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Manifestants tués en GUINEE : L'opposition réclame les corps

 

 

Deux coalitions de l'opposition en Guinée ont réclamé aux autorités les corps d'opposants tués lors de violences en septembre à Conakry, que le gouvernement a affirmé hier à l'AFP retenir pour les besoins d'investigations en cours.

Le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition (CPPFT) et l'Alliance pour la démocratie et le développement (ADP), regroupant une quarantaine de formations, dénoncent dans une déclaration "le refus par le gouvernement du président Alpha Condé de restituer les corps des manifestants pacifiques assassinés par les forces de sécurité les 27 et 28 septembre 2011".

Un responsable de l'opposition a indiqué qu'il y avait "trois corps encore aux mains" des autorités. Selon un bilan officiel, les violences qui avaient suivi l'interdiction d'un rassemblement de l'opposition, le 27 septembre, ont fait deux morts et une quarantaine de blessés. Les opposants "exigent la remise immédiate des corps aux familles qui n'ont toujours pas entamé leur deuil", affirmant qu'ils sont "exposés à la décomposition accélérée, compte tenu de l'inexistence des conditions adéquates pour leur conservation à la morgue". Joint par l'AFP, le ministre guinéen de la Communication et porte-parole du gouvernement, Dirus Dialé Doré, a indiqué que les autorités conservaient à sa disposition, aux fins d'enquête, les corps de deux personnes tuées.

"Il n'y a aucune volonté du gouvernement de garder les corps des victimes par-devers lui. Nous avons saisi le médecin légiste pour qu'il nous dise dans quelles circonstances ils ont été tués et de quelle manière. Mais, auparavant, je tiens à préciser qu'une enquête judiciaire a été ouverte.

Le gouvernement va faire une levée sur les corps, si ce n'est déjà fait", a déclaré M. Doré. L'opposition a réclamé par ailleurs la libération de ses militants arrêtés, en dénonçant leurs conditions de détention. Selon les autorités judiciaires, les forces de l'ordre ont arrêté plus de 320 personnes pendant et après les violences du 27 septembre, qui ont été inculpées notamment d'"attroupement interdit".

Certains des prévenus ont comparu devant un tribunal de la banlieue de Conakry, qui a déjà condamné une soixantaine de personnes à des peines de prison ferme (de 4 mois à un an) et à la prison avec sursis. 157 autres prévenus demeuraient en détention préventive.

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