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Publié par kindi sane

 

Entre Alpha Condé, Jean-Marie Doré et Konaté s’est créée une alliance d’intérêts. Chaque membre de l’alliance est dépourvu d’états d’âmes et plein de calculs personnels. Pour Alpha il s’agit de ne pas répéter ce qu’il croit être la bêtise du premier tour et de mettre en œuvre les tactiques les plus macabres pour gagner. Il a la sympathie de Jean-Marie Doré, pour qui il s’agit d’un double coup. Faire durer le plaisir de la drogue du pouvoir, mais aussi se bien positionner avec Alpha dans la perspective de garder son boulot. Enfin pour Konaté, l’alliance tacite est une aubaine. Il a le pouvoir du mal sans avoir la responsabilité des dégâts. Ses sbires peuvent intimider et tuer alors qu’il crie sous les toits qu’il n’est pas intéressé par le pouvoir.

C’est cette entente ombrageuse qui aura permis de créer le consensus fragile autour de la nomination du malien à la tête de la CENI. Le trio, Alpha/Konaté/JMD veut à tout prix sauver le siège de Louceny dans la CENI. Si Cellou a accepté cette nomination, en dépit de la condamnation du Louceny Camara, c’est qu’il a eu vent des plans et des machinations du trio pour gagner le 2eme tour. Il était intéressant de voir le même Cellou qui trépignait pour des élections qu’il croyait dans la poche, déclarer qu’il préfère la transparence à la vitesse. En effet, le trio avait quadrillé le pays pour assurer d’une victoire d’Alpha. Les barons de l’ « Alliance Alph’-en-Ciel », devisait déjà des scenarios sur le sort de Cellou. Ils étaient partagés sur les motifs de l’arrestation de ce dernier, comment le justifier et faire face à une insurrection. Grace à Louceny, le trio a failli réussir. Un échantillon du peu qui est connu de leurs préparatifs:

1) La création de listes électorales trafiquées. Les listes qui ont servi au premier tour ont été littéralement changées. Des milliers de noms à consonance peulh et soussous ont disparu, principalement en Forêt et en Haute-Guinée. Le pion du trio, Louceny, est sans état d’âme. Il a compris la bonne théorie de la malfaisance et le danger de l’hésitation. Il sait aussi que dans la politique du sabotage, il faut porter la bataille chez l’ennemi. C’est ainsi que Louceny a poussé l’audace jusqu'à trafiquer des listes de la sous- préfecture de Garambé, à Labé. Plus de 2000 personnes ne retrouvent pas leurs noms, pendant que Cellou crie toujours que c’est son fief. Le vol des 17 ordinateurs programmés à la CENI sous la présidence de Louceny Camara a servi de couverture à cette opération. Et, comme la Guinée n’est pas un pays mais une famille avec des secrets particuliers, Louceny Camara n’a engagé aucune action, aucune enquête pour retrouver les voleurs.

2) En Basse Guinée et au Foutah, Lounceny n'a désigné que des malinkés pour les représentations de la CENI dans les localités. En outre Lounceny a bloqué la distribution des cartes d’inscription au Foutah et en Basse-Guinée. De telle sorte que si les élections avaient eu lieu dimanche 24 octobre, des milliers de votes auraient été annulées dans ces 2 régions pour "irrégularités". Génial. Mais il y a pires actes. Semblables à des scènes de cinéma.

4) Un hélicoptère a atterri jeudi à Samoy à coté de Nzérékoré et a déposé une caisse que Papa Koly Kourouma et des acolytes ont récupérée. Cette caisse est suspectée de contenir des bulletins de vote et des enveloppes pour couvrir une fraude massive en Guinée-Forestière. Mais comme Alpha n’est pas très populaire dans la région, Papa Koly a été menacé par des partisans de l'ACD. Il a du fuir pour éviter la vindicte populaire.

Le nouveau président de la CENI a du pain sur la planche. Sa nomination, en marge des textes légaux guinéens, n’est rien en face du challenge qui l’attend. En face de lui, il a le trio qui agit comme une mafia organisée avec de l’argent venant de partout. Sur ses flans, un Louceny Camara qui vient d’être condamné pour fraude massive mais qui, en accord avec la bien guinéenne tradition d’impunité, est toujours vice-président. Au dessus de la tête de Sangaré aussi plane l’ombre des tiraillements de toute sorte.

Informé des machinations en cours, Sangaré a préféré mettre les pédales douces. Il a déclaré ne pas pouvoir présider à des élections de sitôt. Bien intelligent de sa part.

Sa bataille est cependant perdue d’avance. Il s’est engagé à piloter une machine en marche qu’il n’aurait pas fallu démarrer. La Guinée, à peine convalescente de plus d’un demi-siècle de dégâts ne pourra pas tenir le rêve d’une élection présidentielle propre. Plus la nation cherche à sauter les étapes, dans le désir louable de mettre son passé derrière elle, plus elle démontre sa posture d’enfant malade de l’Afrique, quémandant aveuglement de l’aide de pays, certes proches, mais se débattant dans leur propre mauvaise gouvernance.

L’alternative, pour être crédible, doit être progressive, lente et bien pensée. Elle consisterait à se doter d’un gouvernement civil de transition en charge d’organiser un référendum sur la constitution, des consultations locales et législatives pour roder le système électoral. Le tout devrait être accompagné d’une conférence nationale, d’enquêtes sur les crimes contre l’humanité et d’une reforme de l’armée avec une forte assistance internationale. A quel prix reviendra-t-on à ce chemin de la sagesse ?

Kindi Sané 

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