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Publié par bouba

 

A la mi-juillet, un fait divers a mis le feu aux poudres entre les communautés Konianké - musulmane - et Guerzé - chrétienne - au sud-est de la Guinée. Bilan des autorités au 24 juillet 2013 : 95 morts et des centaines de blessés.

 

Le 15 juillet, deux jeunes Koniankés soupçonnés de vol ont été battus et torturés par un gardien Guerzé d'une station-service  de Koulé, une petite commune au sud-est de la Guinée. Les deux jeunes sont décédés des suites de leurs blessures. La nouvelle s'est vite répandue dans la région attisant, de nouveau, un ancien conflit entre les communautés. Des affrontements ethnico-religieux entre ces deux communautés avaient déjà eu lieu en 2010 et en 2012.

Les clivages politiques et ethniques se confondent

L'opposition entre les Guerzés, la plupart sont chrétiens, mais certains sont animistes et les Koniankés musulmans remonte à la colonisation française selon RFI.  Les colons ont amené des administrateurs et commerçants venus des régions du nord au sud du pays. Jusque là, les communautés avaient vécu en bonne harmonie, mais les premières tensions ont vu le jour après la mort du président Ahmed Sekou Touré en 1984. Ce dernier avait dirigé le pays d'une main de fer entre 1958 (indépendance) et 1984, s'appuyant sur l'aide de l'Union soviétique. Le colonel Lansana Conté, qui participe au coup d'Etat une semaine après la mort d'Ahmed Sekou Touré, devient président après les élections de 1993. Il introduit le multipartisme, mais celui-ci se construit sur une base communautaire. 

A partir de là, clivages politiques et ethniques se confondent : « Le repli identitaire s'aggrave. On a créé des associations de ressortissants de tel village, de telle région... Les partis politiques ont été créés sous des formes identitaires », a expliqué l'ancien maire de Nzérékoré, Cessé Loua à RFI.

Phénomène aggravant, la Guinée du sud-est, dite Guinée forestière, est proche de trois zones d'instabilité : la Sierra Leone, le Libéria et la Côte d'Ivoire. Des miliciens guinéens ont recyclés des armes qui circulaient dans la région. On  a ainsi pu voir des civils utiliser des fusils mitrailleurs à Nzérékoré  (deuxième ville du pays et première de la Guinée forestière) lors des affrontements de la mi-juillet. 

Le patriarche a appelé au calme

Le « patriarche » des chrétiens Guerzés, Azaly Zogbélémou, a été blessé au cours des violences et a été hospitalisé lundi 15 juillet. Le préfet de la région a rapporté que des manifestants Koniankés avaient incendié sa voiture et sa maison. Dés le mardi 16 juillet, le prélat a appelé au calme : « Je vous invite au calme et à la retenue. J'ai compris que vous m'aimez et que vous me portez dans vos cœurs », a-t-il déclaré sur une chaîne télévisée nationale. Mais certains fidèles ne l'entendent pas de cette oreille, ainsi que le rapporte l'AFP : « Nous allons en finir cette fois avec les Konianké qui nous ont envahis et qui ont battu et incendié le domicile du patriarche de la ville et guide spirituel des Guerzé », a affirmé un habitant de Nzérékoré interrogé par l'agence. 

Le porte-parole du gouvernement dirigé par le président Alpha Condé, Damatang Albert Camara, a déclaré à France 24 que des renforts avaient été envoyés dés le lundi 15 en fin d'après-midi, et qu'ils étaient dirigés par deux colonels, l'un Guerzé et l'autre Konianké, originaires de la région. Mille membres des forces de l'ordre seraient présents dans la zone. 

Le ministère de la justice a ouvert une enquête afin de « faire toute la lumière afin de poursuivre les auteurs des crimes, et les juger » selon un porte-parole du ministère. Le président Alpha Condé a déclaré une journée de deuil national lundi 29 juillet en mémoire des victimes.

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