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La Guinée nouvelle

Moussa Para Diallo, Président de la Confédération des Paysans de Guinée: "Les paysans risquent de descendre dans la rue si on ne s'occupe pas de leur sort"!

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Le Président de la Confédération Nationale des Organisations des Paysans de Guinée (CNOPG), Moussa Para Diallo et également membre du CNT est monté au créneau, ce samedi 7 Août au siège de sa structure, sise à Bonfi pour attirer l’attention des deux finalistes de la Présidentielle guinéenne, ainsi que les dirigeants actuels de la transition afin qu’ils s’intéressent aux maux dont souffrent les paysans guinéens, qui sont laissés pour compte mais qui représentent pourtant plus de 60 % de la population.

 

Moussa Para Diallo, qui était entouré de son cabinet restreint n’est pas allé par quatre chemins pour expliquer sans détour les multiples difficultés auxquelles les couches paysannes sont confrontées aujourd’hui. En grosso- modo, voilà ce qu’il a dit.

 

Dans un premier temps, l'orateur a soutenu mordicus que les paysans guinéens, dont il défend les intérêts sont aujourd'hui laissés pour compte, alors qu’ils sont s’organisent en unions, fédérations et groupements dans tout le pays. Dans un second temps, il a également signalé qu’entre 2006 et 2008, 34 micros projets, qui couvrent 32 préfectures sur les 33 que compte le pays, ont été financés par les partenaires de terrain, notamment l'UE (Union Européenne) et la Banque Mondiale, à hauteur de 11 306 390 000 FG. Ce financement se repartit de la manière suivante : 39 projets répertoriés en Basse Guinée pour un financement de près de 3 milliards de francs, contre 47 en Moyenne Guinée pour près de 4 milliards de francs, 31 projets en Haute Guinée pour un coût de 1,6 milliards et 37 projets en Guinée Forestière pour 2,6 milliards de francs.

 

Poursuivant son intervention, Moussa Para Diallo a donné un exemple troublant: "Quant tu entends ces milliards, tu dis que c'est excellent, alors qu'on a rien fait. Je prends juste la Basse Guinée, qui pourrait suffisamment nourrir toute la Guinée, mais il suffit simplement de les organiser. A Capachez, il y a 3 000 hectares à mettre en valeur, j'ai été voir les paysans de ces localités pour qu'ils nous disent leur problème. A notre tour, on s'est organisé pour subvenir à leurs besoins, en montant des projets : construction des magasins, achat des motoculteurs, des motos- pompes, vente et formations. Cela concerne le piment, la banane, le riz, la pomme de terre, l’igname, l’oignon, le café. Ces projets ont été montés par des unions et des fédérations. Les unions ont reçu 60 à 70 millions et les fédérations, elles, ont touché 600 à 700 fédérations chacune » a-t-il martelé.

 

« On entend à la radio que des milliards sont octroyés aux paysans, mais ce montant est trop insuffisant. Le Premier ministre a dit que dans sous peu, la Mauritanie va nous vendre du riz. Mais je dis que c’est une insulte à la République. Pourtant, il suffit d’appuyer les petits paysans. C’est bien beau que l’Union Européenne et la Banque Mondiale nous accompagnent, mais il faut que l’administration nous assiste. A titre d'exemple, on a mis des semences de riz pour Boffa (121,5 tonnes), Boké (51 T), Forécariah (50 T), Kankan (103,6 T), Gueckedou (20T), Lola (25 T)..... Quant aux engrais, nous avons donné 192 T pour la Basse Guyinée, 128 T pour la Haute Guinée et 80 T pour la Guinée Forestière, soit au total 400 Tonnes. Il suffit de s'organiser, d'accompagner les producteurs, mais de les aider financièrement et matériellement» a-t-il conclu son mot de bienvenue.

 

Dans le volet questions, un confrère demande : N’avez- vous pas le soutien du ministère de l’agriculture ? Le conférencier répond en de termes clairs : « Le ministère de l’agriculture fait quelque chose pour nous, mais il n’a pas grand- chose. C’est un département technique. C’est le ministère de l’économie qui devrait nous soutenir.

 

Les candidats à la Présidentielle guinéenne ne vous ont- ils pas rencontrés, en votre qualité de professionnels, en matière de politique agricole, questionna un autre confrère : "J'ai été approché par l'UFR, le FUDEC, le RPG et l'UFDG. Mais les deux derniers ont beaucoup poussé les contacts. Le leader du RPG m'a téléphoné et a envoyé une délégation pour me rencontrer. L'UFDG m'a rencontré à cinq reprises. Mais j'ai apprecié l'UFR, qui a promis à Pita de faire passer la production de pomme de terre de 20 mille tonnes à 300 milles, s'il était él à la Présidence. Il faut que nos politiques rencontrent les professionnels, sans s'enfermer" a-t-il rajouté.

 

Si on vous demandait les cinq priorités pour aider les paysans, en tant que professionnels, que répondiez- vous : "Je demande d'organiser les produceturs en union, en groupements et en fédérations. Ensuite, trouver les financements pour les accompagner techniquement, financièrement et matériellement). Puis, désenclaver les pistes rurales de production, trouver les semences et pratiquer la bonne vente" a-t-il soutenu.

 

Pour terminer, Mr Diallo a demandé aux dirigeants du pays de s'occuper des paysans, qui représentent plus de 60 % de la population. A défaut, ceux- ci risquent de manifester dans les rues pacifiquement, a-t-il prévenu.

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