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Publié par AFP

WASHINGTON - Les Etats-Unis souhaitent que le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise guinéenne, "persuade" le chef de la junte Dadis Camara de ne pas retourner en Guinée, a confié jeudi un haut responsable du département d'Etat dans un entretien à l'AFP.

"Nous voudrions que Blaise Compaoré garde Dadis, qu'il lui permette de poursuivre sa convalescence, parce que je pense qu'il n'est pas pleinement rétabli, et que (le dirigeant intérimaire) Sékouba Konaté ait la possibilité de rentrer en Guinée, et de poursuivre la transition avec les civils", a exposé William Fitzgerald, responsable-adjoint des affaires africaines au sein de la diplomatie américaine.

Des discussions se tenaient jeudi à Ouagadougou pour décider du maintien en exil ou du retour en Guinée de Moussa Dadis Camara, blessé par balle à la tête lors d'une tentative d'assassinat le 3 décembre.

Ce pays instable d'Afrique de l'Ouest est plongé dans une grave crise depuis le coup d'Etat militaire du 23 décembre 2008 et le massacre de plus de 150 opposants, selon l'ONU, le 28 septembre à Conakry.

"Il est très important pour les Etats-Unis" que le chef blessé de la junte "reste en-dehors de la Guinée pendant que cette très fragile transition aura lieu", a-t-il insisté.

Les Etats-Unis affirment que le chef de la junte "dispose dans les faits d'une armée privée". Washington craint la contagion au Sierra Leone, au Liberia "et même à la Côte d'Ivoire".

"Nous avons vu des actes barbares, d'effroyables effusions de sang pendant dix ou quinze ans", a souligné M. Fitzgerald: "Nous ne voulons pas retourner à cela".

"Si quelqu'un comme Dadis gouverne un Etat comme la Guinée, un Etat-voyou, la contagion violente de la région ne sera qu'une question de temps", a insisté le diplomate.

D'après M. Fitzgerald, le président Compaoré "est très conscient qu'un retour de Dadis en Guinée serait très dangereux". Mais "il redoute aussi l'idée que Dadis ne rentre pas, et la réaction qu'aurait à cela le groupe ethnique des Forestiers".

Dans l'ensemble, a évalué le diplomate, le chef d'Etat burkinabè "a plus intérêt à maintenir la stabilité de la région" que le gouvernement du Maroc, où a été précédemment soigné le capitaine Camara.

M. Fitzgerald a encore estimé que le communiqué de la junte "exigeant" jeudi le retour de son chef ne constituait "rien de nouveau".

Cette tentative témoigne, selon lui, de ce que "de nombreux membres de la junte craignent que si Dadis ne rentre pas, ils pourraient avoir à répondre des crimes commis le 28 septembre".

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