensible. Il est vrai  que chaque ethnie au pouvoir a bien montré sa domination en écrasant les autres, bénéficiant des largesses des dirigeants en place. Cela crée des frustrations d’une part chez les ethnies qui avaient autrefois goûté au pouvoir et qui l’ont perdu et d’autre part chez les ethnies qui n’ont jamais conquis le pouvoir et qui se disent « C’est notre tour » ! C’est compréhensible, c’est humain. Ca se comprend… Oui mais est-ce le mieux pour nous ?



Pour finir on peut laisser le choix à tout Guinéen de se poser toutes les bonnes questions. Ne serait-il pas temps de briser ce cercle vicieux ? Combien de générations devront-elles encore être sacrifiées ? Est cette Guinée là que nous voulons pour nos enfants ? Combien de temps mettrons-nous pour comprendre que nous sommes tous nés dans ce pays ? Combien de temps nous faudra-t-il pour oublier nos vieilles rancœurs et cette haine ? Combien de temps nous faudra-t-il pour comprendre que nous avancerons ensemble ou nous n’avancerons jamais ? En 51 années de cohabitation nous n’avons pas compris donc il est certain qu’il nous faudra encore du temps… Toutefois on pourra commencer dés ce mois de Juin. Comment ? En allant voter en tant que Guinéen et rien d’autre. Avant de voter, tentons d’énumérer (sans se mentir à soi même) trois raisons valables (autres que l’ethnie) de voter pour un candidat… Nous sommes encore sur la corde raide, ne l’oublions pas.

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