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Publié par bouba



Au premier jour de la visite d'Hillary Clinton à Moscou, Vladimir Poutine a jeté un joli pavé dans la mare. Au moment même où la secrétaire d'État américaine conversait avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, le premier ministre, en visite dans le sud du pays, annonçait que la première centrale nucléaire de l'Iran, construite par les Russes à Bouchehr dans le sud de la République islamique, commencerait à fonctionner dès cet été.


Alors que Washington tente de rallier les membres du Conseil de sécurité - et Moscou en premier lieu - à l'idée de sanctions supplémentaires contre Téhéran, la déclaration de Vladimir Poutine est facilement assimilable à un geste inamical. Elle illustre toutes les ambiguïtés russes à l'égard de l'Iran ainsi que la défiance qui continue à caractériser la relation russo-américaine. Tout en étant hostile à la poursuite du programme nucléaire du régime des mollahs, Moscou n'est pas prêt à renoncer à ses avantages commerciaux en Iran, face en particulier au grand concurrent chinois. Pékin, en effet, est hostile à des sanctions additionnelles contre Téhéran.


Le projet de la centrale de Bouchehr avait été entamé par l'allemand Siemens avant la révolution de 1979, puis interrompu peu après le déclenchement de la guerre Iran-Irak en 1980. La Russie l'a repris en 1994 et son achèvement était initialement prévu en 1999. Depuis, les atermoiements, du côté russe, n'ont pas cessé, Moscou annonçant l'interruption ou la reprise du chantier au gré d'une diplomatie ambiguë et fluctuante. La construction elle-même de la centrale est officiellement achevée depuis février et la Russie a déjà livré le combustible nucléaire nécessaire à son fonctionnement.





 

Une décision «prématurée»

 

L'annonce, par l'homme fort de la Russie, de la complétion dès cet été de ce projet controversé a été très mal perçue par Hillary Clinton. «Nous jugeons prématuré, pour l'instant, la poursuite de tout projet (nucléaire civil en Iran), car nous voulons envoyer un message sans équivoque aux Iraniens », a déclaré la secrétaire d'État américaine. Les Occidentaux craignent que le programme nucléaire ne dissimule un projet militaire. Mais, pour Moscou, les enjeux financiers sont trop importants. «Les Russes vont placer le curseur des sanctions assez bas. Ils ont surtout peur que celles-ci ne soient pas appliquées et que les Chinois en profitent pour vendre, dans leur dos, leur technologie à l'Iran », explique un diplomate européen.




Vendredi, en plus d'une rencontre prévue avec le président russe, Dmitri Medvedev, Hillary Clinton a ajouté in extremis à son agenda une rencontre avec Vladimir Poutine. Moscou et Washington s'efforcent par ailleurs d'élaborer un nouveau traité de désarmement nucléaire. Les négociations sont arrivées «au bout de la ligne droite», a déclaré jeudi Lavrov, tout en refusant de préciser la date et le lieu d'une prochaine signature officielle entre Medvedev et Obama.

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