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Publié par Jean-Marie Guénois



Pour la première fois, un cardinal -l'archevêque de Vienne, Christoph Schönborn- s'interroge publiquement sur les causes des scandales.

Alors que la vague de scandales pédophiles, après l'Allemagne, touche maintenant les Pays-Bas et l'Autriche, l'archevêque de Vienne, le cardinal Christoph Schönborn, a reconnu, ce mercredi, que «le célibat» des prêtres était l'une des causes de ce phénomène.



Si le théologien contestataire suisse Hans Küng dénonce, lui, depuis le début de cette crise le célibat sacerdotal, qu'il importe à ses yeux d'abolir, c'est la première fois qu'un cardinal de ce niveau - son nom est cité dans la liste des papabili, ces cardinaux pouvant être un jour élus pape - ose ainsi poser publiquement cette question fort débattue.



L'archevêque de Vienne conclut sa lettre consacrée à la crise pédophile (une newsletter, Themakirche, accessible sur Internet et destinée aux collaborateurs de son diocèse), par un appel aux catholiques, clergé et fidèles, à la «conversion» (Umkehr), qui correspond à une volonté personnelle de se rapprocher de Dieu.



Plus fondamentalement, ce cardinal isole quatre causes pouvant expliquer ce genre de comportement : «Aussi bien la question de la formation des prêtres que les suites de la révolution sexuelle de la génération 1968. Aussi bien le thème du célibat que le thème du développement personnel.» Le cardinal Schönborn a convoqué ce mercredi une réunion extraordinaire de l'Église sur cette question. Deux cas retentissants ont en effet défrayé la chronique cette semaine en Autriche.




L'actuel supérieur de la prestigieuse abbaye Saint-Pierre de Salzbourg a reconnu avoir abusé «une fois» d'un jeune Autrichien, âgé aujourd'hui de 53 ans. Lequel affirme avoir été maltraité sexuellement pendant six ans par deux autres religieux de cette abbaye bénédictine. Ces deux religieux, dont l'un est aujourd'hui décédé, avaient été arrêtés et condamnés en 2005 pour abus sexuels sur mineur au Maroc.




Une autre affaire, également révélée mardi, concerne un cas d'abus sexuel sur mineur dans les années 1980 par un religieux dans un internat catholique à Bregenz, dans le Vorarlberg, à l'ouest de l'Autriche.




Mercredi, à Rome, le porte-parole du Pape, le jésuite Federico Lombardi, avait noté que «dix-sept cas» avérés dont deux récents étaient actuellement traités par les instances ecclésiales autrichiennes mais que ce pays faisait face dans le même temps à «510 autres cas» similaires et sur la même période mais dans «d'autres milieux (hors du clergé)».




Vendredi dernier, en annonçant une réglementation nationale spécifique dans l'Église autrichienne pour prévenir ce genre d'abus et prévoir des «conséquences appropriées envers leurs auteurs», le cardinal Schönborn avait déploré que «malheureusement dans l'Église, par le passé, les auteurs des faits (aient) été à tort souvent plus protégés que les victimes».




De fait, dans la lettre adressée hier à ses collaborateurs, le prélat estime qu'«il est nécessaire de mettre ici les victimes avant les coupables, et de nommer la faute par son nom !».



Il ne voit pas d'autre voie qu'une «totale franchise, le souci des victimes, les excuses et la prévention» pour sortir de ces problèmes dont il regrette amèrement les conséquences qui affectent tout le clergé et portent atteinte à l'image de l'Église : «Comment faisons-nous pour être considérés suspects d'infractions que nous n'avons pas commises ?»



Il s'était déjà fait remarquer, en 1995 quand Jean-Paul II l'avait nommé en urgence à l'archevêché à Vienne. Il avait reconnu publiquement - contre l'avis de beaucoup dans l'Église - que le scandale de la démission de son prédécesseur, le cardinal Groër, pour une affaire de pédophilie, n'était pas sans fondement.

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