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Megaupload : "Nous ferons tout pour rouvrir le site"

Le site Megaupload (Capture d'écran)

La justice américaine a fermé le site de téléchargement et arrêté ses dirigeants, suscitant la stupéfaction de ses 150 employés.

 

Megaupload, l'un des plus gros sites de téléchargement qui attire chaque mois 100 millions d'internautes dont 15 millions de Français, a été fermé, jeudi 19 janvier, par la justice américaine pour piratage.

Outre le site-mère, une vingtaine de noms de domaine affiliés à Megaupload.com dont Megavideo, ont été fermés. Sept dirigeants du réseau ont été arrêtés et sont poursuivis pour la violation de lois anti-piratage, selon un communiqué du FBI.

De quoi susciter la stupéfaction chez Megaupload. "Je suis abasourdi ! Je ne sais pas du tout ce qu'il se passe...", confie Antoine Gasnier, community manager de Megaupload, au "Nouvel Observateur".

"Ici [dans les bureaux thaïlandais], c'est une surprise absolue", renchérit Emmanuel Gadaix, directeur technique de Megaupload, interrogé par "le Nouvel Observateur". "Cela fait des années que Megaupload tourne et nous travaillons avec des avocats. Rien ne s'était jamais passé... Ici, on ne s'attendait pas du tout à cela", ajoute-t-il. 

Sept dirigeants encourent jusqu'à 20 ans de prison

Le département de justice américain a indiqué que Kim Dotcom, fondateur (et PDG ?) de Megaupload (anciennement Kim Schmitz), a été arrêté en Nouvelle-Zélande, à la demande d'officiels américains. Ont également été arrêtés : Finn Batato, directeur marketing basé en Allemagne ; Julius Bencko, graphiste basé en Slovaquie ; Sven Echternach, directeur commercial basé en Allemagne ; Mathias Ortmann, co-fondateur basé en Allemagne et à Honk Kong ; Andrus Nomm, développeur et chef du développement technique basé en Estonie et en Turquie ; et Bram van der Kolk, superviseur du développement basé également en Nouvelle-Zélande. Des poursuites ont été lancées à leur encontre.

Elles sont "responsables d'un piratage considérable sur internet de nombreux types de contenus protégés par les droits d'auteur à travers Megaupload.com et d'autres sites", affirment les autorités américaines.

 

La justice a également saisi 50 millions de dollars d'avoirs. Ces dirigeants sont ainsi accusées d'avoir tiré de leurs forfaits quelque 175 millions de dollars de profit et entraîné "plus d'un demi-milliard de dollars de perte pour les ayant-droits", en offrant sur leur site des produits piratés, poursuivent les autorités américaines.

Megaupload Ltd, et une autre entreprise liée à l'affaire, Vestor Ltd, ont en outre été inculpées par une chambre d'accusation de Virginie (est) de violations de droits d'auteur mais aussi d'association de malfaiteurs en vue de commettre racket et blanchiment d'argent. Des infractions passibles de 20 ans de prison.

"Nous ferons tout pour rouvrir le site"

Le directeur technique de Megaupload, Emmanuel Gadaix, affirme que "la procédure et l'acte d'accusation contiennent de nombreuses inexactitudes".

"Nous ne sommes pas un site pirate", rétorque-t-il face aux accusations. "Nous avons l'habitude d'être critiqué sur le volet 'piratage', mais elles sont infondées. Nous sommes un site d'hébergement de contenus qui respecte les différentes lois. Lois qui nous imposent de ne pas inspecter les contenus que les utilisateurs postent sur Megaupload. De toute façon nous n'en avons pas la possibilité technique..."

Des arguments déjà avancés par Megaupload lors d'une récente interview au "Nouvel Observateur".

Emmanuel Gadaix continue : "Seuls quelques petits comptes d'utilisateurs profitent de notre infrastructure pour héberger des fichiers illégaux, mais ils ne représentent qu'une petite minorité. Aujourd'hui, que se passent-ils pour tous nos clients qui hébergent légalement et officiellement des documents sur notre plate-forme ?"

"Nous ferons tout pour rouvrir le site et pour que nos utilisateurs puissent récupérer leurs fichiers. C'est notre priorité !", conclut-il.

Anonymous contre-attaque

La fermeture de Megaupload a été suivie de représailles du collectif Anonymous qui a annoncé, sur Twitter, avoir mis hors service les sites du FBI, du ministère de la Justice américain, de la maison de disque Universal Music et de l'association professionnelle du disque RIAA.

Megaupload est un site particulier, non seulement en raison de sa taille gigantesque et de la richesse de ses contenus, mais aussi parce que de nombreuses célébrités, musiciens et producteurs, souvent victimes du piratage, le soutenaient. Avant que le site ferme, Kim Kardashian, Alicia Keys, Kanye West et beaucoup d'autres en avaient d'ailleurs fait l'éloge dans une publicité baptisée "MegaSong".

Swizz Beatz, un rappeur marié à Alicia Keys et l'un des dirigeant de la compagnie basée à Hong-Kong, avait même qualifiées d'"exagérations grotesques" les accusations de violations de copyright qui touchaient le site. Il avait, dans une déclaration, invité les autorités au dialogue, affirmant que le site de partage avait "plein d'idées".

Nicolas Sarkozy salue l'initiative

Le président français a de son côté abondé dans le sens de la démarche du FBI, estimant que "la mise à disposition illégale, par ce service, d'oeuvres protégées par le droit d'auteur, permettait à ses promoteurs de réaliser des profits criminels sous la forme de recettes publicitaires ou d'abonnements de ses usagers". 

Avant d'ajouter : "C'est le financement des industries culturelles dans leur ensemble qui est mis en cause par ce type d'opérateurs, [...] le moment est donc venu d'une collaboration judiciaire et policière active entre Etats pour porter un coup d'arrêt à leur développement".

Le chef de l'Etat occulte toutefois le fait qu'un site de téléchargement direct a explosé ses dernières années -jusqu'à attirer 15 millions d'internautes Français par mois- en réaction à la surveillance des téléchargements sur les réseaux peer-to-peer désormais surveillés par la loi anti-téléchargement illégal, Hadopi.

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy "invite les ministres concernés ainsi que la Hadopi [Haute autorité chargée de la lutte contre le téléchargement illégal, NDLR], qui vient d'engager une consultation à ce sujet, à étudier rapidement l'utilité de compléter notre législation par de nouvelles dispositions".

 

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