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Publié par l'observateur paalga

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Platon (387 avant J.C.) avait fait inscrire sur le fronton de l’Académie qu’il avait fondée cet écriteau : “Que nul n’entre ici s’il n’est géomètre”. Pour signifier que l’Académie accueille ceux qui ont la tête bien faite, c’est-à-dire les manieurs d’arithmétique et de géométrie, mais aussi des médecins, des artistes, des philologues... bref des philosophes, étant donné que le philosophe était “celui qui possédait la totalité du savoir dans la mesure du possible”.

“Quel nul n’entre à la présidence guinéenne s’il n’est riche” pourrait également s’appliquer au prochain scrutin dans ce pays, prévu pour le 27 juin 2010. En effet, tout est mis en œuvre pour respecter cette date, et cela explique la probabilité de la promulgation par décret du projet de loi constitutionnelle qui sera faite par le chef de l’Etat intérimaire, Sékouba Konaté.

La campagne électorale débute d’ailleurs ce 17 mai 2010, même si l’officieuse a déjà commencé et les Guinéens semblent pressés de passer ce test historique qu’est ce vote, le premier plus qu’ouvert, qui va permettre de renouveler la classe politique au sommet ; un passage de témoin qui n’en est pas un, du moment que la plupart des présidentiables sont des ex-Premiers ministres ou des caciques du régime Conté qui, certes, pèsent politiquement pour certains, mais sont perçus par leurs adversaires, au mieux comme des has been, au pire tels des ethnicistes incompétents.

A ces bisbilles politiciennes s’ajoutent d’autres inquiétudes tels le délai démentiel, l’organisation pratique du scrutin, les écueils qui émaillent ce genre de scrutin... mais surtout, la caution présidentielle. Tout candidat à la course du 27 juin doit verser au Trésor public guinéen la somme de 500 millions de F guinéens, soit à peu près 50 millions de FCFA.

L’argument officiel brandi par la CENI pour prendre cette décision est d’écarter les plaisantins politiques, c’est-à-dire tous ces saltimbanques qui pullulent dans le paysage politique, tout juste pour amuser la galerie. L’objectif est noble, car il faut recaler les traîne-savates et mettre sur la ligne de départ des candidats sérieux. Mais la barre n’a-t-elle pas été hissée trop haut ?

Dans une Guinée délabrée, bien qu’étant un scandale géologique, on se demande où trouver ces Crésus politiques pour honorer une telle caution. Même en Côte d’Ivoire, autre pays béni des dieux où il y avait l’abondance, la caution présidentielle est de 20 briques ! Bien sûr, cette somme ne représente pas grand-chose pour certains potentiels candidats guinéens qui ont occupé de hautes fonctions ou qui ont des carnets d’adresses bien étoffés, ou encore qui arpentent régulièrement les palais présidentiels.

Mais entre la décision rationnelle et celle raisonnable, la seconde doit ici prévaloir. On éviterait ainsi d’opérer un tamis inique, qui mettrait sur la touche des candidats impécunieux, mais qui ont pourtant des projets de société pertinents. Dans les vieilles démocraties, il y a eu les votes censitaire, capacitaire et universel. Comment faut-il qualifier cette présidentielle guinéenne, si la caution devait rester en l’état ?

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